L'Âme du poète

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  
Lundi 4 février 2008 1 04 /02 /Fév /2008 21:08
    Et si  mourir, c'était simplement quitter son corps et le déposer comme un vêtement lorsqu'on est fatigué ? Et  si en se balançant, le vertige aidant, on pouvait soudain se retrouver... au-dessus de son corps ?

    C'est une question que je me suis posée il y a quelque temps et qui a motivé ce poème, que j'avais publié au début de ce blog mais qui n'avait pas été lu.

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Au jeu des balançoires
Il a perdu son âme…

Ou n’est-ce pas auparavant,
Tandis qu’enfouie au fond de lui
Il la tenait captive,
Muette et oubliée,
Qu’il en était privé ?

Et voici qu’à force de rire

A gorge déployée
Sur un morceau de bois agité dans les airs,
Atterrissant et décollant sans cesse
En un piqué-levé,
En une chute-élévation,
Allant, venant,
Poussé, chassé,
Il ne fut plus qu’un ample mouvement,
Que vitesse envolée,
Que va-et-vient charmé,
Qu’emportement ravi…
               
Et soudain,
Son âme s’échappa comme l’eau s’évapore
Et s’immobilisa à le regarder vivre,
Ailes déployées,
Superbe comme un lys
Dressé dans le soleil couchant…

Défaillant, à sa corde agrippé,

Il vit le soir doré
Superbement s’épandre,
Et il sentit les arbres exhaler leur odeur,
Tandis que peu à peu
Leurs effluves le pénétraient…

Et le rayonnement secret du soir,

Comme une nourriture exquise
Entra dans sa respiration,
Y demeura comme en suspens,
S’y déploya…


En un instant,

Il se sentit égal au paysage,
Rire égrené sur fraîcheur répandue,
Et chute suspendue ;
Alors son corps fut si sensible
Qu’il le posa sur le gazon.

     J'avais écrit ce poème pour la mort de mon grand-père.  Aujourd'hui juste après l'avoir publié, j'apprends que mon amie Martine vient de perdre son père. Etonnante coïncidence ! Je le lui offre donc.
Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes mystiques - Communauté : Pensées d'ailleurs
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Commentaires

l'amour ne meurt jamais s'il reste dans nos coeurs
big bisous
Commentaire n°1 posté par fab le 05/02/2008 à 09h50
C'est vrai que la disparition d'un être cher, nous amènes à bien des interrogations... et si... et si...je me suis souvent interrogée sur le devenir de nos chers disparus ! je souhaite qu'ils reposent enfin en paix à tout jamais et que ce "passage" puisse être la porte ouverte au bonheur... Bonne journée. Amicalement
Commentaire n°2 posté par Harmonia le 05/02/2008 à 09h55
Très poétique comme image...
@bientôt!
Commentaire n°3 posté par Mélisande le 06/02/2008 à 18h13
c'est un superbe poème, tout de délicatesse
qui ne peut qu'enchanter celle qui croit en la survie de la conscience ( ou l'âme) humaine.

j'ai vécu une expérience telle, en relaxation profonde et mon amri a dû me ranimer, j'avais baissé mon rythme cardiauqe habituellement très rapide ( 120) à 40 et refroidi mes pieds, par la volonté.
oui, je crois qu'on se dépouille...
Commentaire n°4 posté par Viviane le 07/02/2008 à 17h23
Oui, on peut "partir" et je connais quelqu'un qui affirme faire des "voyages astraux", comme Daniel Meurois - ce qui n'est pas donné à tout le monde, car il faut être solide sur ses baskets, mine de rien, pour pouvoir se lancer là-dedans sans risque de "perdre les pédales" (ou "la boule") ...
Réponse de Valentine le 07/02/2008 à 19h57
Coucou Une petite surprise t’attends chez moi, Passe un trés bon samedi Bisous .......Rose
Commentaire n°5 posté par ROSE le 09/02/2008 à 12h28
Cette délicate attention me touche beaucoup Martine... Merci pour ce poème ...
Bises affectueuses,
Commentaire n°6 posté par Martine, la Pelerine le 10/02/2008 à 01h42
C'est un très beau poème que voici... Je profite d'une pause avant de démarrer ma journée pour venir te lire.
Commentaire n°7 posté par Lyriann le 20/03/2008 à 08h57

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