Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)
C'était doux, feutré, swinguant mais intimiste. J'en ai eu les larmes aux yeux.
En voici le texte, avec la photo de l'interprète.

Maman a les yeux noisette
Un regard comme les mouettes
Qui cherche aux alentours
L'iode au fil des jours
Maman a des cheveux d'ange
Qui avec son sourire se mélangent
En un chant sourd
Une brume d'amour
Maman a la voix comme une rivière
Remplie de joie et de mystère
Qui vole qui danse qui court
Avec des rires autour
Maman a les mains d'un jardinier
Qui cultivent les pensées
Et les fleurs velours
De son jardin secret d'amour
Maman moi petite femme je suis ton enfant
Et en grandissant
Un jour par enchantement
Je serai peut-être comme toi Maman
Mais en attendant
Tu es ma terre ma source mon sang
Mon soleil levant
Comme la biche pour le faon
Pachamama... Héra... Isis... Athéna...
juin 2008
Que les fleuves ont reprisée
Steve Roach utilise les synthétiseurs, mais aussi toutes sortes de percussions empruntées aux peuples primitifs, et la voix. Il a le génie du rythme et de l'harmonie, mais aussi celui des timbres et des sonorités. Dans l'extrait ci-dessous il utilise le "bâton de pluie", pour évoquer les petits cailloux qui roulent sur la terre.
Mais en attendant, pour laisser libre cours au flux de souvenirs musicaux qu'elle m'a évoqués, je vous laisse goûter ici les paroles de l'air si gai chanté par Julie Andrews dans "la Mélodie du Bonheur", le film de Robert Wise adapté de la comédie musicale du même nom, d'abord en anglais, puis dans la traduction française (prises sur ce site, j'ignore de qui est le texte français):
(Rodgers / Hammerstein)
Raindrops on roses and
Whiskers on kittens
Bright copper kettles and
Warm woolen mittens
Brown paper packages
Tied up with strings
These are a few of
My favourite things
Cream colored ponies and
Crisp apple strudels
Door bells and sleigh bells
And schnitzel with noodles
Wild geese that fly with
The moon on their wings
These are a few of
My favourite things
Girls in white dresses
With blue satin sashes
Snowflakes that stay on
My nose and eyelashes
Silver white winters
That melt into Springs
These are a few of
My favourite things
When the dog bites
When the bee stings
When I'm feeling sad
I simply remember
My favourite things
And then I don't feel so bad.
MES JOIES QUOTIDIENNES
Bonnes mitaines et bon feu qui brille
Beau cahier quadrillé cheveux mouillés
C'est là un peu de mes joies quotidiennes
Gros mille feuilles tarte aux pommes fraîches
Grand bol de crème dont on se pourlèche
Belle oie sauvage qui s'envole dans la plaine
C'est là un peu de mes joies quotidiennes
Gaie robe claire coiffures en nattes
Doux flocons blancs sur mon nez écarlate
Les fleurs d'avril en bouquets qui reviennent
C'est là un peu de mes joies quotidiennes
Quand le chien mord quand l'abeille pique
Quand ça marche mal
C'est simple je pense à mes joies quotidiennes
Et tout alors va très bien
Vous en trouverez bien des interprétations sur Youtube, mais je vous propose ici cette version jazz, interprétée à Baden-Baden en 1961 par John Coltrane au saxo soprano, avec Eric Dolphy à la flûte et au saxophone alto, McCoy Tyner au piano, Reggie Workman à la contrebasse et Elvin Jones aux percussions.
Une fauvette brune à la calotte noire,
Discourant, devisant en gazouillis notoire,
De même on voit la rose éveiller sa beauté...
C'est pourquoi je me contente de vous offrir ces quelques vues de mes premières roses, avec le souvenir musical qu'elles m'inspirent.
On croit en sentir le parfum... Aussi est-ce Théophile Gautier qui me revient en mémoire, avec ces vers :
Des pleurs d'argent de l'arrosoir »
Pascal Pauvrehomme, maire de Sainte-Lizaigne
(Indre) et conseiller général
Tu m'excuseras si j'te dis tu,
Toué, la Marie d' l'enfant Jasus,
Tu m'excuseras si j'te dis toué,
La m'man si bounne du p'tit Naulet,
Mais j'ai l'envie d'te tutouéyer
Pa'ce que coumme ça, j'me sens p'us près.
Oh ! Ça, j' le sais, pour sûr de vrai,
Qu' t'en as bin d'aut'es à t'eccuper
Mais j' veux quand minme avant d' dormi'
Que tu m'écoutes un tant si p'tit.
