L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

Présentation

  
L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  
Dimanche 7 octobre 2007 7 07 /10 /Oct /2007 19:05
Une reprise intéressante, mais controversée...

    Hier soir, en allumant mon poste de radio sur France Musique, j'eus la surprise de découvrir une musique inconnue, mais superbe, et qui me tint sous le charme aussitôt. Je pariai d'abord, dans mon ignorance, pour de la musique anglaise (style Lord Elgar...) ; mais bientôt des voix féminines s'exprimèrent en français, ce qui m'orienta vers un opéra du début du 20e siècle : mon attention était piquée. J'entendis prononcer le nom de Mélisande, et le thème du Pelléas de Debussy retentit à l'orchestre, ce qui me plongea dans des abîmes de perplexité : Pelléas et Mélisande ?? Y aurait-il tant de passages que je n'en connaîtrais pas ?
- Non, ce n'était pas possible, la texture musicale, l'ambiance orchestrale n'avaient rien de debussyste ; j'hésitais sur une transition étrange entre Massenet et le jeune Messiaen. Qui pouvais-je ignorer à ce point, qui n'était ni Albert Roussel ni Poulenc, mais cependant me semblait largement les égaler ?... Là-dessus, coup de théâtre : j'entends formuler le prénom d'Ariane ; s'agirait-il du mythique opéra de Paul Dukas Ariane et Barbe-Bleue, dont j'avais entendu parler mais ne savais rien du tout ?

    Ouvrant internet, je découvris qu'en effet il s'agissait bien de la dernière représentation, à l'Opéra Bastille, d'Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas.

(cliquez sur la photo pour rejoindre Wikipédia)


    Né à Paris le 1er octobre 1865 et mort en cette même ville le 17 mai 1935, Paul Dukas aurait pu voir ces jours-ci célébrer son anniversaire. C'est en effet un musicien bien méconnu, et en bonne partie par sa faute si j'ai bien compris : en effet, doutant de lui, il aurait jeté la plupart de ses oeuvres, et certaines auraient même été sauvées par ses élèves.
    On le connaît surtout pour l'Apprenti Sorcier ; mais pour qui écouterait son ballet La Péri (l'histoire d'une fée entraînant à la mort les voyageurs passant dans ses parages, en les faisant danser jusqu'à épuisement), ou encore sa Symphonie en ut, il apparaît vite comme un musicien de premier plan, malgré sa maigre production - ou du moins ce qui nous en reste. D'ailleurs, n'a-t-il pas été le maître en composition musicale d'Olivier Messiaen, qui le tenait en haute estime ? C'est pourquoi sans doute j'avais cru retrouver dans « Ariane » l'ambiance orchestrale des premières compositions de ce dernier.

    Ariane et Barbe-Bleue, qui date de 1907, est un conte d'inspiration contemporaine écrit par le symboliste Maurice Maeterlinck - d'où l'allusion au personnage de Mélisande - qui imagine en Ariane une jeune femme déterminée à refuser la domination de son mari, et donc à s'émanciper ; sixième épouse du célèbre monstre de Charles Perrault,  elle pousse ses soeurs (qui ne sont pas mortes, mais simplement soumises), à se libérer, à fuir l'emprise d'un maître illégitime. Mais elle n'y réussira pas, et partira seule - d'où le sous-titre ajouté parfois :  « le refus de la délivrance ». (Voyez ici la présentation de l'oeuvre, et , la présentation de la reprise à l'Opéra Bastille).

    Malheureusement, si l'oeuvre m'apparut splendide à l'oreille (tout au plus dirais-je que je comprenais mal les propos de l'héroïne, son interprète étant anglaise), je découvre sur le net un déluge de critiques, plus généralement orientées contre la mise en scène (en voici un exemple fort négatif, puis voici l'article du Monde, plus modéré, et enfin l'avis du Figaro, le plus positif). Heureuse étais-je donc, d'avoir pu profiter d'une retransmission toute naïve, où liberté m'était laissée d'imaginer les décors !

    Nous pouvons les retrouver sur le livret ici, mais aussi déguster la musique grâce aux enregistrements qui en existent. Par exemple celui-ci, où l'on voit - pour revenir à mon point de départ - l'intérêt porté par les anglais à ce type de partition : heureusement que nous les avons pour sauvegarder nos chefs d'oeuvres oubliés !...

(cliquez sur l'image pour trouver des extraits à écouter)



    Il ne me reste plus qu'à attendre la reprise au Châtelet de « Padmâvatî » d'Albert Roussel - autre chef d'oeuvre méconnu.
Par Martine Maillard - Publié dans : Musique
Donnez-moi votre impression ! - Voir les 3 petits mots
Retour à l'accueil

Mes textes sur internet

Pour lire ou télécharger mes poésies, récits et nouvelles, cliquez sur le lien ci-dessous

Mes oeuvres sur In Libro Veritas

Mes textes sur papier

Editions Stellamaris

  Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil

Renaître.

RenaitreVous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Le petit train

Le Petit Train du Paysan, 4e partie de la Bachianas Brasileiras n°2 de Villa-Lobos.

Dérives rêvées

  • Rouen-déc09-cathédrale-15
  • Ile de Bréhat
  • SeinePentec-te09-02.jpg
  • Fontainebleau-280209-060.jpg
  • ND-Sacré-coeur
  • Fontainebleau-avril11-18

Une revue à découvrir

couv-Shizen9.jpg
   Découvrez une revue jeune et pleine d'avenir ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

    Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).

    Ici la couverture du dernier n° paru.
   Sur le site vous pouvez vous abonner, acheter les numéros en PDF ou en version papier (franco de port), ou consulter en ligne des extraits de différents numéros.

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés