L'Âme du poète

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  
Mardi 24 janvier 2006 2 24 /01 /Jan /2006 22:50
    L'hiver m'épuise, je bâille de plus en plus... Je pense avoir des affinités avec les marmottes, qui hibernent ! Et cela me rappelle le dernier de ces "vilains" sonnets que j'ai écrits lors de mes pénibles études parisiennes, au sujet de ce cours de philosophie abhorré. L'amie Hélène qui y est citée n'a rien à voir avec Hélène Grimaud - dont j'aimerais vous reparler prochainement ! -, et elle s'acquittait stoïquement d'un exposé sur Platon bien étrange : n'avait-elle pas dessiné au tableau un chien en train d'aboyer, nous affirmant que ce n'était qu'une "idée de chien" ??


Un chien aboie au tableau noir ;
Hélène parle des Essences ;
Mais si nous avons l'existence,
Comment pouvons-nous le savoir ?

C'est dans un sombre désespoir
Que le cours de philo nous lance,
Car ce que le grand Platon pense,
Nous ne pouvons le recevoir.

Nous dissertons ontologie
Mais notre esprit, pauvre bougie,
Vacille, fumeux et mourant...

Adieu, Vérité éternelle :
Que l'Intelligence étincelle
Bien loin de nos corps transparents !
Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes-délires
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Commentaires

