L'Âme du poète

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  
Lundi 26 novembre 2007 1 26 /11 /Nov /2007 22:38
    Voici un poème que j'ai écrit en écoutant une oeuvre pour violon et orchestre d'Ernest Chausson, intitulée précisément "Poème". Dans cette magnifique page, le violon semble s'avancer devant l'orchestre qui lui fait écho, et se lance dans une longue déclamation, d'abord paisible, puis véhémente, déchirante, avant de retomber dans le calme de l'acceptation.
    Chausson, comme ses contemporains Vincent d'Indy ou Guy Ropartz, voulait adapter le style wagnérien à la tradition française, et a souvent puisé l'inspiration dans la légende arthurienne - notamment avec son drame lyrique "le Roi Arthus" et son poème symphonique "Viviane". C'est ce qui motive mon allusion à Merlin l'enchanteur.

violon


Il est seul
Ses ailes pliées contre son cœur
Il est seul et s’agenouille
Comme l’ange devant Marie

Il est triste
Et plus il est triste et plus il est vibrant
Plus se fait pénétrante la musique de son âme
La musique du désert

Sa nuque est si fragile
Qu’il n’y passe que ses cordes vocales
Sa poitrine si émouvante
Qu’il s’y ouvre deux larges blessures

Mais il est si sensible
Si doux comme une jeune fille
Que dès qu’on l’a touché
Il s’embrase d’amour

Il éveille le désir
Et le désarme aussitôt
Le métamorphosant
En détresse adorante

O violon inviolé
Prisonnier de l’archer qui t’effleure
Mais ne te blesse point
Tu es Merlin en son rempart

Aime et pleure d’aimer
La forêt t’accompagne
Et l’immense tristesse des arbres
Jusqu’en l’éternité


  Voici en illustration musicale
le début du "Poème" de Chausson,

interprété par Augustin Dumay et
l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
sous la direction de Manuel Rosenthal

 

Par Martine Maillard - Publié dans : Labyrinthes et flammes
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Commentaires

Tous les arts, quel regal ! Merci
Commentaire n°1 posté par marlene le 27/11/2007 à 04h55
oui merci merci pour ce régal
Commentaire n°2 posté par mireille le 27/11/2007 à 15h25
aime et pleure d'aimer
tout est dit
quel sentiment de solitude profonde se dégage de ce solo
j'adore Chausson trop peu joué trop peu connu là encore
nous ignorons nos compositeurs et c'est bien dommage!
Commentaire n°3 posté par Viviane le 27/11/2007 à 16h59
J'ai entendu la musique dans le salon. C'était ton violon. 
clémentine
Commentaire n°4 posté par clementine le 27/11/2007 à 20h00
Un trés bel hommage à cet instrument qui pleure sa musique.
Commentaire n°5 posté par lutin le 02/12/2007 à 23h30

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Renaitre       Renaître, publié au printemps 2011 aux éditions Stellamaris (voir ici).

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