Inspiration
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Saint-Jean III, 8
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Saint-Jean III, 8
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Vue de la Baie de Bréhec par le versant de Plouha, sur la Pointe de la Tour
On marche vers la mer
Ici c'est la campagne
Et devant le grand large
L'évasion et l'envol
Aile blanche debout
Du bateau minuscule
Point blanc sur la corniche
De la pointe d'en face
Vous n'êtes rien auprès
De mon rêve présent
Je vole sur la mer
Je suis un cormoran
Pétarades, vrombissements ;
Cataractes, grondements ;
Dans l’après-midi paisible,
L’autre nous a pris pour cibles.
L’orage est pourtant passé !
Le tonnerre s’est lassé,
Mais il faut qu’il éclabousse
Notre sieste bien trop douce.
Et ça monte et ça descend,
Ça dégage un son puissant,
Ça module et ça renâcle,
Ça s’évanouit puis ça racle.
Sommes-nous bien samedi ?
Oui puisqu’il est là, pardi !
C’est le jour où il s’ébroue
Avec sa bête à deux roues.
Va-t-il enfin démarrer ?
Il semble s’y préparer,
Et enfin l’engin s’éloigne
En rugissant sous sa poigne…
Mais il revient aussitôt !
Il joue avec sa moto
A faire des allées-venues
Sans dépasser notre rue.
Les chiens se sont déchaînés ;
Nous restons à fulminer,
Attendant pour être sages
Que fuie ce nouvel orage.
Enfin sa femme intervient ;
Elle lui demande s’il vient.
Ouf ! Ce gamin immature
Enfin range sa monture…
Elles m'ont attendue, mes cerises,
Se gorgeant de soleil, de lumière et d'amour.
Je les ai retrouvées
Plus noires,
Plus sucrées,
Plus charnues et plus fermes !
Grappes tombées du ciel,
Plus douces que le jour,
Offertes à mes mains
Comme au jardin d'Eden...
Et si Eve ma mère
Pécha par gourmandise,
Je lui ressemble bien.
C'est le don de la vie
Qui saigne de leur coeur ;
Sous leur chapeau de feuilles
Elles sont le présent
Des roses endormies,
Le don d'une Nature
Qui nous aime et sourit.
Vos impressions