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L'âme du poète



"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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  • : Ce site est destiné à partager avec vous des moments de poésie, de musique et d'art en général. A travers des images de nature, de voyages, des moments de contemplation, qu'ils soient dûs à ma propre inspiration ou à celle d'autres artistes, je vous propose quelques instants d'échange et de ressourcement.
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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)        

 

 

Lundi 16 juin 2008

 

J’ai un tic
J’ai un T.O.C.
C’est classique
Je débloque


Tout à trac
Je fais couic
Ma joue craque
En oblique

 


 


Oh ! oh ! Le bel oiseau ! s’exclament les passants.
Pardon, je fais la moue, elle m’échappe encore…
Ma bouche se dévisse et dérape en glissant,
Faisant bouger mon nez et dilater mes pores.

 

Que faire
De sa bouche,
Quand elle ne parle pas,
Quand elle ne mange pas,
Quand elle ne fume pas,
Quand elle ne bâille pas,
Quand elle ne sourit pas ?

 

C’est terrible
Elle n’arrête pas
De gigoter
De se faire
Remarquer

 

Elle fait couic
Elle fait pouac
Elle fait blic
Elle fait plouc

 

Enfin
Le singe quoi



 

 

par Martine Maillard publié dans : Poèmes-délires
Dimanche 30 décembre 2007

        Martine Réau-Gensollen, mieux connue sous le nom de "La pèlerine", puisqu'elle est de son propre dire "citoyenne du monde" et marcheuse sur les plus beaux chemins de la terre (à commencer par celui de Saint-Jacques, en Espagne), m'a demandé il y a quelque temps de m'attaquer à  un challenge indiqué sur son site : "recréer le monde". Mais comment ? je l'avais déjà tenté ici ; et cette fois, il s'agissait peut-être plutôt de reprendre le récit biblique pour en indiquer d'autres issues, d'autres possibles (voir ici son article).
    J'ai donc tenté, par ce texte de relire la Bible à ma manière, et je le confesse, je demeure persuadée que le monde ne saurait être différent de ce qu'il est. Car mon intelligence étroite ne sait concevoir un monde exempt de la dualité, par laquelle il est fatal que tout bien engendre un mal - de même que tout mal engendre un bien. S'il n'y avait le malheur, nous ne connaîtrions pas le bonheur, et s'il n'y avait la cruauté, nous ne connaîtrions pas la compassion... Ainsi donc, pourquoi nous détourner de ce qui pour nous est surtout une grande et belle école ? Ecole d'amour, car, comme l'amour a lancé nos ancêtres dans ce guêpier, de même, l'amour est le seul viatique nous permettant d'en retirer le meilleur : en effet lui seul - le vrai, le grand, l'amour désintéressé - permet d'échapper à la dualité en acceptant tout ce qui est.


 


(Image tirée de ce site, que je vous invite à visiter)




Adam était à Eve,
Eve était à Adam,
L’un à l’envers de l’autre
Et l’autre à l'endroit de l’un.

 Ils se tenaient la main
Dans le jardin sans fin où ils s’étaient trouvés,
Un peu seuls
Parmi les ailes froissées de quelques anges clairs

Et le gazouillis des oiseaux.

 
Regarder courir les petites bêtes
Etait leur seule aventure journalière,
Et puis se regarder aussi,
Se détailler :

Etaient-ils beaux !

 
 Oui, beaux, mais seuls
Parmi ce foisonnement de merveilles,
Parmi la féerie d’un monde à peine né,
D’un monde vierge,
D’un monde encore tout chaud sorti

Du giron du Grand Dieu.
 

 En ce monde ils dormaient,
Lovés dans des replis de terre
Parmi renards, furets ou bien lézards,
Et chaque nuit ils contemplaient avec ferveur
L’immensité du ciel tout parsemé d’étoiles,
Le firmament clouté

Tel un parterre d’or.
 

