L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

Présentation

  
L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  
Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 22:23

Galerie photos de Allociné (voir ici)

            Avez-vous vu le film "Le Nouveau Monde", de Terrence Malick, qui est passé dimanche soir sur Antenne 2 ?
         En ayant suivi par hasard la présentation j'ai eu envie de le voir, moi qui regarde rarement la télé le soir, et j'en reste encore sous le charme.
         L'introduction et la conclusion sont le Prélude de l'Or du Rhin de Wagner, et ce prélude, qui dans l'Opéra évoque la Nature originelle qui dort dans le sein des eaux profondes du Rhin, nous transporte aussitôt dans un état de paix, retranscrit en images... Les indiens d'Amérique se déplacent sans bruit, presque en dansant, au milieu des arbres ; et à la fin, pour la reprise du thème à la fin du drame, il ne restera plus que les arbres. Une opposition très nette est faite entre les anglais, qui arrivent avec leur civilisation et se montrent prétentieux, cupides, paresseux, faux, et les indiens qui vivent en harmonie avec la nature, et sont contemplatifs, loyaux, joueurs. Ce prélude de l'Or du Rhin fait résonner en nous cette notion de "paradis perdu".... qui n'est retrouvé que lorsque, avec la mort, la nature nous survit.


Sur Youtube, le début du film.
Vous y trouverez un lien vers le Prélude de l'Or du Rhin en version orchestrale
, qu'il ne faut surtout pas suivre car c'est joué sur un synthé !! Préférez-lui celui-ci, vers le Prélude tel qu'il a été écrit par Richard Wagner (du moins jusqu'à 5'22, car ensuite il y a un arrangement pour la version "concert", le prélude enchaînant directement sur la scène 1)

     Bien sûr il y a une histoire : c'est la figure centrale de cette princesse indienne (Pocahontas) trompée par un aventurier anglais à qui elle s'est donnée. Et en filigrane, toute la colonisation est esquissée, montrant la juste méfiance des tribus indiennes à l'égard des envahisseurs qui n'ont pour but que de trouver de l'or. Le film souligne avec force la différence de rythme qui existe entre la vie des colons (habillés, agités, avinés ou cancannières pour les femmes qui bientôt arrivent) et celle des indiens ou même de l'héroïne lorsqu'elle se retrouve seule (nus ou presque, paisibles, adressant des prières à la Grande Mère avec des gestes lents des bras).
        Je n'avais pas ressenti une telle émotion depuis "La Forêt d'Emeraude" (dont peut-être il y a là quelques souvenirs). Le film est profondément contemplatif, contrairement à "Mission", par exemple, qui n'est d'horreurs et brutalités.


Photo "Allociné"
Par Martine Maillard - Publié dans : Pensées, réflexions
Donnez-moi votre impression ! - Voir les 5 petits mots
Retour à l'accueil

Commentaires

Bonjour ,

Merci pour votre artcile , et les superbes photos ...

Ce Jour - Là ?! Comme par magie , il y avait : La beauté , l'éclat , les couleurs , la lumière ...

Afin Que ... çA Phot ' Aux Yeux ...!

A+ de vous relire , Sincère Salutations ... Abraham . S
Commentaire n°1 posté par Abraham Soubrie le 14/05/2009 à 08h20
cela va t'étonner, j'avais adoré le dessin animé Pocahontas ( à la sibelle musique magiquement chantée) et regardé si souvent avec nos enfants. j'ignorais totalement que ce personnage avait existé.
Oui, le génocide des Indiens d'Amérique est quelque chose dont on parle peu, et pourtant des voix s'élèvent dans ces peuples dont je descend d'une manière très directe puisque mon arrière grand mère maternelle était Cheyenne ( d'ailleurs c'est un Cheyenne et j'en suis fière qui tient le poste de conservateur du musée des arts premiers de New York) .

