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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  
Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 20:04

 

 

C'est l'envol des corbeaux hors du fossé natal,
Fatigués de porter les misères humaines.
Sur la route déserte où nul ne se promène
Ils fuient l'auto qui passe en ouragan brutal.

Sur l'asphalte échauffé ils ont pris leurs quartiers
En meute vagabonde, en troupe jacassante ;
Nul ne vient déranger la foule croassante
Qui part en vague sombre au-devant des routiers.

Picorant dans les champs les fragiles semences
Ou dormant sous leur aile au fil de leurs errances,
Les voici de retour, ces corbeaux de l'hiver.

Quand se tait l'appel clair de la douce mésange,
Quand la grisaille tombe et que le froid dérange,
Ils sont les astres noirs de notre ciel couvert.

***
(Sonnet extrait de "Instants Secrets", déjà publié sur ce blog en 2006 mais corrigé depuis).

Par Martine Maillard - Publié dans : Instants Secrets - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Commentaires

Que j'adore cette forme classique et ces accents baudelairiens
et puis
cet oiseaux qui est de mes préférés en toutes saisons,
chez nous ce sont des corneilles...
Ton poème est d'un achèvement extraordinaire, tant dans sa musicalité que son rythme, et j'adore le clin d'oeil à Hérédia...
bravo Martine!!!
Commentaire n°1 posté par Viviane le 02/02/2006 à 10h07
Merci Viviane. Mais le sonnet n'est pas correct : autrefois j'étais passée maître dans l'art de les faire, mais là j'ai baissé les bras. Il faudrait les mêmes rimes dans les deux quatrains, d'une part ; et d'autre part, j'ai laissé trois (e) muets alors qu'ils sont interdits !
En fait j'ai été saisie par l'envol des corbeaux en passant en voiture, et cela m'a rappelé José Maria de Hérédia... Malheureusement je me suis arrêtée un peu loin pour les photographier correctement.
Réponse de Valentine le 02/02/2006 à 10h39
Le poétiquement correct des versificateurs, n'est qu'un formalisme. J'aime beaucoup ton poème façon José Maria. L'art c'est l'émotion et tu sais la créer, bravo !
Commentaire n°2 posté par AïmalUn/jean-baptiste le 02/02/2006 à 19h12
Merci, Jean-Baptiste ; tu as remarqué que je n'étais jamais contente de moi ! Mais en effet c'est l'émotion qui compte, et si j'atteins ce but alors je suis comblée.
Réponse de Valentine le 02/02/2006 à 22h33
Clin d'oeil très réussi ; c'est tout à fait comme ça que l'on ressent ces nuées de corbeaux et corneilles dans les ciels d'hiver .
Commentaire n°3 posté par Marie-J le 03/02/2006 à 20h05
Je ne suis plus prévenu de tes parutions Valentine.
Sans doute un bannissement temporaire !

J'aime beaucoup ce poème mais je suis un peu perdu là avec les "corbeaux" de Hérédia.
J'en étais resté aux "gerfauts hors du charnier natal"...

Par contre les corbeaux, ça me rappelle ceux de Vincent Van Gogh issus là encore d'un tableau de Millet.

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré;

Ou, penchés à l'avant des blanches caravelles,
lis regardaient monter dans un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.

Tu vas rire, celui-là comme tant d'autres, je le connais encore par coeur ! Une véritable mémoire d'âne te dis-je !
Bisous corbidés
Commentaire n°4 posté par Merlin des terres granitées le 04/02/2006 à 21h40
Merci de ce rappel, Merlin ! Pour les avertissements je n'y suis pour rien... Je ne savais même pas que tu t'étais abonné ! C'est gentil.
Réponse de Valentine le 04/02/2006 à 23h42
On est pas loin des Oiseaux d'Hitchcock ! ;-))
Commentaire n°5 posté par Lyriann le 06/02/2006 à 10h51
Heureusement ils sont moins menaçants... Ils ne s'amassent pas sur les fils électriques, mais restent à terre et fuient au passage des automobiles.
Réponse de Valentine le 06/02/2006 à 21h04
Je n'aime pas le corbeaux mais ton poème me les rendrais sympathiques...
Au diable le classissisme des rimes, je trouve que tu as su capter l'instant et toutes les émotions qu'un vol de corbeau peut faire naître un matin d'hiver, sur une route déserte. Bravo Martine, bises,
Commentaire n°6 posté par Martine, la pÚlerine le 06/02/2006 à 20h49
Merci de ta visite, Martine.
Réponse de Valentine le 06/02/2006 à 21h05