 Fallait-il vivre ?
Et fallait s’aimer ?
Fallait-il débuter l’histoire inexorable ?
Ils auraient pu rester inertes et transparents
Ainsi que des poupées-chiffon
Dans le décor mouvant
Du jardin chatoyant,

Sans manger ni sans boire...
 

Mais n’étaient-ils pas là pour expérimenter ?
Adam, premier danseur,
Prit Eve dans ses bras comme l’on porte un cygne
Et la porta si haut
Qu’elle atteignit les arbres.
Se lever et danser, c’était leur vocation ;
S’élever et mourir, c’était leur destinée…

 
 Une pomme tomba,
Fatalité première :
Gravité, pesanteur

Venaient de se créer… 

 Et il y eut le temps,
Et il y eut l’espace,
Et la Terre tourna,
Et le monde naquit
Dans toute sa splendeur

Et toute son horreur.

 
 La pomme fut ouverte,
Il y eut l’extérieur,
Il y eut l’intérieur ;
La pomme fut mangée,
Et il y eut la mort
Et il y eut la vie,
Le début et la fin,

Le bien-être et la faim…

 Mais que serait le monde
Sans tout l’amour du monde ?
L’absence engendra la présence,
Et ce cercle infini

On l’appela serpent.
 

Mais la sphère parfaite,
La bulle des délices,
C’était d'abord la pomme
Qu’ont choisie nos parents,
Pour que naissent les hommes
Et que rient leurs enfants.



 

par Martine Maillard publié dans : Poèmes-délires
Dimanche 11 novembre 2007


La vie est belle,
Quand on est chien !
Dans ma nacelle,
Je suis trop bien.
par Martine Maillard publié dans : Poèmes-délires
Dimanche 1 avril 2007

(Cliquez sur l'image)

Un poisson rouge
Dans un bocal
Lorsque tout bouge
C'est très bancal

Un poisson-scie
Dans un goulot
Ça fait vessie
Ça fait ballot



Un poisson-chat
Dans ma bouteille
Moi ch'aime pas
Ça tue la treille

Mais deux poissons
Qui font des bulles
C'est polisson :
Qu'on cille, y a bulle !!




(Cliquez sur les images)
par Martine Maillard publié dans : Poèmes-délires
Lundi 26 mars 2007
    Il y a un poème de Rimbaud que j'adore. Tiré de l'Album Zutique (écrit dans ses délires avec Paul Verlaine), il s'intitule "Jeune goinfre", et ce qui me plaît surtout, ce sont ces vers de deux syllabes dont il est formé, que Rimbaud réussit non seulement à faire rimer, mais même à assembler en un sonnet !


Arthur Rimbaud, vu par Paul Verlaine,
à l'époque même où est né ce poème

Jeune Goinfre

Casquette
De moire,
Quéquette
D’ivoire,

Toilette
Très noire,
Paul guette
L’armoire,

Projette
Languette
Sur poire,

S’apprête,
Baguette,
Et foire.

    C'est très vivant, c'est tordant... Seule chose étrange : toutes les rimes sont féminines. Est-ce voulu, est-ce un hasard de l'inspiration ? Je penche plutôt pour la seconde solution.


Arthur Rimbaud, par Fantin-Latour

    Alors, puisque d'aucuns s'attellent aux exercices "à contrainte", je me suis amusée à pasticher Rimbaud ; en choisissant bien sûr des rimes "faciles", mais qui cette fois alternent.
    Et voici mon oeuvre... (ornée il est vrai d'un titre moins comique et plus allusif !)


Ecri-errances

Hortense
Ecrit,
Mûrit,
Se tance.

Immense
Dépit :
C’est pis
Que rance.

Un cri !
L'esprit
S'élance ;

Tu ris,
Relis,
Et danses...



L'écrivain.
par Martine Maillard publié dans : Poèmes-délires
 

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NB : Vous pouvez consulter les archives de ce blog, créé en mai 2005, en cliquant en haut à gauche de cette page sur "Poésie éternelle".

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