mais lorsqu'ils obtiennent des concessions, aussitôt tout est pourri par des promoteurs immobiliers et à grand spectacle qui font du Disney live, de l'exotisme de pacotille. Bref une ou des cultures qui se meurent... Quel dommage.

merci pour la musique si belle et l'idée de film à aller voir ou à se commander;
Commentaire n°2 posté par Viviane le 14/05/2009 à 09h33
Oui, moi aussi j'avais vu le dessin animé de Disney, à cause de mes filles, mais franchement il ne m'avait laissé aucun souvenir, car en général tous les nouveaux Disney me déplaisent. De plus, je ne savais pas (comme toi) que le réalisateur s'était inspiré d'un histoire réelle, et je m'étonnais d'autant plus de ce film - alors que les Disney traditionnels partent de contes. Mais ici, cela n'a rien à voir. Loin de ce déluge d'effets de type "music-hall" destinés à accrocher le plus large public, on a un film à thème - la quête de l'innocence et du contact étroit avec notre nature profonde - avec des échos culturels importants - comme ce Prélude de L'or du Rhin qui occupe une place prépondérante, à la fois pour évoquer la paix, l'état contemplatif, et pour rappeler que notre Mère, c'est l'eau, et que nous en sommes issus pour nous élever comme les arbres.
Réponse de Valentine le 14/05/2009 à 21h10
Comme tu en parles Valentine...Envie de le voir .
Commentaire n°3 posté par Marlou le 14/05/2009 à 20h41
Oui, je pense qu'il te plairait. J'ai été saisie par cette présence de l'âme contemplative, et par cette nostalgie d'une société innocente, proche de la nature... à laquelle le héros, John Smith, n'ose croire et qu'il appelle "un rêve". Cela me rappelle le poème de Baudelaire :
"Le vert Paradis des amours enfantines"
En effet, à la relecture à travers "Allociné", je découvre que Pocahontas est censée avoir entre 12 et 15 ans, alors que John Smith a 28 ans, et donc se ressent par rapport à elle comme un père.
Réponse de Valentine le 14/05/2009 à 21h04
J'ai également vu ce film, quel contraste entre les occidentaux et ces tribus indiennes vivant en osmose avec la nature. Monde où vas-tu ?
Commentaire n°4 posté par Patrick le 17/05/2009 à 23h15
Les films contemplatifs de Terrence Malick, amlgré certaines longueurs je trouve, sont puissants ! J'espère que tu as vu la ligne rouge (The thin red line) du même style avec des images à couper le souffle. La photographie de ses films est sublime. J'en chiale encore ;)

Et il est vrai de le prélude de Rheingold est en harmonie avec les longues contemplations malickiennes et invite à se rendre dans les profondeurs de nous-mêmes. Introspection fortement évidente chez Malick par les voix off de ses personnages.


Ravi que cela t'ai plû.
Commentaire n°5 posté par Lyriann le 12/06/2009 à 09h39

Mes textes sur internet

Pour lire ou télécharger mes poésies, récits et nouvelles, cliquez sur le lien ci-dessous

Mes oeuvres sur In Libro Veritas

Mes textes sur papier

Editions Stellamaris

  Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil

Renaître.

RenaitreVous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Le petit train

Le Petit Train du Paysan, 4e partie de la Bachianas Brasileiras n°2 de Villa-Lobos.

Dérives rêvées

  • Ch-teauPentec-te09-04.jpg
  • Ch-teauPentec-te09-09.jpg
  • tempete-PointeduRaz.jpg
  • Rouen-déc09-cathédrale-10
  • Issoudun-château d eau
  • Issoudun-PontStPaterne-fév12

Une revue à découvrir

couv-Shizen9.jpg
   Découvrez une revue jeune et pleine d'avenir ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

    Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).

    Ici la couverture du dernier n° paru.
   Sur le site vous pouvez vous abonner, acheter les numéros en PDF ou en version papier (franco de port), ou consulter en ligne des extraits de différents numéros.

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés