L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  
Vendredi 17 février 2006 5 17 /02 /Fév /2006 15:55
    Suite de ce voyage effectué à 16 ans, en juillet 1967, et dont vous trouvez la carte ici.

    Le lendemain, il nous fallut nous relever à six heures ; nous avons dû nous y faire, c’était nécessaire... Ce fut alors la cérémonie que nous avons répétée tout au long du voyage : plier les draps et les couvertures, reboucler les valises, les porter dans le car, faire la queue au self-service afin de prendre notre petit-déjeuner.
    Partis à 8h30, nous fîmes la visite du Jardin Botanique, très intéressant, avant de nous lancer sur la route de Trois-Rivières, longeant le Saint-Laurent. A droite, nous avions les eaux calmes du fleuve dont nous ne voyions pas la limite, enfoncée dans une vague brume, et de chaque côté de la route, presque continuellement, des villas du genre un peu « western », en bois blanc, avec leur terrasse de plain-pied.
    Nous arrivâmes à Trois-Rivières pour le déjeuner, que l’on nous servit dans un restaurant ; c’était fort agréable. Puis on nous conduisit au Séminaire Saint-Antoine, situé à la limite de la ville, dans un immense espace vert. Là nous eûmes l’heureuse surprise de trouver des belles chambres claires, pimpantes et confortables.
    Nous n’avons pas assez vu Trois-Rivières pour pouvoir porter un jugement valable sur cette ville. Mais elle me sembla au premier abord sans caractère, trop industrielle pour être pittoresque. Par contre, sa piscine est magnifique : c’est la plus grande de l’Amérique.

La basilique Notre-Dame du Cap, à quelques kilomètres de Trois-Rivières,
au Cap de la Madeleine (carte postale d'époque)


    Après le dîner, que l’on prend toujours au Canada vers 18h30, une seconde soirée franco-canadienne était prévue. Elle eut lieu dans le parc municipal.
    Ce fut mon premier feu de camp. Avant cette cérémonie, Monsieur le Maire de Trois-Rivières nous fit une charmante allocution que nous écoutâmes d’un air fort sérieux tout en pensant à autre chose ...
    -Mes chers amis, vous êtes en quelque sorte les ambassadeurs de ce grand visiteur français qui va nous arriver bientôt… *.
    La réponse notre animateur, que nous surnommions « Pompon », à sa demande d'ailleurs, nous réveilla un peu par son dynamisme :
     -Mais ce voyage, Monsieur le Maire, c’est un rêve qui se réalise !
    Le vin du Niagara, pourtant servi à faible dose, acheva de nous tirer de notre douce torpeur ; enfin nous chantâmes la Marseillaise, puis ce fut un va-et-vient de barques sur le fleuve tout proche, et nous nous retrouvâmes bientôt, canadiens et français, tous réunis sur une petite île, en rond autour d’un feu qui commençait à flamber gaiement.

Un feu de camp au Québec (photo tirée de ce site)
   
    On chanta ; les canadiens tentèrent de nous inculquer un petit répertoire, puis nous racontèrent des histoires [comme Russalka en connaît tant !] ; Pompon et « Pomponnette » (son épouse et notre animatrice) organisèrent des jeux, et tout se termina dans une farandole endiablée. Certains tombèrent même à l’eau. D’autres comme moi, furent dévorés par les moustiques
attirés par le feu [heureusement, il n'y avait pas de chikungunya ! ]… Mais en fin de compte nous nous séparâmes heureux et bons amis vers 23 heures.


* Allusion à la visite prévue du président Charles de Gaulle pour la semaine suivante : en fait, nous découvrîmes que le Général allait effectuer exactement le même périple que nous à une semaine d'intervalle.
Par Martine Maillard - Publié dans : Voyages et promenades - Communauté : images du monde
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Commentaires

Ah les feux de camps, j'en ai la nostalgie...
Commentaire n°1 posté par Martine, la pÚlerine le 17/02/2006 à 21h01
les feux de camp, une guitare esseulée et des voix qui s'élèvent, j'ai connu cela pas plus tard que l'an dernier...

J'ai l'impression que nos amis canadiens sont extrêmement chaleureux.  Et que les souvenirs sont encore très vivants...
Commentaire n°2 posté par Russalka le 18/02/2006 à 10h29

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