Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
« Il faut cultiver notre jardin », disait Candide à la fin du conte de Voltaire.
Lorsque j'étais élève de lycée, c'est une des citations que notre enseignante nous avait fait noter en priorité sur notre agenda personnel, en guise de viatique. Elle ironisait un peu en nous la dictant, mais aujourd'hui je pense que c'est peut-être la chose la plus importante que j'aie noté dans ma vie.
A l'heure actuelle, avec cette accélération exponentielle de la société de consommation, je dois dire qu’elle m’apparaît comme une des leçons les plus utiles que j’aie reçues.
Car le pauvre Candide souffre tant, endure tant d’épreuves, que rien ne peut nous arriver de pire qu’à lui, même si la société d’aujourd’hui a changé ; or la solution qu’il adopte à la fin est toujours valable aujourd’hui... à condition bien sûr d’avoir un petit jardin, ce dont je remercie le ciel, puisque je l’ai enfin depuis cette année !
(Gravure accompagnant l'une des premières éditions de Candide)Lorsque tout va mal, que je me suis battue avec la voiture, l’ordinateur, le téléphone portable, la circulation, le compte en banque, le boulot ingérable, les appareils qui ne fonctionnent plus… à en perdre le sommeil, une seule chose peut me remettre sur les rails : m’occuper un peu de mes arbres, de mes fleurs. Cela dit, si je n’en avais pas, cela pourrait être remplacé par une marche dans la nature ! Mais c’est un peu plus difficile : il faut en avoir le temps, en trouver l’endroit.
« Cultiver notre jardin », cela peut se comprendre de multiples manières, et c’est là le génie du philosophe.
Tout d’abord on pourrait comprendre : « s’occuper de ses oignons » ; car à vouloir se heurter à la société on est parfois si échaudé que l’on se dit (en d’autres termes) : « Vivons heureux, vivons caché ». C’est une première interprétation.
Ensuite, cela pourrait vouloir dire : « Il faut cultiver ses propres potentialités », au sens de son jardin intérieur ; et là, au fond, c’est la solution offerte à ceux qui vivent en ville, dans des appartements : pour se ressourcer, ils vont s’asseoir à une table à la lueur d’une lampe, et ils vont écrire… de la poésie, du roman, des pensées, qu’importe ! Ou bien, ils vont jouer d'un instrument de musique, ou encore ils vont danser, faire de la poterie, peindre ou dessiner au fusain… Ils cultiveront ce qu’ils ont en eux, leur jardin secret. C’est une seconde interprétation.
Mais enfin, il y a l’interprétation au sens littéral, de s’occuper de la Terre. Aujourd’hui, pourquoi sommes-nous si mal ? Parce que la planète va mal !
Je lui rends aujourd’hui hommage.
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

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