Inspiration
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Saint-Jean III, 8
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.
VIRGILE, Géorgiques
(Mort d'Orphée)
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Saint-Jean III, 8
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du
Thoronet)
Dans cette forêt
Un chemin secret
Baigné de lumière
Sous les troncs dressés
Quelques fils tressés
Parmi les fougères
Le soleil flamboie
La mousse verdoie
Sous les hautes branches
O monde endormi
Fourmillant de bruits
Où le coeur s'épanche
J'aime ta douceur
Et la profondeur
De ta quiétude
Des troncs assoupis
Des rochers tapis
Monte en altitude
Le chant silencieux
Des elfes gracieux
Volant vers l'abîme
Là-haut, tout là-haut
Où sont les oiseaux
De tes hautes cimes
En Sologne
Arbres tordus
Arbres qui penchent
Animaux d'autres temps
Pensifs
Courbés
En Sologne
Bois de bouleaux
Fragiles et pourtant si nombreux
Si serrés comme en troupeau
Moutons blancs tachés de noir
Mes semblables
(Mes excuses, pour une fois je vous impose la musique destinée à accompagner ce poème ; il s'agit d'un extrait des "Pïns
de Rome" d'Ottorino Respighi, ici "les pins du Janicule", passage particulièrement contemplatif où l'on entend de vrais oiseaux, vers la fin à la 6e minute - mais ici le son est malheureusement
faible).
Le ciel clair ouvre ses yeux mi-clos
Sur avril qui se pare de grappes
Le lilas frémit à peine éclos
Sous l'appel lointain d'un chien qui jappe
Je sommeille au vent frais de midi
La fauvette et le pinson gazouillent
L'ombre est fraîche où le gazon verdit
Et les fleurs doucement me chatouillent
Parasol tu prends un air penché
Je souris aux couleurs de lumière
Le bonheur c'est un jardin caché
Où rêver sous des roses trémières
Vos impressions