J'ai beaucoup aimé ton poème mais moi aussi je me souviens par coeur de l'original "les conquérants" !


re-gros baisers

Commentaire n°7 posté par Maman le 12/02/2006 à 17h17
Bonsoir,
J'aime ce genre de détournement.
J'ai produit un
"Quand je serai bien vieux, le soir, à l'hallogène"
dans le même genre.
Que Ronsard et Hérédia nous pardonnent !!!
Cordialement
Commentaire n°8 posté par Darius Hypérion le 29/02/2008 à 18h27

Quelle ambiance ! J'aime énormément ce poème ! Bises, Valentine !

Commentaire n°9 posté par stellamaris le 12/04/2012 à 23h28

  J'ai bien fait de le corriger, n'est-ce pas ? Bises, Stellamaris.

Réponse de Valentine le 13/04/2012 à 15h37
Bonjour Je te souhaite une très bonne fin de semaine Nos amitiés bises René
Commentaire n°10 posté par rené le 13/04/2012 à 03h09

Bonne journée et amitiés, René !

Réponse de Valentine le 13/04/2012 à 15h37

Sourire... C'est chouette que tu ressortes tes anciens articles, et comme les pastiches j'adore, double plaisir et non double peine! En plus une photo qui évoque le champ de blé aux corbeaux de Van Gogh...

Commentaire n°11 posté par Viviane le 13/04/2012 à 10h13

Je l'ai ressorti pour plusieurs raisons :

1) pour promouvoir mon nouveau recueil...

2) Parce qu'en ce moment je suis un peu en panne d'inspiration...

3) Et surtout parce que depuis sa première publication je l'ai CORRIGE ! En effet il y avait quelques fautes d'e muet qui émaillaient ce sonnet pourtant à la gloire, comme tu le remarques, de José Maria de Heredia ; et quand j'en ai envisagé l'édition je n'ai pas voulu les maintenir. J'ai trouvé finalement assez facilement la parade, et je n'allais pas laisser sur mon blog un sonnet ne correspondant pas à sa forme définitive !

(C'était : "sur la chaussée tiédie ils" -> 1 e muet + 1 hiatus / et "l'assemblée croassante" que j'ai remplacé par "la foule..." / Enfin, "qui part en nuée sombre"...)

Mais je ne connais pas du tout le tableau de Van Gogh dont tu parles... Je cours le dénicher.

(Mais il en a fait plusieurs ??)

Bises !

Réponse de Valentine le 13/04/2012 à 15h46

c'est vrai qu'ils ont mauvaise réputaion....

besos

tilk

Commentaire n°12 posté par tilk le 13/04/2012 à 22h23

Ce n'est pas vraiment ce que je voulais dire... C'est plutôt l'impression que lorsque l'atmosphère devient presque inhumaine, ce sont les seuls suffisamment aguerris pour pouvoir encore la supporter - mais à condition de se "tenir les coudes". Ce sont comme des durs à cuire...

Réponse de Valentine le 13/04/2012 à 22h37
Bonjour Je te souhaite un très bon WE Nos amitiés bises René
Commentaire n°13 posté par rené le 14/04/2012 à 04h06

Bon WE, René !

Réponse de Valentine le 14/04/2012 à 12h50
Tres beau poeme.
Commentaire n°14 posté par Www.vespcondove.com le 14/04/2012 à 17h34

Merci, Vespcondove.

Réponse de Valentine le 14/04/2012 à 18h48

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Mon dernier recueil

Editions Stellamaris

  Aux éditions Stellamaris vient de paraître

Instants Secrets.

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Musique pour la Pentecôte

Premier choeur : "O ewiges Feuer" (O feu éternel) tiré de la cantate n°34 de J.S. Bach.

Interprète : Karl Richter.

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Mes précédents recueils

Rossignol d'Argent-Martine Maillard   Le Rossignol d'Argent, publié en 1974 aux Editions Saint-Germain des Prés (Paris), collection Miroir Oblique. Epuisé chez l'éditeur mais exemplaires neufs disponibles sur ebay (ici) ou sur priceminister ().

Renaitre       Renaître, publié au printemps 2011 aux éditions Stellamaris (voir ici).

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