même sans parler de philosophie, il y a beaucoup de choses qui en ce moment hélas "glissent sur nos corps transparents"!!...
Bravo encore et toujours pour votre blog dont j'apprécie la diversité et l'esthétique des pages ! marie j
Commentaire n°1 posté par Marie-J le 24/01/2006 à 23h39
La problématique sartrienne, à présent que je suis devenu grand, se résume à peu de choses : l'existentialisme n'est qu'une pirouette de l'esprit pour dire une fois de plus que nous ne savons pas d'où nous venons, ce que nous faisons ici-bas et encore moins sans doute où nous allons.
La seule note positive que j'accorde à Sartre, c'est de s'être opposé à Spinoza (dont les idées de déterminisme absolu reviennent pourtant en force aujourd'hui) en mettant en avant la marge si importante de liberté que nous avons nous les humains par rapport au monde animal. Et moi, je défends aussi notre libre arbitre bec & ongles, même si cette faculté ne constitue que 1 %  de nos possibilités d'agir en toute conscience, c'est un espace de liberté inouï !
Platon, c'est autre chose, il avait déjà pressenti la caverne des médias et nous avait bien avertis que, si l'on n'y prenait pas garde, nos perceptions n'étaient qu'illusion : on est en plein dedans aujourd'hui !
Question :    Crois-tu Martine que l'âge de la philosophie c'est 17 ans ? Car 80 % d'une tranche d'âge va jusqu'au niveau du bac et 90 % ne font plus jamais de philo après la terminale. Est-ce une utilisation/formation judicieuse pour cette discipline somme toute très importante, même pour des gens comme moi qui sommes peut-être plus scientifiques par formation ou par goût ??? That is the question !
Commentaire n°2 posté par Jean-Pierre le 25/01/2006 à 11h40
    Oui,  mais dans mon cas, c'est encore bien pire Jean-Pierre, je vais t'expliquer la situation. Elève très studieuse, pleine d'avenir à l'époque, je suis arrivée en philo à Fontainebleau avec un an d'avance (donc 16 ans) à la rentrée 1967. Je me suis alors trouvée face à deux  problèmes : le premier, que j'étais dans un lycée "de filles" à l'époque, où on ne poussait pas trop les gens (surtout en littéraire, dont j'étais); et il s'est trouvé que ma prof de philo était une grosse martiniquaise très "cool" qui décida de nous faire de la philo à la Socrate ou à la Alain, sous forme de causeries (ce que j'ai bien apprécié) ; puis nous a fait étudier Bergson, Bachelard (tous bien sympa), approchant Descartes au second trimestre, et réservant Kant pour le troisième... Hélas, alors éclata le second problème : mai 68 !! Lycée occupé, grève générale,  plus de cours, philo arrêtée en plein Descartes (c'est déjà ça !) et puis plus rien.
    Là-dessus, le bac. Très sérieuse, j'avais travaillé d'arrache-pied, toute seule, les textes au programme. Nous n'eûmes à passer qu'un oral, et bien sûr j'ai été interrogée sur Kant. Mais comme j'avais potassé le texte à fond et que j'avais d'excellentes notes sur le bulletin, on m'accorda un 15/20. Je me suis donc retrouvée, vu mes beaux résultats et la peur de la fac, dans un grand lycée parisien en classe préparatoire à Normale Supérieure.
    Drame de ma vie ; toutes mes études ont été brisées par mai 68, je dois le dire... En effet vu l'effet général les classes prépa étaient passées cette année-là à 45 élèves par classe au lieu de 25 et les profs grinçaient des dents. Ils ont tout fait pour nous décourager et  faire de l'écrémage. De "plus brillante élève du lycée" je suis dégringolée à l'état de cancre et n'ai plus rien suivi. L'enseignante en philo partait de deux postulats effarants : le premier postulat était qu'on ne pouvait pas faire de philo quand on était littéraire... il fallait impérativement être matheux ; donc nous étions perdues d'avance (nous n'étions encore que des filles !) ; et le second était que nous savions déjà tout (?) de la philo donc qu'il fallait étudier des choses "nouvelles", style "le structuralisme en linguistique" ou autres balivernes...  Entre elle et la féroce enseignante d'histoire qui me prit pour cible dès le premier jour parce que je m'étais trompée de sens dans le métro et suis arrivée en retard, je me suis totalement effondrée. L'année suivante dans un autre lycée ce fut encore pire : moi qui surnageais encore à peu près en lettres, ces dames ont pensé que comme je ne suivais pas dans le précédent lycée je ne devais pas suivre non plus chez elles, et je me suis trouvée face à des harpies qui m'ont détestée au point de me metttre des zéros chaque fois que je réussissais un devoir sous prétexte qu'il n'était pas possible qu'il soit de moi !!! (On se croirait dans Matilda...) Si bien qu'elles se sont étranglées de rage lorsqu'elles ont appris qu'en "colle" (ces interros orales réalisées par des profs extérieurs pour nous préparer à l'entrée à Normale) j'avais obtenu de bonnes notes. Je ne suis pas entrée à Normale, à cause de l'histoire et de la philo, mais j'ai obtenu l'équivalence des années de fac grâce à mes notes d'interrogation et à la gentillesse de l'administration qui a bien voulu me faire un dossier avec elles ; en effet les profs s'étaient arrangées pour me refuser le DUEL.     Atroces années de ma vie. A la suite de cela j'ai fait un rejet total des études et n'ai plus voulu m'occuper que d'amour et de musique...
Réponse de Martine Maillard le 25/01/2006 à 15h31
je lisais ton trajet en philosophie, et je me dis que parfois il suffit de ces grains de sable accumulés pour déstabiliser un être et le faucher dans ses désirs...
Je trouve idiot de n'enseigner la philo qu'une seule année... surotut quand on sait que c'est une pratique...
Commentaire n°3 posté par Viviane le 25/01/2006 à 18h22
Je reviendrai sur ton cursus année du bac (donc de la philo... en principe) puis les 2 années de prépa qui ont suivi. Je trouve cela très symptomatique de mai 68 et de ses ratages phénoménaux pour beaucoup d'élèves et d'enseignants mais surtout pour l'efficacité de l'enseignement (en général) qui a suivi dans les quinze années (au moins) qui ont succédé à cette erreur d'adressage monumentale.

Bref, je te dirai cela en privé (si tu le veux bien) dans un long message car j'ai beaucoup de choses à dire sur ce sujet, ayant vécu mai 68 de l'extérieur...

J'ai été moi aussi un ancien très bon élève... mais j'ai fait du chemin depuis (°!*) et je suis passé un peu par la case philo, mais sans lauriers ni trompettes. Hi hi hi ! Tu l'as sans doute bien compris, je suis plus autodidacte qu'étudiant ou enseignant conventionnel... Heureusement pour moi !
Commentaire n°4 posté par Jean-Pierre le 25/01/2006 à 21h16

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Rossignol d'Argent-Martine Maillard   Le Rossignol d'Argent, publié en 1974 aux Editions Saint-Germain des Prés (Paris), collection Miroir Oblique. Epuisé chez l'éditeur mais exemplaires neufs disponibles sur ebay (ici) ou sur priceminister ().

Renaitre       Renaître, publié au printemps 2011 aux éditions Stellamaris (voir ici).

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