Samedi 25 février 2006
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Voici ma réponse à la question 6 (voir ici) du dossier "je
prépare mon voyage au Canada" (rédigé en 1967):
En ce qui concerne l’origine des premiers occupants du Canada, on en est encore à formuler des hypothèses : s’agit-il d’un peuplement très ancien
de l’Amérique par l’Europe, par la voie des îles du Nord ? Cette hypothèse est aujourd’hui abandonnée. Ces premiers occupants seraient-ils venus d’Asie ou de Polynésie au fil du Kouro-Sivo ou en
transitant par le détroit de Béring il y a très longtemps ? Ou bien encore les sauvages américains seraient-ils des peuplades autochtones remontant à la période glaciaire préhistorique ? Mais les
fouilles et découvertes archéologiques récentes ne les font pas remonter à plus de deux ou trois mille ans (Note : aujourd’hui on trouve des traces jusqu’à –50.000 ans, d’une
population de type plus australoïde que mongoloïde venue peut-être par le Japon, voir ce
site).
Jean Maillard :
guerriers Hurons (les meilleurs amis des colons français)
Toujours est-il que lors de l’arrivée des Français au Canada, le
territoire était occupé par au moins quatre grandes familles ethniques :
1) Les Algonquiens, des nomades qui occupaient à l’Est du Canada un territoire formant un triangle renversé
dont la base se confond avec le 60e parallèle, et dont la pointe aboutit aux environs du Cap Hatteras (pointe est de la Caroline du Nord, aux Etats-Unis). Cette race algonquine comprenait plus de
cinquante tribus parlant des dialectes différents et réparties en trois groupes principaux : le premier, au Nord du Saint-Laurent, était constitué des « Algonquins » d’origine, c'est-à-dire des Montagnais, des Atticamègues, des Pieds-Noirs, des Cris-de-la-Prairie, des Objiwés, des Amalécites, des Cheyennes, etc.... Le second groupe, sur l’Atlantique, comptait entre autres les Micmacs, les
Mohicans, les Massachusetts, les Delawares… Enfin le troisième groupe campait à l’ouest des Grands Lacs, sur le cours supérieur du Mississipi, et on y trouvait notamment les Malomines, les Renards, les Miamis, les Illinois, les Sakis… Les Algonquins et apparentés (« Algonquiens ») vivaient de chasse, de pêche et d’un peu de culture
(voir ici).
Jean Maillard : reproduction à la plume d'une Chanson Mic-Mac
2) Les Hurons-Iroquois, peuplade sédentaire formant une enclave en territoire algonquin, sur le bassin des Grands Lacs, surpassaient tous leurs
congénères en intelligence, en organisation politique, en valeur guerrière (surtout les Iroquois) ; ils possédaient des villages fortifiés et vivaient
davantage d’élevage et de culture. On y reconnaît une dizaine de groupes distincts (Hurons, Pétuneux,
Mohawks, Cherokees, etc. Voir ici) .
Jean Maillard : reproduction
d'une gravure de Hébert représentant un Iroquois
se battant contre un colon français
3) Les Muskogees ou Creeks (voir
ici) habitaient plus au sud et comprenaient la plupart des tribus du Mississipi
inférieur. Les principales étaient les Appalaches, les Chactas, les Chicachas, les Natchez, les Taensas.
Il vivaient surtout des produits du sol.
4) Les Sioux enfin, habitaient le long du Mississipi supérieur. C'étaient, à proprement parler, les sauvages des
plaines. Ils comprenaient sept groupes différents et ont été nommés "Iroquois de l’Ouest" à cause de leur passion pour la guerre, de leur cruauté et de leur duplicité. Ils furent les derniers à
entrer dans l’alliance française. (voir ici).
Les Sauvages du bassin de Mackensie et du versant occidental des Rocheuses appartiennent à
l’histoire du XIXe siècle.
Quant aux Eskimos (Inuits), ils forment un groupe à part, l’un des plus curieux de l’espèce humaine, paisible et attachant. Ils sont disséminés sur le littoral de l’Océan
Glacial, de la Baie d’Hudson et dans les Iles Polaires. Ce groupe isolé vivait de mammifères marins et de caribous, habitait des huttes de glace et de neige (igloos), se vêtait de peaux de bêtes
et voyageait sur des traîneaux tirés par des chiens. Ce sont d’habiles artisans dont Paul-Emile Victor a vanté l’hospitalité (voir ici).
Par Martine Maillard
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Publié dans : Entre nous
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Oui, les Cheyennes n'ont aucune envie d'être confondus avec les Iroquois ou les Sioux, bien plus agressifs (souvent aussi bien plus impliqués par la suite dans la défense des droits des peuples premiers et des territoires.).
Malheureusement le caractère pacifique de mon peuple ne l'a pas empêché d'être victime d'un véritable génocide.
...
J'adore la chanson et sa gamme pentatonique, impression de toucher quelque chose de doux et enraciné en ma chair.
Bien sûr que les Cheyennes et bien d'autres ne peuvent être confondus avec les Iroquois... Cependant je me demande pourquoi on leur apparente les Hurons, qui étaient les meilleurs amis des français, un peuple d'évidence très doux aussi.
Tu sais les migrations - en Amérique comme en Europe - ne datent pas d'hier mais d'un avant hier très lointain.
La question à laquelle tu devais répondre :
6 – Depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, quels ont été les occupants de cet immense pays et d’où venaient-ils ?
était très précise. Mais les réponses possibles sont encore sujettes à caution et à controverses au sein des meilleurs spécialistes du sujet.
Bref, c'était du bon boulot foi d'animal !
As-tu une carte détaillée des populations ? J'avais envoyé ça à Viviane de Chicoutimi tu sais, la petite Indienne d'Over-Blog... ;o))
Non, je n'ai pas de carte détaillée, je suis déjà surprise qu'on ait pu précisé que la "famille" algonquine se positionnait sur un triangle inversé vers l'Est tandis que les "Hurons-Iroquois" occupaient une enclave sédentaire. En fait, s'ils étaient nomades, il ne devait pas être évident de les localiser avec précision.
Yoda
Ah une carte. J'en ai d'autres dans mes archives papier... Mais où ?.......
Comme tu vois les territoires de ces nomades sont vastes instit ?