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L'âme du poète



"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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  • : Ce site est destiné à partager avec vous des moments de poésie, de musique et d'art en général. A travers des images de nature, de voyages, des moments de contemplation, qu'ils soient dûs à ma propre inspiration ou à celle d'autres artistes, je vous propose quelques instants d'échange et de ressourcement.
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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)        

 

 

Jeudi 1 mai 2008

    Vous connaissez la chanson ? Hélas, jusqu'à présent nous avons connu bien des pluies (du moins dans les régions septentrionales), aussi espère-t-on vivement que "le Mai, le joli Mai" nous rendra le soleil.

    Voici cependant une image du ciel tourmenté de ces derniers jours où, si mon appareil n'a pas été trop mauvais, vous discernerez un nuage très noir derrière les arbres bien verts et les fleurs de lilas illuminés par le soleil du soir.



    Mardi, à mon travail, j'ai été témoin toute la journée d'une féerie extraordinaire : les cerisiers du Japon avaient, sous les averses répétées, perdu leurs pétales en telle abondance dans la rue située sous mes fenêtres, que l'on marchait sur un tapis rose aussi épais et glissant que de la neige ; et bientôt le vent se leva et l'on vit s'envoler les pétales, qui tourbillonnèrent sous les bourrasques jusque devant les fenêtres premier étage ! C'était sublime, mais hélas je n'avais pas de quoi photographier... Quand je revins mercredi, non seulement une bonne partie de ce tapis avait été balayé, mais en plus le vent ne soufflait presque plus.
    Voici cependant la photo que j'en ai prise :
en regardant bien, vous discernerez peut-être encore quelques points roses en suspension.



    Et ce merveilleux spectacle m'a rappelé, non pas la chanson que j'indique en titre de cet article, mais un passage du Poème de l'Amour et de la Mer d'Ernest Chausson que j''affectionne particulièrement, extrait de la première partie intitulée « La Fleur des Eaux » :

    « Et mon coeur s'est levé par ce matin d'été ;
Car une belle enfant était sur le rivage,
Laissant errer sur moi des yeux pleins de clarté,
Et qui me souriait d'un air tendre et sauvage...

Toi que transfiguraient la Jeunesse et l'Amour,
Tu m'apparus alors comme l'âme des choses ;
Mon coeur vola vers toi, tu le pris sans retour,
Et des cieux entrouverts pleuvaient sur nous des roses... »



(Texte de Maurice Bouchor - Voir ici)

    Hélas, pour des raisons de droit d'auteur vous n'en entendrez que ces deux derniers vers, d'autant plus que dans l'enregistrement que j'en possède, avec Dame Janet Baker et le London Symphony orchestra dirigé par  Evgeny Svetlanov, il y a un ralenti que je trouve excessif  sur ce "pleuvaient sur nous des roses". Ce tout petit extrait vous permettra cependant d'apprécier, je pense, la beauté de cette oeuvre, dont surtout la quatrième partie est célèbre ("Le temps des lilas et le temps des roses ne reviendra plus à ce printemps-ci...").





par Martine Maillard publié dans : Nostalgie
 

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NB : Vous pouvez consulter les archives de ce blog, créé en mai 2005, en cliquant en haut à gauche de cette page sur "Poésie éternelle".

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