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L'âme du poète



"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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  • : L'espace d'un instant.
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  • : Ce site est destiné à partager avec vous des moments de poésie, de musique et d'art en général. A travers des images de nature, de voyages, des moments de contemplation, qu'ils soient dûs à ma propre inspiration ou à celle d'autres artistes, je vous propose quelques instants d'échange et de ressourcement.
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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)        

 

 

Samedi 21 juin 2008

    Merveilleux cadeau d'anniversaire... Ma fille Morgane m'a chanté, en s'accompagnant à la guitare, un poème de sa composition, mis en chanson par elle-même ! Moi qui ne connais rien à la guitare...!
    C'était doux, feutré, swinguant mais intimiste. J'en ai eu les larmes aux yeux.
    En voici le texte, avec la photo de l'interprète.



MAMAN


Maman a les yeux noisette
Un regard comme les mouettes
Qui cherche aux alentours
L'iode au fil des jours


Maman a des cheveux d'ange
Qui avec son sourire se mélangent
En un chant sourd
Une brume d'amour


Maman a la voix comme une rivière
Remplie de joie et de mystère
Qui vole qui danse qui court
Avec des rires autour


Maman a les mains d'un jardinier
Qui cultivent les pensées
Et les fleurs velours
De son jardin secret d'amour


Maman moi petite femme je suis ton enfant
Et en grandissant
Un jour par enchantement
Je serai peut-être comme toi Maman


Mais en attendant
Tu es ma terre ma source mon sang
Mon soleil levant
Comme la biche pour le faon


Pachamama... Héra... Isis... Athéna...

 


Morgane Bichet
juin 2008


par Martine Maillard publié dans : Citations
Jeudi 5 juin 2008
Terre ô déchirée
Que les fleuves ont reprisée

Apollinaire
(voir
ici
)


    Ecoutez... C'est de Steve Roach, un musicien américain de style New Age ; et si vous aimez, ne manquez pas d'écouter d'autres extraits de cet auteur inspiré sur Youtube. Il y en a de superbes.
    Steve Roach utilise les synthétiseurs, mais aussi toutes sortes de percussions empruntées aux peuples primitifs, et la voix. Il a le génie du rythme et de l'harmonie, mais aussi celui des timbres et des sonorités. Dans l'extrait ci-dessous il utilise le "bâton de pluie", pour évoquer les petits cailloux qui roulent sur la terre.

par Martine Maillard publié dans : Citations
Jeudi 29 mai 2008
    A l'instar de Russalka, qui fait si joliment l'inventaire des bonheurs qui lui ensoleillent la vie,  je pense qu'il serait peut-être sympathique de créer un "TAG" qui nous incite à énumérer nos "joies quotidiennes". Cela fait toujours chaud au coeur d'en dresser la liste.
    Mais en attendant, pour laisser libre cours au flux de souvenirs musicaux qu'elle m'a évoqués, je vous laisse goûter ici les paroles de l'air si gai chanté par Julie Andrews dans "la Mélodie du Bonheur", le film de Robert Wise adapté de la comédie musicale du même nom, d'abord en anglais, puis dans la traduction française (prises sur
ce site, j'ignore de qui est le texte français):


MY FAVORITE THINGS
(Rodgers / Hammerstein)


Raindrops on roses and
Whiskers on kittens
Bright copper kettles and
Warm woolen mittens
Brown paper packages
Tied up with strings
These are a few of
My favourite things


Cream colored ponies and
Crisp apple strudels
Door bells and sleigh bells
And schnitzel with noodles
Wild geese that fly with
The moon on their wings
These are a few of
My favourite things


Girls in white dresses
With blue satin sashes
Snowflakes that stay on
My nose and eyelashes
Silver white winters
That melt into Springs
These are a few of
My favourite things


When the dog bites
When the bee stings
When I'm feeling sad
I simply remember
My favourite things
And then I don't feel so bad.



