Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
DIDON (parlant comme en songe)
Pluton... semble m’être propice...
En ce cruel instant... Narbal... ma sœur
C’en est fait... achevons le pieux sacrifice...
Je sens rentrer le calme... dans mon cœur.
(Deux prêtres portant le premier autel s’avancent de gauche à droite, deux autres portant le second s’avancent de droite à gauche et font en se croisant ainsi le tour du bûcher. Didon, le pied gauche nu, les cheveux épars, après avoir déposé sur l’un des autels sa couronne de feuillage, le suit d’un pas saccadé. Pendant ce mouvement processionnel, Anna est à genoux à droite de la scène et Narbal à gauche. Entre eux le grand-prêtre de Pluton, debout, étend, en la tenant des deux mains, la fourche plutonique vers le bûcher. Enfin, saisi d’une énergie convulsive, Didon monte d’un pas rapide les degrés du bûcher. Parvenue au sommet, elle saisit la toge d’Énée, détache le voile brodé d’or qui couvre sa tête, et les jetant l’une et l’autre sur le bûcher, elle dit:)
D’un malheureux amour, funestes gages,
Dans la flamme emportez avec vous mes chagrins !
(Elle considère les armes d’Énée.)
Ah !
(Elle se prosterne sur le lit, qu’elle embrasse avec des sanglots convulsifs. Elle se relève et prenant l’épée elle dit d’un ton prophétique :)
Mon souvenir vivra parmi les âges.
Mon peuple accomplira d’héroïques destins.
Un jour sur la terre africaine,
Il naîtra de ma cendre un glorieux vengeur...
J’entends déjà tonner son nom vainqueur.
Annibal ! Annibal ! d’orgueil mon âme est pleine !
Plus de souvenirs amers !
C’est ainsi qu’il convient de descendre aux
enfers.
(Elle tire l’épée du fourreau, se frappe et tombe sur le lit.)
TOUS
Ah ! au secours ! au secours ! la reine s’est frappée !
(Narbal sort comme pour aller chercher du secours.)
CHŒUR (derrière la scène et accourant)
Quels cris ! ah ! dans son sang trempée
La reine meurt !
(Narbal rentre, le grand chœur entre en scène.)
Est-il vrai ? jour d’horreur ! malheur !
DIDON (se relevant appuyée sur son coude)
Ah !
(Elle retombe.)
ANNA (sur le bûcher)
Ma sœur !
(Didon se relève.)
DIDON
Ah !...
(Elle lève les yeux au ciel et retombe gémissant.)
ANNA
C’est moi,
C’est ta sœur qui t’appelle...!
DIDON (se relevant à demi)
Ah ! Des destins ennemis... implacable fureur...
Carthage périra !!
On voit dans une gloire lointaine le Capitole romain au fronton duquel brille ce mot : ROMA. Devant le Capitole défilent des légions et un empereur entouré d’une cour de poètes et d’artistes. Pendant cette apothéose, invisible aux Carthaginois, on entend au loin la Marche troyenne transmise aux Romains par la tradition et devenue leur chant de triomphe.
DIDON
Rome... Rome... immortelle !
(Elle retombe, et meurt. Anna tombe évanouie à côté d’elle. Le peuple de Carthage, s’avançant vers l’avant-scène et tournant le dos au bûcher, lance son imprécation, premier cri de guerre punique, contrastant par sa fureur avec la solennité de la Marche triomphale.)
Le rideau tombe sur la glorification de Rome au son de cette marche un peu convenue, et que j'ai coupée.
Enée et Didon, par Guérin (1815)
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Découvrez une revue jeune et pleine d'avenir ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
Ici la couverture du dernier n° paru.
Sur le site vous pouvez vous abonner, acheter les numéros en PDF ou en version papier (franco de port),
ou consulter en ligne des extraits de différents numéros.
bonne nuit
clem
Mais note que Anna et Narbal font tout ce qu'ils peuvent pour détourner la reine de ses intentions, et qu'elle réussit à les tromper.
Bisous et bonne journée,
Sandra
juste ceci: c'est exact que les anglais adorent la musique française, ils sont les premiers acheteurs de Berlioz, Bizet et Ravel... Pauvres de nous qui avons négligé l'enseignement musical pour tous chez nous...
Merci de cette page qui complète magnifiquement la mienne...