L'Âme du poète

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Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  
Samedi 18 mars 2006 6 18 /03 /Mars /2006 18:10
  icare.jpg
Chute d'Icare
 (image aménagée d'après un tableau de Jacob Peter Gowi, 17e siècle
visible au Musée du Prado à Madrid, voir ici l'original)



Je suis monté trop haut
J’ai déployé mes ailes
J’ai fixé le soleil
Je cherchais la lumière
J’y voyais mon salut
Je cherchais l’évasion
Je croyais en l’espace
Je pensais respirer
Dans la haute atmosphère
Plus largement qu’ici

Je m’y suis consumé
Mes ailes ont fondu
Mon cœur s’est embrasé
Il n’en reste plus rien
J’ai brûlé au soleil
Comme un pauvre fétu
Et maintenant je gîs
Au profond de la nuit
Rampant et démuni
Aveugle et solitaire

Prenez garde au destin
Qui vous hisse au plus haut
Pour bientôt vous lâcher
Plus bas qu’auparavant
C’est chevaucher le tigre
C’est naviguer en mer
Car plus la vague monte
Et plus le creux s’enfonce
Et lorsque vous gagnez
Vous êtes dévoré

 

Lamentations pour Icare par Draper
(Tate Britain de Londres)
Par Martine Maillard - Publié dans : Poèmes de détresse - Communauté : L'âme du poète
Donnez-moi votre impression ! - Voir les 10 petits mots
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Commentaires

Il y a quelques années, nous avions une liste de discussion (philosophie, poésie etc...) qui s'appelait Icare.
Elle a disparu à cause d'un ou deux trolls qui étaient vraiment trop graves.
Après, j'ai créé Pygmalion mais animer l'inerte et l'aimer n'est pas plus aisé que d'approcher la cire de ses ailes du soleil. J'ai érasé Pygmalion il n'y a pas si longtemps...
Luc et Viviane je crois ont connu ces forums un peu privés (jamais plus de 30 participants). Ils étaient potentiellement riches et parfois particulièrement intéressants.
À présent, les blogs ont pris le pas sur ces listes et on peut dire qu'ils offrent davantage de ressources (images, son, présentation, commentaires, et tous les avantages d'une web site bien organisé dès le départ...)
Pour en revenir à ton poème, je le trouve très agréable quant au fond et surprenant sur la forme : en effet des hexasyllabes pour une tentative d'abandonner les règles de la pesanteur et accéder au statut d'oiseau, c'est très étonnant mais finalement réussi.
En effet, les actions fugitives d'Icare sont fugaces ; c'est une épopée brève et haletante.
Ah, s'il avait écouté les conseils de Dédale ! Mais la jeunesse a de ces audaces que la sagesse réprouve.
Oui, cruel destin que celui d'Icare !
Moralité qui fait l'ange fait la bête et qui fait l'oiseau tombe à l'eau.
Bravo Valentine des épopées tragiques...
Commentaire n°1 posté par Merlin le zététicien le 18/03/2006 à 18h46
belle enseignement que beaucoup de personnes devrais suivre! et si joliement formulé
Commentaire n°2 posté par honeyblade le 18/03/2006 à 19h02
J'aime bien ce poème qui reprend le mythe d'Icare, l'homme prisonnier du labyrinthe, c a d de ses ombres de ses doutes de son innacompli, pour s'en échapper, au lieu  de faire son chemin de conscience, il utilise des moyens artificiels, techniques, n'ayant pas "réalisé"  sa part ontologique, le feu divin le brûle, il est rejeté dans les eaux.
Commentaire n°3 posté par AïmalUn/jean-baptiste le 18/03/2006 à 19h55

Bonjour, je suis Ghislain, l'auteur du Mat démon. Je voulais te remercier pour le com sur le blog de Pauley. Sympa.

Commentaire n°4 posté par Ghislain Hammer le 18/03/2006 à 20h45
Très beau poème encore, Valentine et les tableaux, divins, Bravo !
Commentaire n°5 posté par Pauley le 19/03/2006 à 01h04
Il y a toujours une aisance dans votre façon de "dire":  tout paraît si simple , si inéluctable ...Une fatalité tragique , une infinie tristesse, un profond désarroi ....
Commentaire n°6 posté par Tivoune le 19/03/2006 à 01h31
Garder présent à l'esprit
toujours
l'idée que nous ne sommes rien.
C'est la raison pour laquelle je me méfie infiniment du monde de l'édition et y vais à pas comptés
pour ne pas me brûler.
...
J'aime cette manière très classique qui est tienne de traiter des grands mythes de l'humanité et d'en tirer sagesse.
C'est très beau...
Commentaire n°7 posté par Viviane le 19/03/2006 à 08h58
Je suis désolée d'être si triste, mais ce poème parle bien de moi, et cette impression terrible que j'ai en ce moment d'un effondrement général... même au plan de l'inspiration d'ailleurs. J'ai eu un grand moment d'expansion dans ma vie, dans les années 90 - et c'était peut-être général aussi ? Mais maintenant voici le résultat... galère et déception, donc plus foi en rien, plus d'intérêt ou d'espoir en rien. Y a-t-il bien une relation de cause à effet comme l'affirment les orientaux, selon lesquels "tout est cyclique" ? C'est tout ce à quoi je m'accroche encore : de même qu'il y a une limite à notre expansion possible, de même il y a un fond que l'on va toucher un jour, et qui nous permettra peut-être de rebondir ?
Réponse de Valentine le 19/03/2006 à 09h24


Bravo encore un petit texte trés joli et les images sont magnifiques, Pour ce dernier dimanche d'hiver passe une trés bonne soirée ............rose

Commentaire n°8 posté par rose le 19/03/2006 à 14h58

c'est vraiment magnifique! bravo!


bises

Commentaire n°9 posté par Nymphéa le 19/03/2006 à 18h44
Désarroi, tristesse ou labyrinthe... c'est en fait la réalité dans laquelle ce monde se retrouve ! Heureusement nous avons la poésie pour nous consoler... merci. 
Commentaire n°10 posté par Chafik CHTIBI le 22/03/2006 à 16h17

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Rossignol d'Argent-Martine Maillard   Le Rossignol d'Argent, publié en 1974 aux Editions Saint-Germain des Prés (Paris), collection Miroir Oblique. Epuisé chez l'éditeur mais exemplaires neufs disponibles sur ebay (ici) ou sur priceminister ().

Renaitre       Renaître, publié au printemps 2011 aux éditions Stellamaris (voir ici).

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