MES JOIES QUOTIDIENNES


Pétales de roses et moustaches de chatons
Bonnes mitaines et bon feu qui brille
Beau cahier quadrillé cheveux mouillés
C'est là un peu de mes joies quotidiennes


Gros mille feuilles tarte aux pommes fraîches
Grand bol de crème dont on se pourlèche
Belle oie sauvage qui s'envole dans la plaine
C'est là un peu de mes joies quotidiennes


Gaie robe claire coiffures en nattes
Doux flocons blancs sur mon nez écarlate
Les fleurs d'avril en bouquets qui reviennent
C'est là un peu de mes joies quotidiennes


Quand le chien mord quand l'abeille pique
Quand ça marche mal
C'est simple je pense à mes joies quotidiennes
Et tout alors va très bien

 

    Vous en trouverez bien des interprétations sur Youtube, mais je vous propose ici cette version jazz, interprétée à Baden-Baden  en 1961 par John Coltrane au saxo soprano, avec Eric Dolphy à la flûte et au saxophone alto, McCoy Tyner au piano, Reggie Workman à la contrebasse et Elvin Jones aux percussions.

 

 

 


par Martine Maillard publié dans : Citations
Samedi 10 mai 2008
Comme on voit sur la branche, au mois de mai, chanter
Une fauvette brune à la calotte noire,
Discourant, devisant en gazouillis notoire,
De même on voit la rose éveiller sa beauté...



    Allez ! Il y aurait encore tant à dire, sur l'utilisation de la rose dans la poésie, depuis Ronsard (voir ici) ou même avant... jusqu'à Saint-Exupéry, et même après - autant sans doute que sur les oiseaux !
    C'est pourquoi je me contente de vous offrir ces quelques vues de mes premières roses, avec le souvenir musical qu'elles m'inspirent.




   
    On croit en sentir le parfum... Aussi est-ce Théophile Gautier qui me revient en mémoire, avec ces vers :

   « Tu me pris encore emperlée
Des pleurs d'argent de l'arrosoir »

    Qui bien sûr ont reçu leur consécration dans la mélodie de Berlioz que j'ai, je crois, déjà citée il y a quelques années sur ce blog... et qui est ici merveilleusement interprétée par dame Janet Baker (« Le Spectre de la Rose », in « Les Nuits d'été »)


par Martine Maillard publié dans : Citations
Dimanche 27 avril 2008
    Pour faire écho à Viviane dans sa quête des parlers régionaux de France, voici un très beau poème de Pascal Pauvrehomme, écrivain et conteur berrichon. Fils et petit-fils de vignerons devenu enseignant de français, Pascal Pauvrehomme a publié divers ouvrages, dont un guide intitulé "les Vins du Berry, des terroirs et des hommes", aux éditions régionalistes "La Bouinotte", sises à Châteauroux (36). Actuellement maire de la petite commune de Sainte-Lizaigne, entre Issoudun et Reuilly (ville célèbre par son vignoble), il nous livre dans son dernier ouvrage "Detfunt l'Ugène, suivi de Histoires de mon pays, monologues patoisants" un recueil de poèmes aussi colorés qu'émouvants.

Pascal Pauvrehomme, maire de Sainte-Lizaigne (Indre) et conseiller général
  
    Je pense que vous comprendrez ce texte sans trop de difficultés. Cependant pour quelques termes spécifiques (en italique), j'ai noté des équivalences en fin de cet article.

       

Périére à la Marie
_________________


Tu m'excuseras si j'te dis tu,
Toué, la Marie d' l'enfant Jasus,
Tu m'excuseras si j'te dis toué,
La m'man si bounne du p'tit Naulet,
Mais j'ai l'envie d'te tutouéyer
Pa'ce que coumme ça, j'me sens p'us près.


Oh ! Ça, j' le sais, pour sûr de vrai,
Qu' t'en as bin d'aut'es à t'eccuper
Mais j' veux quand minme avant d' dormi'
Que tu m'écoutes un tant si p'tit.


Dis pas que j' te dérange souvent,
J'suis p'us taiseux qu' trop bin causant.
Vrai que j' me sens pas bon chrétien,
Que j' jure souvent coumme un païen,
Pis qu' dans ma vigne, j' pousse l' manche
Pendant qu' sounne la messe du dimanche.
Mais ça m'empêche pas d'y penser
Minme à piocher dans du garet.


