L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  
Mercredi 5 avril 2006 3 05 /04 /Avr /2006 11:08
    En ces temps de violence, un petit clin d'oeil vers celles qui en ont été victimes. Mais ce poème est plutôt inspiré du romantisme allemand et du mythe démoniaque de la "Chasse Sauvage" (aussi évoqué par Hugo dans les Djinns).


 

Lumière ! Lumière !
Sabbat des sorcières !
Cavalcadez, chevaux de la lumière !
Légions d’anges au glaive entre les dents !

C’est la nuit des mystères
Qui éclate en menues explosions ;
Partout à la fois les étoiles se brisent
Comme des verres de champagne,
Et laissent mousser leur liquide pétillant,
Sperme, sperme de la nuit.

Chaque nébuleuse est un ange qui chante
Et tous les chants de tous les anges
Font une clameur étrange et jamais ouïe encore…

Oh ! fermez bien la porte !
Car quiconque sortira en cette nuit maléfique
Devra en mourir aussitôt.

Les arbres secoués de frissons
Sécrètent d’effrayants cavaliers,
Une giclée de cris s’élève
En gerbe qui troue le firmament ;
Sabbat ! Sabbat ! Dieu des armées !
Entends-tu l’appel de ton peuple ?

Gorgés de haine et de famine,
Les voici ces ogres guerriers,
Immaculés comme la Voie Lactée,
Cherchant de pâles épousées
Parmi la racaille mortelle.

La mort plane, entends-tu ?
Son hurlement remplit la nuit.
C’est un cavalier de tempête,
Gigantesque et maudit,
Aux yeux exorbités,
Au corps secoué de sanglots,
Au cheval fou,
Et il t’appelle !

… Ange, mon ange
Ne pleure pas…
Elle est sortie, son pas résonne au clair de lune ;
Un cri traverse la voûte céleste,
La lune pleure du sang…
O ma vierge, je t’ai tuée !!

Brutalement le jour se fait.
Au fond du jardin
Le grand chêne s’est abattu.
Par Martine Maillard - Publié dans : Labyrinthes et flammes
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Commentaires

Je tenais juste à te dire qu'à chaque fois que je passe te rendre visite, je prends toujours autant de plaisir à le faire...Donc je repasserai encore et encore...


Amicalement...


Peter Pan...

Commentaire n°1 posté par Peter Pan le 05/04/2006 à 11h18
Merci, Peter.    
Réponse de Valentine le 06/04/2006 à 21h48


L'orage trés beau texte, au mois d'Aout l'année derniere nous avont eut un orange dans le var avec des grélons gros comme un oeuf de pigeon, ces pour te dire c'etait un sacré orange avec plein de degats materil comme la carroserie des voitures, Passe une bonne journée ............rose

Commentaire n°2 posté par rose le 05/04/2006 à 13h49

La veille de la toussaint, les lignes entre ombres et lumières, morts et vivant s'effacent et "la chasse sauvage", se déchaîne, emplissant de son vacarme cette nuit magique!


Magnifique poème mystique..

Commentaire n°3 posté par AïmalUn/jean-baptiste le 05/04/2006 à 19h45
Pour moi, je me croirais au sabbat des sorcières du Mont d'Étenclin. J'ai un petit bois à proximité dans lequel il y a eu beaucoup de chênes...
Ah! Je viens d'abattre le plus beau poirier de mon grand jardin. Pas au fond du jardin, juste à gauche en entrant... Quel bois magnifique que celui du poirier !
Si tu avais vu le grand cyprès de Lambert abattu par la tempête du 26 décembre 1999 Valentine ! Un géant de 30 m de haut, par terre. Tous les murs écrasés sous la masse du plus bel arbre de la région. Plus petit que celui de Thulé quand même...
Commentaire n°4 posté par Merlin le zététicien le 05/04/2006 à 21h47
Oui, la mort d'un arbre, c'est effrayant.... Et pourquoi ce poirier ? Etait-il vétuste ?
Réponse de Valentine le 06/04/2006 à 21h47


Merci pour ce texte fantastiquement admirable...
Commentaire n°5 posté par Lyriann le 06/04/2006 à 10h47
Et merci à toi, Lyriann, pour cette magnifique illustration...
Réponse de Valentine le 06/04/2006 à 21h45
A lire et relire
le coeur battant
comme quand on était enfant
terrorisée par l'orage
cachée sous le lit
s'attendant à voir surgir des monstres hurlants
et ces éclairs dehors qui rendaient tout livide
ambiance de mort
magiquement rendue dans ton poème....
Commentaire n°6 posté par Russalka le 06/04/2006 à 14h01
Pauvre petite fille effrayée... C'est très impressionnant l'orage. J'en ai connu deux en camping sauvage, et à chaque fois ce fut la terreur de ma vie, car la petite canadienne prenait l'eau et il fallait sortir dans la nuit, sous les éclairs et les trombes d'eau. Dans ces cas-là, le ciel s'illumine de part en part, et ce qui terrorise c'est qu'on ne sait plus où cela peut tomber... On s'est réfugiés la première fois sous une bergerie vide, et la deuxième fois dans l'étable avec les vaches, très réconfortantes.
Réponse de Valentine le 06/04/2006 à 22h00

Ajoutée le 19/05/2004 à 20h15 par lorialeine<br />
http://www.lexode.com


Coucou valentine Passe une bonne soirée Chez moi c'est sous un magnifique soleil Biz .....................rose

Commentaire n°7 posté par rose le 06/04/2006 à 15h08

Très beau, pour changer un peu lol !


A très vite Valentine.

Commentaire n°8 posté par Pauley le 07/04/2006 à 22h21

bien voilà c'est la lumière.


clem

Commentaire n°9 posté par clem le 08/04/2006 à 01h49

Texte foudroyant ! Tu as le chic pour les textes originaux.


Merci.

Commentaire n°10 posté par Patrick le 08/04/2006 à 08h36
La poétesse s'est dé-chênée ! Bravo ^^
Commentaire n°11 posté par Pouet-pouet le 08/04/2006 à 16h10
Brave oh ! pour le jeu de mots.
Réponse de Valentine le 08/04/2006 à 17h32

 


Impressionnant vieille femme...impressionnant

Commentaire n°12 posté par Rywell le 26/12/2006 à 00h31
il est superbe ce poème! je ne l'avais pas encore lu... en tout cas, il en met plein la figure!
Commentaire n°13 posté par honeyblade le 07/05/2007 à 17h44

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Editions Stellamaris

  Aux éditions Stellamaris vient de paraître

Instants Secrets.

Couverture réduiteVous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Musique pour la Pentecôte

Premier choeur : "O ewiges Feuer" (O feu éternel) tiré de la cantate n°34 de J.S. Bach.

Interprète : Karl Richter.

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Rossignol d'Argent-Martine Maillard   Le Rossignol d'Argent, publié en 1974 aux Editions Saint-Germain des Prés (Paris), collection Miroir Oblique. Epuisé chez l'éditeur mais exemplaires neufs disponibles sur ebay (ici) ou sur priceminister ().

Renaitre       Renaître, publié au printemps 2011 aux éditions Stellamaris (voir ici).

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