Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)
A force de poursuivre ma lecture des commentaires dans Youtube, j'ai fini par découvrir qu'en effet cet enfant n'a pas reçu une éducation dirigiste ; mais en fait il se passe quelque chose qui alerte.
Sa mère, qui ne semble pas vivre en couple, a trois enfants dont l'aîné compose (ses compositions, peu originales, sont sur Youtube), et dont la cadette est une fille. Il est apparemment entre les deux. Elle a écrit un livre qui s'intitule à quelque chose près : "Elever ses enfants, c'est s'élever soi-même", et en fait le commentaire dans une vidéo visible sur le site, en vantant son principe absolu de "laisser les enfants entièrement libres de faire ce qu'ils veulent", considérant que la "nature en eux" est seule juge de leurs véritables besoins ; même si, par exemple, Oliver bat sa petite soeur : elle n'intervient pas, c'est LEUR problème.
Sans vouloir jouer les "petits psychanalystes" (mais je ne me cache pas d'être d'une génération éprise de psychanalyse), je crains que le jeune Oliver ne soit sans même le savoir le pur produit du rêve de sa mère, et qu'il n'en paie un jour lourdement les conséquences.
Ne serait-ce que, comme me le disait un ami musicien, en plafonnant désespérément dès l'âge de 16 ans, et en s'effondrant ensuite parce que d'autres vont alors le rattraper, et lui causer une concurrence qu'il ne supportera peut-être pas.
Qu'en pensez-vous ?
Evidemment, je vous avoue que je suis conquise par ce gamin et souhaite de tout mon coeur qu'il trouve les soutiens nécessaires et devienne un grand concertiste, ou peut-être un grand chef d'orchestre ou un grand compositeur.
Commentaires
Maintenant, pas de limite imposée et expliquée à l\\\\\\\'enfant, et ce dernier risque de cheminer sans conscience... En matière d\\\'éducation, chacun fait ses choix, peut-être est-ce la musique qui cadre la gosse ? Il risque fortement de devenir imbuvable...
(site web)
le: 07/10/2007 18:49:48 ce que tu précises me fait froid dans le dos
il y avait un très grand pianiste français, qui ne jouairt que du contemporain, dont je ne me souviens plus le nom car trop fatuguée ces jours (sourire)
qui a hélas payé d'avoir été ainsi monté au pinacle dès quinze ans... A vingt et deux, on ne parlait plus de lui, il est ressurgi vingt ans plus tard, ayant enfin appris l'humilité et trouvé sa place. oui, je souscris à tes craintes concernant ce gosse, quand une mère prend son môme pour objet transitionnel, c'est grave...
Mais il n'est pas seul ! Ma mère, née en 1925, m'affirme que dans les années 30 on a exhibé une jeune prodige de 7 ans qui jouait je ne sais plus quel concerto de Beethoven (?) au piano, et que donc le phénomène n'est pas nouveau.
PS : à relire le site indiqué en lien sur JB Pommier, je remarque qu'il a "disparu" le temps de faire une carrière internationale, et rapprochant cette donnée des confidences livrées par Hélène Grimaud (qui ne peut vivre en Europe malgré son adoration pour ce continent où se trouvent ses racines), je dois avouer qu'il n'est pas très bon d'être une vedette en France, mais qu'en Amérique tout devient différent, ce qui change totalement le problème en ce qui concerne le jeune Oliver.
(site web)
le: 08/10/2007 18:31:33 Je ne fais pas de pronostic absolu, pas plus que pour France-Angleterre de samedi prochain, mais je crois sincèrement que ce jeune garçon est littéralement habité par la musique (comme l'a très bien souligné Martine la Pèlerine) et je pense qu'il va nous sortir des interprétations sublimes - surtout au violoncelle - dans très peu d'années.
Sa passion, qui envahit son corps, me rappelle celle de Roberto BENZI quand j'étais jeune moi aussi.
En plus, le violoncelle, c'est mon instrument de rêve ! Celui que je n'ai jamais pu tenir dans mes bras pour cause de vie en pensionnat fruste et sans accès à la moindre culture.
La manière dont la mère d'Oliver laisse aller ses penchants naturels me paraît à la fois judicieuse pour lui, mais pas du tout pour ses rapports avec les autres.
Les deux instruments enfin ? Le cerveau d'un jeune de 4, 6 ans est tellement plastique qu'il n'y a aucun problème, aucune limite, si ce n'est celle du talent ! Tous les grands talents se forgent à cet âge et le corps calleux traite (en grossisssant singulièrement) tous les échanges entre l'hémisphère droit et l'hémisphère gauche du cerveau. Il en est de même pour les très grands joueurs de tennis ou d'échecs.
cf:
When he hurt his brother, I would stop him gently, give love, and say "You are a wonderful person. I see that you want to hurt your brother. It is normal to feel that way. I love you just the same when you are hurting him, but we cannot hurt him. When you grow up you'll be able to control yourself. For now I'll help you." And I helped him until he recovered his exuberance and love of life, of himself, and of his brother.
Par ailleurs, s'il est patent que tous les jeunes prodiges ne deviennent pas de grands musiciens, il y a peu de grands interprètes de niveau international qui n'aient pas été préalablement de jeunes prodiges (sauf dans la musique baroque).Quant aux dégâts éventuels d'une éducation à la maison (habitude insuffisante de la confrontation aux autres) ils doivent être mis en balance avec les dégâts tout aussi problématiques d'une scolarité malheureuse, qui est souvent le lot des enfants trop "différents" de leurs camarades du même âge...
JD
(site web)
le: 07/12/2007 09:48:12 S'il a de la compétition (et les autres devront se lever tôt) qu'importe...il aura servi la musique et aura ravi des millions d'oreilles..... Dans les commentaires j'ai lu plus de pensées envieuses que de musique...étrange!!!!








a moment donné le courant de pensée c'était de laisser faire les enfants, courant de pensée implantée par un patriarche Superviel me semble t-il.
la psychanalyse est venue contre carré tout cela, mais n'a pas apporté que du postif. Je suis en train de remettre en question le concept même de l'oedipe.. c'est induit dans mon livre sur les thérapies.
De toute façon, les parents quoiqu'ils fassent supporteront toujours la bêtise des autres et leur conséquences.. mais de là à tout laisser passer, je dis non. Assumons nos responsabilités comme nous le pouvons.
clémentine S
Entre nous soit dit, c'est Jean-Jacques Rousseau qui prétendait que les enfants avaient en eux une nature "bonne" qu'il fallait laisser s'épanouir ; mais il paraît qu'il a odieusement laissé tomber ses propres rejetons, ce qui l'a totalement discrédité aux yeux de la postérité.