Ton gârs, j'y cause pas coumme à toué.
J' me gêne de p'us, c'est pas pareil.
Ses écritures pis ses marveilles,
Ses belles histouères de paraboles,
Ses biaux mirac'es de la Parole,
Pour en comprend'e rin qu' la moitié,
Fau'rait sûrement qu'on souèye curé.


Mais toué, la m'man du p'tit Naulet,
T'as counnu la p'us grousse misère
Qu'on pusse counnaît'e su' c'te ch'tite terre
Pusqu'i' t'ont pris ton pou're gamin
Pour v'ni' « sauver tous les humains ».
En v'là bin une consolation
Pour queuqu'un qui perd son garçon.
Alors que toué, t'avais pensé
Que vout' boutique de charpentier,
Il aurait pu la continuer
Une foués qu' Joseph i' s'rait retraité,
Ou p't-êt'e s' mett'e en société
Pis l'embaucher une ouvérier.
Ton gârs, c'était pas un faignant ;
I' savait causer aux clients...
Mais t'as biau fai' pis t'as biau di',
Quanqu' c'est ça veut pas vous souri'.


Sûrement qu' queuque part, j'nous arsemblons,
Coumme deux vieux chevaux dans l'minme parçon.
Ç'atait pareil à la mainson.
J'comptins tous deux su' nout'e garçon,
Vu qu'il était fort coumme un chevau,
Qu'il aimait ses champs, ses bestiaux,
Qu'i' nous dounnait du contentement
P'us qu' j'en demandins. Oh ! ça sûrement.
J' vouéyins d'jà qu' nout'e locature,
Fau'rait sûrement qu' j'en pousse les murs ;
A travailler tous les deux d'ssus,
Faullait trouver d' l'ouvrage en p'us.
J'ai don' acheté des plants greffés
Pis planté dix boss'lées d' gamay.
J'ons r ‘pris les champs d' nout'e vieux vouésin,
Rin qu'en bounne terre, dans un bon coin.
Lui qui l'avait pas eu la chance
D'avouèr un gârs coumme descendance.
L'mien, au début du printemps,
Il est parti pour fai' son temps.
Des nouvelles, j'en ons s'ment point eu
Jusqu'à c'te lett'e qu'est dans l' bahut
Où c'qu'ont disait qu' nout'e pou're p'tit gârs,
D'à cause d'une bande de fellaghas,
Il était mort en Algérie,
« Au champ d'hounneur pour son pays ».
En v'la bin une consolation
Pour queuqu'un qui perd son garçon.
J'ons minme pas pu l' mett'e dans nout'e terre,
Il est sous l' sab'e, en plein désert.


Tu vas comprend'e maintenant pourquoué
J' reste dans ma vigne à pousser l' manche
Pendant qu' sounne la messe du dimanche :
C'est celle-là-là qu' j'avins plantée
Avant qu'i parte de l'aut'e coûté.
J'y vins souvent, sans fai' d' potin,
Pour mieux penser à mon gamin.
Et si j'ai voulu aujord'hui
Que tu m'acoutes un tant si p'tit,
C'est qu' mon p'tit gârs, mon pou're pétit,
Ça fait trente ans qu'i' me l'ont pris
Et j' m'en souvins coumme aujord'hui.


Tu m'excuseras si j' t'ai dit tu,
Toué, la Marie d' l'enfant Jasus,
Tu m'excuseras si j' t'ai dit toué,
L' maman si bounne du p'tit Naulet.
J'avais l'envie d' te tutouéyer
Pa'ce que tous deux, j' nous ar'semblons,
Vu qu' j'ons pardu nos deux garçons,
Et que j' nous en sons jamais r'mis.
Ainsi souét-i'. Ainsi souét-i'.

 

Pascal Pauvrehomme
Detfunt l'Ugène,
© éd. La Bouinotte, Châteauroux, 2005

 


Quelques termes spécifiques :

Bosselée : mesure agraire de surface, variable selon les régions.

Garet : guéret, terre labourée.

Naulet : Noël ; par extension, l'enfant Jésus.

Parçon : stalle.


par Martine Maillard publié dans : Citations
 

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NB : Vous pouvez consulter les archives de ce blog, créé en mai 2005, en cliquant en haut à gauche de cette page sur "Poésie éternelle".

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