L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  
Lundi 27 février 2006 1 27 /02 /Fév /2006 11:00
    Après la brillante prestation de Merlin des Champs Grégoriens (voir en commentaires du chapitre précédent), je vous apporte ici mes propres réponses aux questions posées, qui donnent parfois un éclairage légèrement différent.

Question n°7 :
« Quand Jacques Cartier descendit le Saint-Laurent, il s’arrêta d’abord dans un havre naturel près du petit village indien de Stadaconé : c’est sur cet emplacement que, soixante-dix ans plus tard, après avoir rasé le village, Champlain fonda Québec. « Kébec » est un mot algonquin signifiant « rétrécissement des eaux », ou « détroit ».
(information tirée de l'histoire du Canada de Desrosiers et Bertrand, Montréal, 1925)
    Je partage volontiers l'idée de "Merlin" en ce qui concerne la langue normande, mais si vous consultez ce site autorisé, émanant de l'Université Laval à Québec, vous trouverez ceci :
   
« Le Québec tire son nom du terme algonquin kebek signifiant «rétrécissement du fleuve », en référence à la partie du fleuve Saint-Laurent qui borde la ville actuelle de Québec, capitale de la province. Le terme est commun à l'Algonquin, au Cri et au Micmac, et il a la même signification dans les trois langues. On trouve l'orthographe Quebeck en 1601, puis Kébec en 1609 et Québec en 1613 (par Samuel de Champlain). »

    Suite de la question 7 :
« Puis il se rendit à Hochelaga, où il fut reçu solennellement avec ses trente-trois hommes par les Indiens : cette bourgade était sise au pied d’une montagne qu’il nomma Mont-Royal ou Mont-Réal, véritable figure de haut bord sur une île du Saint-Laurent. Ce nom fut dès lors appliqué à l’île entière et à la bourgade qui s’y trouvait. »
(id. : tiré de l'histoire du Canada de Desrosiers et Bertrand, Montréal, 1925)

    Question subsidiaire n°2 :

    « L’expression « faux comme diamants du Canada » vient d’une aventure survenue à Jacques Cartier en 1542. Il remontait le Saint-Laurent et venait de s’établir à terre près des rapides de Lachine – lesquels devaient selon ses calculs ouvrir la route du Pacifique – lorsque des Sauvages lui offrirent de la poudre d’or et des diamants provenant du merveilleux pays de Saguenay.  Ces trésors furent reçus avec les plus vifs transports et Cartier les fit enfermer dans des coffres qu’il ne voulut ouvrir qu’en présence du Roi de France. Hélas, ce qu’il avait pris pour de l’or n’était que pyrite de fer et les diamants du quartz hyalin noir riche en mica. Les craintes de Charles Quint aussi bien que l’espoir de François Ier avaient été vains. Le proverbe naquit « faux comme diamants du Canada », et le troisième voyage de Cartier n’ayant eu aucun caractère positif, il ne fut plus question d’un quatrième voyage pour le
hardi Malouin. »

    
Question subsidiaire n°3 :
    « Lors de la fondation de Québec, Sully eut un mot malheureux qui rappelle bien l’opinion de Voltaire sur le Canada (« ces quelques arpents de neige… »). En effet, il décréta :
    « Les choses qui demeurent séparées de notre Corps par des terres ou des mers étrangères ne nous seront jamais qu’à charge et à peu d’utilité ».
    Une autre phrase peut lui être également reprochée. Il aurait dit, lors des voyages de Champlain « qu’on ne pouvait attendre aucun profit des pays situés au-dessus de 40° ». Mais comment pourrait-on tenir rigueur à Sully d’une erreur très explicable en son temps, alors que plus d’un siècle après lui, des Montesquieu ou des Voltaire écriront sur le Canada des textes extravagants ? Qui songe à traiter Monsieur de Voltaire de sot ou d’homme borné alors qu’il ironisait au sujet du Canada en disant, à propos de revers : « Décidément, si Sa Majesté a besoin de fourrures pour cet hiver, elle devra s’adresser directement à Londres ! »
    Au fait, l’opinion populaire était-elle bien différente de celle des Grands ?

Pour connaître l’illusion,
La faridondaine, la faridondon,
Faut aller au Mississipi,
Biribi ! 
»


    Quoi qu'il en soit, je vous félicite de vos recherches, et vous donne rendez-vous pour la prochaine étape de ce merveilleux voyage : Baie-Saint-Paul, dans le Charlevoix ! (En 1967, à une époque où la région n'était pas encore envahie par les touristes...)

Par Martine Maillard - Publié dans : Entre nous
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Commentaires

Chère Martine-Valentine,

Les vérités ne sont que provisoires et je t'accorde bien volontiers que mon interprétation normande de l'étymologie originale ou originelle de "Québec" n'est qu'une pure spéculation de mon esprit de géronte attardé. Il ne s'agit que d'une amusette en forme de boutade ; mais va savoir ?
Néanmoins, je ne crois pas à la sonorité Algonquine, Cri ou Micmac de ce mot et je confirme la sonorité et la sémantique danoise (noirroise) de la racine "bec".
Peut-être un jour ferai-je une thèse là-dessus ? Hi hi hi ! ;o))

J'ai trouvé ceci - qui est considéré à mon avis à tort - comme une légende :

« Québec » vient d'un mot *algonquien* (peut-être algonquin, mais pas nécessairement ; mais c'est de la même famille de langues) qui signifie « passage rétréci » (ou quelque chose comme « là où le fleuve se rétrécit »). Une vieille légende (dont les historiens rejettent trop souvent le fondement, car elle est poétique et nourrit notre rêve collectif sans faire de tort à personne) veut que Champlain, après avoir débouché de l'embranchement est du St-Laurent, à la pointe sud de l'île d'Orléans, sur cette vaste échancrure que domine le cap Diamant, se serait écrié : « Qué bec ! » (« Quel bec ! »), ce qui est vraiment la réciproque de ce que le mot veut vraiment dire en langue amérindienne.

http://www.vigile.net/bulletin/labontenf.html    (C pas un lien !)
La racine "beg" semble exister en Algonquin mais ne veut pas dire "rétrécissement"... Oulala ! C'est une peuplade algonquienne ça? ...
Commentaire n°1 posté par Merlin des champs grégoriens le 27/02/2006 à 14h29
Je sais, je sais ; je l'avais entendu dire aussi... Mais je ne vois pas comment on pourrait donner son nom à une ville importante à partir d'un exclamation aussi triviale... Par contre il semble aller de soi que l'on va utiliser des termes locaux - comme par exemple, les dénominations des villes bretonnes.
Commentaire n°2 posté par valentine le 27/02/2006 à 17h29
Un petit coucou a mpon passage ,bonne soirée  Bisous ......rose
Commentaire n°3 posté par rose le 27/02/2006 à 21h22
Que c'est joli et érudit. Contente de mon voyage sur cette page où j'ai appris plein de choses.

Bises
Commentaire n°4 posté par Russalka le 28/02/2006 à 09h16

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