Lundi 2 janvier 2006
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12:00
26 décembre 1984 : nous
sommes à Timimoun, en Algérie (voir carte ici).
Fraîcheur du matin.
Bleu du ciel sur la rougeur de l’aube, dans le quartier un peu désolé de Farid : tout est en construction ; les demeures ne sont que rez-de-chaussée, murs de parpaings gris, et les rues sont des
couloirs sableux où s’entassent des matériaux.
Débarbouillage rapide, départ vers la ville pour le petit déjeuner dans une gargote déjà connue. Daniel annonce :
- Pour ceux qui le désirent, nous partons à pied dans le désert jusqu’au village de Tala, situé dans les dunes, et où l’on peut trouver des pointes de flèches de l’époque préhistorique
!
C’est l’enthousiasme : après tant d’émotions en voiture, tout le monde est disposé pour une marche dans le désert !
Sortie de Timimoun : clique sur la photo pour
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Dès dix heures du matin, nous sommes en route… Nous repassons par la palmeraie, devant notre campement du premier jour. Un jeune arabe a été
embauché pour nous guider : en effet, le sable bientôt brouillera toutes les pistes, et seuls ceux qui savent parfaitement se repérer au soleil sont sûrs de retrouver leur chemin. Il passe
devant, avec Daniel.
Les gens du cru font généralement le voyage à dos de mulet : nous en croiserons quelques-uns, parfois.
Nous traversons d’abord une zone de désert un peu désolé, qui fait songer à quelque fond de carrière. Là s’étalent d’immenses dépôts d’ordures déjà brûlées d’où s’échappe une vague fumée. Plus
loin serpente un égout auprès duquel pousse une végétation rare. Le chemin est un peu terreux au voisinage des croûtes de sel. Mais cette marche facile sur terrain plat ne durera pas longtemps :
bientôt nous entrons dans les dunes et la progression « dérapante » devient extrêmement fatigante. Mes baskets peu montantes et aérées de petits trous se remplissent d’une abondance de sable, que
je dois vider régulièrement. Si le paysage nous plaît beaucoup, l’avancée nous laisse fort essoufflés.

Avec la montée du soleil, la chaleur
s’élève peu à peu : partis de Timimoun où la fraîcheur était encore vive, nous ôtons peu à peu vestes et lainages, pris par l’intensité des rayons que réverbère le sable. Les chapeaux coiffent
nos têtes et les lunettes noires apparaissent sur nos yeux.
Le paysage du "Petit Prince" : clique sur l'image pour
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Pour la première fois – et ce sera la seule – nous avons subitement l’impression d’être revenus en été, au bord de la mer ! Mais où donc
serait-elle, dans cette immense étendue de sableuse… ? L’oasis est bien loin, car nous marcherons deux heures, les uns dans les pas des autres, puisant avec bonheur dans nos gourdes d’eau
fraîche.

Photographier aussi nous paraît délicat,
car le sable fin qui se diffuse partout menace d'endommager nos appareils. Cependant tout à coup, quelques palmiers noyés par on ne sait quel miracle dans les sables apparaissent. Lorsque nous
les croisons, peu à peu le sol s’aplanit vers un village juché sur les hauteurs d’une dune, comme une sorte d’îlot. On croirait toucher un port après des heures de navigation sur les houles, et
goûter à son approche l’accalmie des flots.
Mais puisque Tala est situé en hauteur, pour y pénétrer il nous faut encore escalader la dune qui le délimite. En haut, nous retrouvons ces haies de palmes destinées à protéger les jardins et à
garantir la bonne tenue du sable.

… Et nous revoici le point de mire des habitants jeunes et vieux, entortillés dans leurs tissus de toile claire. Passés les jardinets nous atteignons les remparts d’argile d’un village rouge à
l’ancienne. L’ombre des ruelles étroites nous saisit, avec ses contrastes de lumière et ses tunnels presque noirs. Nous admirons les fines fentes par lesquelles on devine une habitation encaissée
dans les profondeurs.
Clique sur l'image pour l'agrandir
!
Puis nous débouchons sur une place où se dresse, éclatant de blancheur, un tombeau de marabout entouré de vieilles outres en peaux poilues. Notre
curiosité est ravie, mais malgré nos efforts, nos appareils photographiques ne prendront jamais que les décors, les personnages présents (surtout des enfants) se dispersant obstinément à chaque
tentative d’approche.
Des petits canaux circulent à travers la ville, véhiculant leur ruisselet réconfortant ; et bientôt, nous élevant vers l’autre versant du village où se trouvent les palmiers et les jardins, nous
atteignons leur source : une claire et abondante fontaine qui coule à profusion, tombée généreusement d’une ouverture moussue. Quelle surprise et quelle beauté
!
Nous nous apprêtons à faire halte auprès d’elle, fourbus ; mais notre guide nous conseille de nous en écarter quelque peu, le passage étant étroit à cet endroit, et les gens nombreux à venir y
puiser pour les besoins ménagers.
(Clique sur l'image !)
Nous entrons sous l’ombrage de la fraîche palmeraie et nous y asseyons pour partager avec appétit les provisions achetées avant le départ : du
chocolat, du pain, des portions de crème de gruyère, des figues et des dattes. Frugal repas agrémenté d’eau de source, mais très apprécié dans un tel décor...
Par Martine Maillard
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Publié dans : Voyages et promenades
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