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L'âme du poète



"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)        

 

 

Dimanche 16 mars 2008

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Dans Toulouse-la-Rose
L'Amour se niche au creux des fosses
Dans les sous-sols des bars de nuit
Sur les bords du canal et tout au long des rues
L'Amour chemine et s'effiloche
L'Amour s'empoigne et s'égratigne
L'Amour se crie et se délie
L'Amour s'enivre et s'empoisonne

 

 Dans Toulouse-Rêveuse
Sur les balcons ornés de vigne vierge
Par les hauteurs de Jolimont
Deux hirondelles ont niché cette nuit
Bien loin bien loin des voix malsaines
Là-haut près des étoiles

 

 Dans l'envolée du ciel rose et bleuté
Elles ont vu la cité endormie
Et le bourdon continu des voitures
Les a bercées ainsi qu'un cœur
Battant sous un corsage
 

 

Elles ont rêvé du soleil de midi
Des matins enchanteurs
Leurs ailes doucement repliées sous leurs têtes
Puis elles sont reparties
Dans un pépiement de joie
Comme une seule flèche

par Martine Maillard publié dans : Poèmes d'amour
Vendredi 22 décembre 2006



Fille au yeux brillants
Au cœur d’oiseau
Aux cheveux brûlés de soleil
Qui fuis comme l’éclair chaud à travers les feuillages
Prends garde à mes bonds souples de chat sauvage
Car je te piège interminablement

Quand je te tiens captive au filet du regard
Craintive tu te détournes
Et te métamorphoses en forteresse d’épines
Grand Sphinx aux yeux aveugles et remuant ses ailes
Mais je t’attends
Tapie au pied d’une arbre
J’épie l’écroulement de tes mirages sans corps

Aussi patiente que la racine de l’arbre
J’attends que tu m’oublies
Et que tu redeviennes
Ce flexible roseau mollement agité par la brise
Dont je tirerai la plus belle musique
Qu’ait pu rêver mon âme
par Martine Maillard publié dans : Poèmes d'amour
Lundi 8 mai 2006
Extrait de la fresque de Michel-Ange : la Création d'Adam


Je savais
Que nos mains aveugles se toucheraient
Dans le vide du temps

Je savais
Que l’étincelle ferait surgir des mondes
De nos deux abîmes

Je savais
Ma pâleur et ma chute
Et ton envol de feu

Je savais qu’en tes doigts je deviendrais poussière
Je savais
Ton mystère d’été

Et le temps qui me change en feuille de risée
Et l’odeur de ta vie qui colore mon sang
Et l’épaisseur du jour qui te crée ou t’efface

Mais le dieu s’est glacé
Et je sais ton sourire
Il m’a tuée

Je sais aussi
Que sous mes pas
Naissent les fleurs que tu désires

L’ombre de ton regard
C’est moi-même immobile à ta source
Et tes gestes dorés
Sont mon reflet dans le miroir

Un vol suffit
Je le savais

Mais les étoiles nous entraînent…

 Le Rossignol d'Argent
© Les éditions Saint-Germain-des-Prés, 1974

William A. Bourguerau - Il Primo Bacio

Une illustration musicale, et une petite devinette : c'est quoi ?
(enregistrement privé - moi-même au piano)

par Martine Maillard publié dans : Poèmes d'amour
Mardi 21 février 2006
Sirène, par René Lalique

J'éveillerai de toi mille étoiles d'argile,
Ma nymphe aux yeux d'océan,
Ma nymphe aux yeux de plein ciel...
Tu naîtras de la mer des nuages,
Au lever du soleil rouge et or,
Par-delà les nuées d'harmonies,
Par-delà le miroir glauque de mes regards ;
Et je verrai la féerie
Danser dans tes cheveux mêlés
Et dans tes yeux étranges...

Et tu t'élèveras, mon étoile-émeraude...
Tu seras le soupir des glissantes épaves,
Comme les algues vertes
Que la mer abandonne,
Expirante, exténuée d'amour...
Et tu me souriras, telle un reflet dans l'eau,
Telle une fée des ondes,
Telle la mort au fond de l'océan ;
Et je mourrai de t'avoir embrassée,
Ma sirène au chant constellé...

par Martine Maillard publié dans : Poèmes d'amour
Samedi 4 février 2006
Sheena Robinson, Ghost Cranes (voir ici le site)

Nous voguions entre les constellations

T’en souvient-il

Le feu te consumait
Et de mes mains purifiées
J’effaçais une à une tes brûlures

La cendre à mon souffle s’envolait

Un jour je suis née
Nous existions déjà depuis longtemps


Poème publié en 1974 dans "Le Rossignol d'Argent"
Ed. St-Germain-des-Prés, coll. Miroir Oblique

par Martine Maillard publié dans : Poèmes d'amour
 

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NB : Vous pouvez consulter les archives de ce blog, créé en mai 2005, en cliquant en haut à gauche de cette page sur "Poésie éternelle".

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