Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Quand chaque jour, ami, de tes étables,
Tu offrirais trois cents beaux taurillons
Au grand Pluton, ce dieu impitoyable
Qui tient Tytios et le triple Géryon
Emprisonnés dans l'eau noire et amère,
Il ne faudra pas moins tous la passer,
Quelque travail que nous fassions sur terre,
Du roi puissant au plus humble berger.
En vain, de Mars évitons-nous les guerres
Et de la mer les grands flots déchaînés,
En vain, l'automne, essayons-nous de faire
Obstacle au vent nuisible à la santé.
Il faudra voir le Cocyte aux eaux lentes,
Ce fleuve noir, et du roi Danaüs
La race infâme et la peine accablante
Dont est puni l'orgueilleux Sisyphus ;
Quitter sa terre et une épouse chère ;
Et du verger que tu as cultivé,
Seul te suivra, toi son maître éphémère,
Le noir cyprès, funeste et détesté !
Un héritier répandra, moins timide,
Ton Cécubus conservé sous cent clés
Et baignera ton blanc dallage humide
D'un vin plus pur qu'aux plus beaux des banquets.
Adaptation en vers de Martine Maillard
Tous droits réservés
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

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Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
Ici la couverture du dernier n° paru.
Sur le site vous pouvez vous abonner, acheter les numéros en PDF ou en version papier (franco de port),
ou consulter en ligne des extraits de différents numéros.
En ce qui concerne Horace, j'ai commis quelques erreurs (plus ou moins sciemment) dans ma traduction, tantôt pour les besoins de la versification, tantôt par sensibilité francophone - mais le prof qui avait lu ma traduction, me l'avait tout de même reproché :
1) des ajouts : notre vieillesse "en pleurs"... "l'odieux" trépas..."l'orgueilleux" Sisyphus... le cyprès funeste "et détesté".
2) des modifications de termes spécifiques au latin : dans le texte original, le mot "Mars" est misà la place de "guerre", mais aussi le mot "Adriatique" à la place de "mer", et "Pluton" n'est pas cité en tant que dieu mais dans le sens de "la mort" elle-même ; de plus Sisyphus est accompagné de l'adjectif "Eolide", qui signifie qu'il est descendant d'Eole.
3) Enfin j'ai "arrangé" la fin en modifiant légèrement le sens : le "Cécube" est le vin produit par la vigne de Postumus ; son héritier, non pas "moins timide", mais "plus digne" (de le boire, sans doute !) le répandra sur le dallage (qui n'est pas "humide" dans le texte) ou plutôt le teindra, ce vin qui en fait est meilleur que ceux que l'on verse aux festins des pontifes...
C'était un peu compliqué, et j'ai considéré que le sens était tout de même préservé ainsi.
Finalement, en relisant la traduction du Comte de Séguier, j'ai admiré sa virtuosité, mais je trouve que cet effort de respecter un nombre de syllabes ne sert pas du tout le texte de Horace : d'une part en français le rythme devient incohérent, et d'autre part il faut bien savoir que le latin, comme l'allemand, l'anglais ou l'italien, sont des langues à scansion c'est à dire que le rythme (syllabes longues ou brèves, accentuées ou non) est plus sensible à l'oreille que le "nombre de pieds"... Ainsi son effort devient inutile car ses vers n'ont aucun rythme. (La traduction de Renée Vivien que j'ai mis enregard est beaucoup plus réussie !)
Bonne journée à toi. Amitiés