Dis pas que j' te dérange souvent,
J'suis p'us taiseux qu' trop bin causant.
Vrai que j' me sens pas bon chrétien,
Que j' jure souvent coumme un païen,
Pis qu' dans ma vigne, j' pousse l' manche
Pendant qu' sounne la messe du dimanche.
Mais ça m'empêche pas d'y penser
Minme à piocher dans du garet.
Ton gârs, j'y cause pas coumme à toué.
J' me gêne de p'us, c'est pas pareil.
Ses écritures pis ses marveilles,
Ses belles histouères de paraboles,
Ses biaux mirac'es de la Parole,
Pour en comprend'e rin qu' la moitié,
Fau'rait sûrement qu'on souèye curé.
Mais toué, la m'man du p'tit Naulet,
T'as counnu la p'us grousse misère
Qu'on pusse counnaît'e su' c'te ch'tite terre
Pusqu'i' t'ont pris ton pou're gamin
Pour v'ni' « sauver tous les humains ».
En v'là bin une consolation
Pour queuqu'un qui perd son garçon.
Alors que toué, t'avais pensé
Que vout' boutique de charpentier,
Il aurait pu la continuer
Une foués qu' Joseph i' s'rait retraité,
Ou p't-êt'e s' mett'e en société
Pis l'embaucher une ouvérier.
Ton gârs, c'était pas un faignant ;
I' savait causer aux clients...
Mais t'as biau fai' pis t'as biau di',
Quanqu' c'est ça veut pas vous souri'.
Sûrement qu' queuque part, j'nous arsemblons,
Coumme deux vieux chevaux dans l'minme parçon.
Ç'atait pareil à la mainson.
J'comptins tous deux su' nout'e garçon,
Vu qu'il était fort coumme un chevau,
Qu'il aimait ses champs, ses bestiaux,
Qu'i' nous dounnait du contentement
P'us qu' j'en demandins. Oh ! ça sûrement.
J' vouéyins d'jà qu' nout'e locature,
Fau'rait sûrement qu' j'en pousse les murs ;
A travailler tous les deux d'ssus,
Faullait trouver d' l'ouvrage en p'us.
J'ai don' acheté des plants greffés
Pis planté dix boss'lées d' gamay.
J'ons r ‘pris les champs d' nout'e vieux vouésin,
Rin qu'en bounne terre, dans un bon coin.
Lui qui l'avait pas eu la chance
D'avouèr un gârs coumme descendance.
L'mien, au début du printemps,
Il est parti pour fai' son temps.
Des nouvelles, j'en ons s'ment point eu
Jusqu'à c'te lett'e qu'est dans l' bahut
Où c'qu'ont disait qu' nout'e pou're p'tit gârs,
D'à cause d'une bande de fellaghas,
Il était mort en Algérie,
« Au champ d'hounneur pour son pays ».
En v'la bin une consolation
Pour queuqu'un qui perd son garçon.
J'ons minme pas pu l' mett'e dans nout'e terre,
Il est sous l' sab'e, en plein désert.
Tu vas comprend'e maintenant pourquoué
J' reste dans ma vigne à pousser l' manche
Pendant qu' sounne la messe du dimanche :
C'est celle-là-là qu' j'avins plantée
Avant qu'i parte de l'aut'e coûté.
J'y vins souvent, sans fai' d' potin,
Pour mieux penser à mon gamin.
Et si j'ai voulu aujord'hui
Que tu m'acoutes un tant si p'tit,
C'est qu' mon p'tit gârs, mon pou're pétit,
Ça fait trente ans qu'i' me l'ont pris
Et j' m'en souvins coumme aujord'hui.
Tu m'excuseras si j' t'ai dit tu,
Toué, la Marie d' l'enfant Jasus,
Tu m'excuseras si j' t'ai dit toué,
L' maman si bounne du p'tit Naulet.
J'avais l'envie d' te tutouéyer
Pa'ce que tous deux, j' nous ar'semblons,
Vu qu' j'ons pardu nos deux garçons,
Et que j' nous en sons jamais r'mis.
Ainsi souét-i'. Ainsi souét-i'.
Pascal Pauvrehomme
Detfunt l'Ugène,
© éd. La Bouinotte, Châteauroux, 2005
Quelques termes spécifiques :
Bosselée : mesure agraire de surface, variable selon les régions.
Garet : guéret, terre labourée.
Naulet : Noël ; par extension, l'enfant Jésus.
Parçon : stalle.







