L'Âme du poète

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  
Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 16:30
        Voici la surprise (la première) annoncée hier... Elle est le résultat de mon travail acharné de la semaine, entre autres activités.
       En effet, j'ai deux petits-fils que vous connaissez déjà (voir la rubrique "les aventures de Merlin et de Samson", sur ce blog - sachant que sur le bandeau du haut de cette page vous avez déjà Merlin lorsqu'il était petit) ; et pour eux, à la demande de leur maman, j'ai transcrit sur CD une très mauvaise bande magnétique issue d'un très vieux microsillon que nous avions trouvé aux Puces de Saint-Ouen dans les années 70 :
"Tchouk et Ghek : les aventures de deux petits diables,
sur une musique de Serge Prokofiev".


Tchouk&Ghek

      Le dépoussiérage numérique est pratiquement impossible, mais je m'y suis attelée au moins au niveau du bruit de fond, des accrochages de sillons et des craquements les plus évidents (notamment durant les silences). Et cela m'a permis de ressusciter une oeuvre totalement oubliée pour l'instant, si ce n'est apparemment dans cette médiathèque de Belgique. Même dans les catalogues d'oeuvres de Prokofiev on ne le trouve pas, alors que l'on trouve "le Bûcher d'Hiver", oeuvre comparable parce que le compositeur a apparemment réutilisé des thèmes de l'un dans l'autre (voyez sur Wikipedia dans le catalogue chronologique au n°122).

    J'ignore pour quelle raison "le Bûcher d'Hiver" est mieux diffusé : en effet on me l'avait offert sous la forme d'un microsillon 25 cm lorsque j'étais enfant (dans les années 50-60), et aujourd'hui je le trouve ici en CD. Or je peux vous dire qu'enfant je n'ai jamais accroché à cette histoire qui m'était incompréhensible : j'aimais ce disque pour sa musique, certes, mais je ne voyais aucun intérêt à produire un conte dans lequel simplement on voyait toute bande de gamins (une école ? Une classe ? Un centre aéré ?) prendre le train pour gagner la taïga et simplement y faire un grand feu de joie et chanter des airs slaves.
     Finalement, tout cela était de la propagande soviétique, point. Et le disque a dû intéresser les petits russes car cette tradition d'un feu de joie en hiver était peut-être aussi ancrée chez eux que chez nous le sapin de Noël.

     Toujours est-il que pour nous européens, Tchouk et Ghek - même s'il répond lui aussi à un désir de propagande - est beaucoup plus intéressant, car au moins il raconte une histoire.1


       La voici :
 
  Tchouk, petit garçon rondouillard d'environ sept ans (déjà responsable !) et Ghek, son petit frère d'environ quatre ans (un vrai petit coquin !) vivent seuls à Moscou avec leur Maman, car leur père a été envoyé en Sibérie pour diriger une base de prospection géologique. (Ils cherchent du gaz ???). C'est l'hiver et apparemment, si Noël n'existe pas pour les soviétiques, on fête par contre le Nouvel An. 
     Ce matin-là, la mère est sortie et les deux gamins se disputent des billes et une boîte de cirage (qui sert à Tchouk pour cacher tous ses trésors) quand on sonne à la porte : c'est le facteur. Il apporte une lettre. Comme ni Tchouk ni Ghek ne sait lire, ils attendent le retour de leur mère pour apprendre que leur père, retenu en Sibérie, les invite à venir y fêter le Nouvel An avec lui.
      Sautant de joie les gosses prient leur mère de partir au plus tôt ; mais celle-ci considère que trois jours sont nécessaires pour les préparatifs, et calculant que le voyage de plusieurs milliers de kilomètres nécessite encore trois jours de chemin de fer, elle court télégraphier à son mari la date prévue de leur arrivée.
         Trois jours plus tard, les bagages enfin prêts, elle vient juste d'abandonner ses enfants le temps d'acheter les billets à la gare, quand le facteur passe  de nouveau avec un télégramme. Tchouk, averti de son importance par le préposé, le range soigneusement dans sa boîte pour ne pas le perdre. Hélas, bientôt une nouvelle dispute éclate entre les deux gamins, qui se termine par le geste irréparable de Ghek : il jette la boîte "chérie" de son frère par la fenêtre. Aussitôt Tchouk, terrifié, le rappelle à la raison. Vite, ils descendent dans la rue à la recherche du télégramme. Hélas, la boîte s'est ouverte, le télégramme s'est envolé dans la circulation, la neige l'a enterré... ou même quelqu'un l'a peut-être ramassé ? Rien à faire pour le retrouver. Les enfants décident donc de ne rien dire à leur mère : ne parler de rien, ce n'est pas mentir, n'est-ce pas ?

...La suite prochainement !


       Et voici maintenant le début de ce charmant conte, dans lequel finalement le plus délicieux personnage est celui de Ghek, l'adorable polisson, dont je vous donnerai à entendre quelques jolies réflexions.




Casting... :
Histoire composée par
Arkhadi Gaïdar.
Adaptation et dialogues de Muse Dalbray.
Tchouk : Le petit Jean-Paul .
Ghek : Le petit Bruno.
Nadia Séréguine, la maman : Muse Dalbray.
Le facteur : Marc Dechaume.
Disque "Le Chant du Monde", collection "Un Jour de ma Vie".
Année ???
Maquette de couverture (image ci-dessus) : Max Brun (? Malheureusement l'état de la couverture nous a obligés à y apposer de gros adhésifs qui cachent les coins).

1 J'ai trouvé la réponse à mes interrogations après observation du microsillon que l'on m'a rapporté : finalement, ce conte n'est pas une "oeuvre" de  Serge Prokofiev, mais un conte adapté pour l'enregistrement radiophonique, auquel on a ajouté la musique de celui-ci en fond sonore, probablement empruntée au "Bûcher d'Hiver" (mais comme là encore je ne l'ai plus sur moi, je ne peux vérifier totalement).
Par Martine Maillard - Publié dans : Citations
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