L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  
Dimanche 19 mars 2006 7 19 /03 /Mars /2006 22:21
    Et voici le dernier volet de ce merveilleux voyage, effectué il y a près de 40 ans, alors que je n'avais que 16 ans. Malheureusement mes dernières photos sont des diapositives au format carré que je n'ai jamais pu numériser : je serai donc limitée à mes cartes postales ou à des renvois aux sites actuels, sur lesquels évidemment tout a beaucoup changé depuis !...


    En effet, le vendredi 28, nous partions pour Edmunston, dans le Nouveau-Brunswick. C’était déjà le retour vers Montréal ; il n’y avait presque plus rien de beau à voir. Nous traversions des régions américaines et industrielles. Nous déjeunâmes à Matapédia dans un joli restaurant et à 18 heures nous étions à Edmunston, sous une pluie battante.
    En fait nous avions pris beaucoup de retard, car il nous avait été promis une petite promenade aux Etats-Unis, et il nous fallut attendre pour cette excursion d’avoir dîné. Lorsque nous nous précipitâmes vers la frontière toute proche, munis des visas spécialement préparés en France, sous le ciel noir et par les rues mouillées, nous commençâmes par nous perdre ; puis parvenus enfin au but nous découvrîmes qu’aux USA il devait être plus tard, car tout était désespérément fermé ! Nous ne pûmes dénicher qu’un marchand de cigarettes et de cartes postales, ce qui fit bien notre affaire… Mais nous avions tout de même sur notre passeport un beau cachet américain attestant que nous avions mis le pied dans la province du Maine, fût-ce pour une demi-heure seulement et en pleine nuit.

Quelques vues du Maine, sous forme de cartes postales (cliquer pour agrandir)

(Même chose)

(Même chose)

(Même chose)

    Le lendemain, nouveau départ, en direction de Sherbrooke. Nous nous arrêtâmes à Saint-Jean-Port-Joli, un charmant village où l’on pratique l’artisanat du bois. Nous y achetâmes un souvenir pour chacun de nos moniteurs, qui les reçurent après le repas.
    Nous fûmes à Sherbrooke à 17h30. L’université où nous étions reçus était grande, moderne et agréable.
    Je passai ma journée de dimanche à m’y reposer en rangeant et triant mes affaires : une promenade dans cette ville trop impersonnelle ne me tentait nullement.
    Lundi 31 juillet ! Le dernier jour de notre voyage de rêve était arrivé… Nous prîmes notre dernier petit déjeuner canadien et nous mîmes en route pour Montréal où nous parvînmes pour le déjeuner. Nous avions ensuite quartier libre jusqu’à 17h30.
    Je m’engageai dans une grande rue pleine de magasins ; puis m’informai sur le chemin à suivre pour retourner vers l’Expo que j’admirai une dernière fois du haut du Pont Jacques-Cartier. J’eus ainsi l’occasion de m’émerveiller aussi devant ce magnifique et immense ouvrage d’art dont je percevais les frémissements sous l’intense circulation qui le parcourait. Puis le bus me ramena à notre ultime port d’attache, le Foyer de l’Immaculée Conception, où personne n’eut le cœur de faire honneur au dîner qu’on nous servit, tant le regret de partir nous coupait l’appétit.

Montréal, le pont Jacques Cartier
(l'image, extraite du site ci-dessous, peut-être agrandie)

    L’heure arriva, avec la pluie, et bien vite, nous fûmes dans les cars dont nous venions de remercier les sympathiques chauffeurs au moyen de quelques souvenirs accompagnés de salves d’applaudissements.
    Arrivés à l’aéroport de Dorval à 19 heures, tristes de voir le soleil, déjà à son déclin, disparaître derrière les nuages, nous dûmes encore endurer une longue heure d’attente, que nous occupâmes à échanger adresses et promesses diverses. Enfin à 20h 30, nous décollions. « Adieu, beau rêve réalisé ! » pensions-nous avec Pompon1… Et nos cœurs étaient gonflés de mélancolie.
    Ce voyage de six heures et demie me parut étonnamment court. En effet à l’inverse du voyage d’aller il s’effectuait en direction du soleil, et le superbe lever de soleil sur les nuages survenu entre 1h30 et 2h du matin à l’heure canadienne fut une des plus belles expériences que j’aie connues jusqu’alors. J’arrivai à Orly éblouie et radieuse, sans avoir fermé l’œil.
    Normal, pour achever un tel rêve !

(En l'absence de mes propres photos...)

1- "Pompon" : surnom attribué à notre principal accompagnateur. Voir ici.

Par Martine Maillard - Publié dans : Voyages et promenades - Communauté : images du monde
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Rossignol d'Argent-Martine Maillard   Le Rossignol d'Argent, publié en 1974 aux Editions Saint-Germain des Prés (Paris), collection Miroir Oblique. Epuisé chez l'éditeur mais exemplaires neufs disponibles sur ebay (ici) ou sur priceminister ().

Renaitre       Renaître, publié au printemps 2011 aux éditions Stellamaris (voir ici).

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