Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Continuons à brosser une rétrospective de mes aventures en reculant dans le temps...
Avant-hier, je me suis rendue à Fontainebleau pour assister à un concert donné en mémoire de mon père par son successeur au lycée François Ier de cette ville.
En effet, Jean-Jacques Prévost a pris la succession jusqu'en 2007 de mon père dans la section A3 musique qu'il avait créée aux tous débuts de son histoire (elle s'appelait alors A6). Et de même qu'Eric Lebrun, ancien élève de mon père, est venu lui rendre hommage en exécutant pour nous le Choral du Veilleur de Jean-Sébastien Bach aux grandes orgues de l'église de Saint-Louis, de même Jean-Jacques Prévost, animateur d'une chorale remarquable (Laudate Dominum), a pu trouver parmi ses anciens élèves l'essentiel des musiciens qui constituent son orchestre dans cette majestueuse prestation, ainsi qu'au moins l'une des voix solistes.
Dans l'église comble, chacun a retenu son souffle de la première à la dernière seconde... Et ce n'est qu'après de nombreux rappels que nous pensâmes à prendre quelques photos durant l'exécution en bis du dernier verset du Credo :
« Et exspecto resurrectionem mortuorum, et vitam venturi saeculi - Amen »
« Et j'attends la
résurrection des morts, et la vie du monde à venir - Amen »
Cette oeuvre magistrale d'une durée de deux heures est une des rares compositions du Maître de Leipzig sur un texte latin destiné à l'Eglise Catholique ; et si certains le trouvent plus convaincant dans ses cantates ou ses Passions, je trouve pour ma part beaucoup de points communs entre ces pages et celles du Magnificat, qui est sans nul doute l'un des chefs d'oeuvre du Kantor. Dans tout ce qui concerne la religion et la spiritualité, Bach conserve la même puissance incomparable.
La première photographie était prise en "haute définition" ; celle-ci est prise au
flash... Comparez. Les deux peuvent être agrandies (ainsi que la dernière ci-dessous) et si vous agrandissez, celle-ci sera de meilleure qualité quoique l'autre reflète mieux la véritable
luminosité du lieu. Ainsi vous pourrez apercevoir à droite du mollet droit du chef d'orchestre, sous le pupitre, le hautbois d'amour dont je vous parle plus
bas.
Voici l'un de mes passages préférés, le premier verset du Sanctus, interprété ici par "The Sixteen" sous la direction de Harry Christophers.
« Sanctus, sanctus, sanctus, Dominus deus Sabaoth ! Pleni sunt caeli et terra gloria ejus »
Il s'agit d'un extrait du Gloria :
« Qui sedes ad dextram Patris, miserere nobis »
« Toi qui es assis à la droite du Père, prends pitié de nous »
De gauche à droite : Emilie Rose Bry
(soprano 1), Dominique Mc Cormick (soprano 2), Jean-Jacques Prévost (chef d'orchestre), Sophia Castiello (alto), Gil Chazallet (ténor), et Olivier Ayault (baryton).
Aux éditions Stellamaris vient de paraître mon recueil
Renaître.
Vous pouvez le feuilleter et vous le procurer à cette page.

Découvrez une revue jeune et pleine d'avenir ! (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Parvenue à son n°9, Shi-zen, ou "le féminin éthique et pas toc", est un magazine attrayant écrit par des femmes mais aussi par des hommes, pour des femmes mais aussi pour des hommes, dans une optique résolument écologique (imprimée sur papier recyclé bien sûr).
Ici la couverture du dernier n° paru.
Sur le site vous pouvez vous abonner, acheter les numéros en PDF ou en version papier (franco de port),
ou consulter en ligne des extraits de différents numéros.
un bel hommage à monsieur Maillard, ton père.
Je comprends ton goût de la musique, de la culture.
Superbe
clem
Merci.
cela devait être vraiùent émouvant...
besos
tilk
Tout à fait...
je comprends ainsi mieux ce qui te construit,
merci de partager ce moment d'émotion avec nous
doux bisous à toi
une génération plus tard, paix à son âme et à ceux qui l'ont connu.
Merci Mamalilou ! Pour son âme, je ne me fais pas de souci... C'est surtout ma mère qui est seule depuis si longtemps et a besoin de cet échange. Et ce sont aussi tous les anciens élèves devenus musiciens confirmés et toujours fidèles qui sont émouvants.
Une belle soirée donc et qui a dû être pleine d'émotion pour vous tous. bravo pour els photos aussi qui donnent idée de 'lampleur du lieu, tout à fait adaptéà la majesté de l'oeuvre. je ne suis pas fan des passions de Bach, alors que le magnificat est une splendeur d'un bout à l'autre. Je reviendrai écouter tranquillement cette messe, jamais écoutée entièrement non plus mais dont ce que tu nous dit donne faim de découvrir...
C'est Robert qui préfère les Passions ; mais finalement j'ai lu par hasard sur la toile que bien des gens considèrent cette Messe comme l'un des sommets de l'art de Bach. Pour ma part je l'aime énormément (c'est une des raisons qui m'a décidée à entreprendre ce voyage), et ma mère qui la connaît encore mieux pour en avoir chanté des extraits dans sa jeunesse et qui en possède la partition "piano", m'a appris qu'il y avait là un vrai challenge pour les soprans, qui chantent extrêmement aigu (couramment sol et la), avec plusieurs si naturels qui même pour les choeurs professionnels sont toujours un peu accrobatiques. Je n'ai pas bien réalisé où, il faudra écouter avec attention. D'autre part il y a fréquemment une division des soprans entre 1 et 2, ce qui fait des choeurs à 5 voix ; et dans le "Hosanna in excelsis", les choeurs sont séparés en deux (je crois qu'ils se répondent ?) ce qui fait "huit" voix !
Jean-Jacques Prévost a réalisé là avec sa chorale (travail d'une année) une prestation vraiment remarquable. Cependant les choristes, comme toujours déséquilibrés entre femmes et hommes (deux fois plus de femmes !) et très nombreux nous ont paru moins brillants que l'orchestre, formé de gens très compétents mais ne vivant pas toujours de ce métier (ou encore étudiants), et bien sûr que les solistes, parmi lesquels l'excellente alto avait été ... choriste professionnelle (choeurs de l'Opéra de Paris, de Radio-France).
... surtout à ceux et celles qui l'ont connu donc... et aimé... bien sûr...
bisous
passionnant article!! merci de mettre en valeur ce haubois d'amour dont le nom est aussi beau que la sonorité
et merci pour bach.... sans qui je ne pourrais pas vivre....
Je le connais bien car le père de mes enfants en jouait... et peut encore en jouer à l'occasion. Je lui consacre un blog ici.
Bonjour,
Jean Maillard n'était pas seulement mais le professeur mais l'ami de ses élèves, je travaille toujours aujourd'hui avec ses cours et ses ouvrages
Amitiés
Je vous remercie infiniment de votre visite et de ce commentaire qui me touche beaucoup. Mon père était en effet un enseignant aussi riche que passionnant, et l'amitié que conservent ses anciens élèves avec ma mère en est une des preuves.