L'âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

  "Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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Inspiration

  
L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Saint-Jean  III, 8    

 

   

(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet) 

        

 

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Jeudi 30 juin 2005 4 30 /06 /2005 14:29

(Apollon rivalisant avec un merle)

 

Vous savez sans doute que la poésie en Grèce était toujours chantée, accompagnée de la lyre ou de la cithare. Nous avons pu retrouver les textes, dont la versification atteste d'un rythme très étudié, nous avons également le témoignage des auteurs et celui des vases peints ou des fresques et bas-reliefs ; mais de la musique elle-même, aucune trace !... Jusqu'à cette "épitaphe" (c'est-à-dire une inscription sur un tombeau) datant du 1er siècle après JC, qui elle enfin, indique des notes. Et elle se chante ! En effet, pour les Grecs initiés aux Mystères Orphiques, la mort n'était pas triste, ce n'était qu'une renaissance.


     C'est pourquoi d'ailleurs sur la tombe où repose Seikilos il est aussi écrit :
"Seikilos, fils d'Euterpos, vit...

 


 

Ci-dessus, la colonne funéraire.

Ci-dessous, l'inscription décryptée : au-dessus des lettres, en capitales, on voit d'autres petits signes : ils représentent les notes de musique. (Images tirées du site).


 

 

Ma traduction en vers :

 

Tant que tu vis, sois rayonnant,

Ne pleure pas outre mesure ;

A pas comptés marche le temps,

De tes jours réclamant l’usure.

Traduction de Martine Maillard

Tous droits réservés

Ma seconde traduction, moins fidèle mais de loin ma préférée :

Que toute ta vie soit lumière !

Ne t'afflige jamais longtemps.

La vie est chose passagère :

     Son terme est fixé par le temps...

 

Traduction de Martine Maillard

Tous droits réservés

 


Quant à la musique... eh bien, peut-être peut-on l'entendre ?

Clique sur ce lien et essaie...  Mais le son semble bloqué. (1)

 

Voir aussi  sur celui-ci , en descendant, plage 11. Mais je trouve leur interprétation bien triste ; il faut dire que le rythme est à 3 temps, et que pour moi, c'est presque une valse ! Je le chante 2  fois plus vite.

 

Extrait du livre de Paule Druilhe : "Histoire de la Musique"

(Hachette, 1966), p. 22.

 

      Sur le premier site vous avez également la traduction de Théodore Reinach, extraite de "La musique Grecque" paru chez Payot en 1926 (abusivement transformé en "Emile Martin" !!), traduction littérale qu'il  faut bien sûr consulter pour la comparer avec mes traductions. C'est celle que vous lisez ci-dessus, dans le livre de Paule Druilhe. Emile Martin, mis à part le fait qu'il signe de mon prénom (MARTIN E.), n'a jamais été ni hélléniste, ni musicologue  : c'est une simple compositeur qui a écrit quelques adaptations...

 


Publié dans : Poètes antiques traduits ou adaptés - Par Martine Maillard
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