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L'âme du poète



"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)        

 

 

Lundi 2 juin 2008

    Voici un de mes premiers poèmes.
    Je l'écrivis sur un cahier d'écolier à l'âge de juste 12 ans, alors que j'étais en 5e... avant de l'exhiber triomphalement à mon professeur de français, comme c'était la mode, afin de lui demander un autographe.
    Il prouve  qu'en 1963 il faisait aussi mauvais qu'aujourd'hui !





Le mois de Juin 1963

Voici venu le juin,
Le « Très beau », le « Divin »,
Morne, noir, plein de pluie,
Où froides sont les nuits.


Le baromètre est bas
Et nous sommes tous las
Car le temps à l'orage
Nous ôte tout courage.


Ah ! Ce cher mois de juin !
Qu'en vienne donc la fin ;
Que juillet gentiment
Nous apporte un beau temps !

 

    Deux années plus tard la météo n'était guère plus brillante, puisque fin mai 1965 j'écrivais ceci :


Vendredi, vingt-huit mai ; il pleut, il pleut toujours.
Le ciel entier se fond en des larmes amères.
Tout est gris, triste, sombre, et tous les fronts sévères.
Du rire vainement on attend le retour.


Les cieux ne grondent pas : il ne font que pleurer.
Les gens sont étonnés de la mélancolie
Qui les prend tout à coup ; sans arrêter, la pluie
Caresse les maisons et les fait frissonner.

 

    Ma technique des vers s'était améliorée, mais par contre l'on voit qu'avec l'adolescence ma dépendance à la lumière, en matière de moral, s'était affirmée !

   Peu importe : voici quelques fleurs, en attendant le soleil.

 


 

par Martine Maillard publié dans : Nostalgie
Jeudi 1 mai 2008

    Vous connaissez la chanson ? Hélas, jusqu'à présent nous avons connu bien des pluies (du moins dans les régions septentrionales), aussi espère-t-on vivement que "le Mai, le joli Mai" nous rendra le soleil.

    Voici cependant une image du ciel tourmenté de ces derniers jours où, si mon appareil n'a pas été trop mauvais, vous discernerez un nuage très noir derrière les arbres bien verts et les fleurs de lilas illuminés par le soleil du soir.



    Mardi, à mon travail, j'ai été témoin toute la journée d'une féerie extraordinaire : les cerisiers du Japon avaient, sous les averses répétées, perdu leurs pétales en telle abondance dans la rue située sous mes fenêtres, que l'on marchait sur un tapis rose aussi épais et glissant que de la neige ; et bientôt le vent se leva et l'on vit s'envoler les pétales, qui tourbillonnèrent sous les bourrasques jusque devant les fenêtres premier étage ! C'était sublime, mais hélas je n'avais pas de quoi photographier... Quand je revins mercredi, non seulement une bonne partie de ce tapis avait été balayé, mais en plus le vent ne soufflait presque plus.
    Voici cependant la photo que j'en ai prise :
en regardant bien, vous discernerez peut-être encore quelques points roses en suspension.



    Et ce merveilleux spectacle m'a rappelé, non pas la chanson que j'indique en titre de cet article, mais un passage du Poème de l'Amour et de la Mer d'Ernest Chausson que j''affectionne particulièrement, extrait de la première partie intitulée « La Fleur des Eaux » :

    « Et mon coeur s'est levé par ce matin d'été ;
Car une belle enfant était sur le rivage,
Laissant errer sur moi des yeux pleins de clarté,
Et qui me souriait d'un air tendre et sauvage...

Toi que transfiguraient la Jeunesse et l'Amour,
Tu m'apparus alors comme l'âme des choses ;
Mon coeur vola vers toi, tu le pris sans retour,
Et des cieux entrouverts pleuvaient sur nous des roses... »



(Texte de Maurice Bouchor - Voir ici)

    Hélas, pour des raisons de droit d'auteur vous n'en entendrez que ces deux derniers vers, d'autant plus que dans l'enregistrement que j'en possède, avec Dame Janet Baker et le London Symphony orchestra dirigé par  Evgeny Svetlanov, il y a un ralenti que je trouve excessif  sur ce "pleuvaient sur nous des roses". Ce tout petit extrait vous permettra cependant d'apprécier, je pense, la beauté de cette oeuvre, dont surtout la quatrième partie est célèbre ("Le temps des lilas et le temps des roses ne reviendra plus à ce printemps-ci...").





par Martine Maillard publié dans : Nostalgie
Mercredi 6 février 2008
    Je vous propose aujourd'hui de rêver avec moi sur ces images vieilles d'un siècle, témoins d'une époque apparemment si révolue, et que pourtant la photographie nous rend si proche !
    Rehaussées par juste ce qu'il faut de couleur pour prendre vie, elles sont tout à la fois comparables à des tableaux d'artistes, et émouvantes comme des souvenirs d'un âge où la terre était encore fraîche et vivante, où l'air était encore pur et où l'on imaginerait presque l'humanité innocente...
    Merci aux petits-enfants de Louis Lumière qui ont accepté la diffusion de ce superbe diaporama.

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    NB : Il vous faut la visionneuse powerpoint (gratuite) pour voir ce diaporama.
par Martine Maillard publié dans : Nostalgie
Mercredi 10 octobre 2007


Rien ne semble changé
A l'été

Et pourtant
D'où vient ce tapis brun
Odorant
Et bruissant
Qui crisse sous nos pas
A la fois doux et volatile
S'ébouriffant au vent comme un tutu de papier

Les ombres s'allongent
Et les couleurs
Ce gris ce roux
Sont si riches et chaudes
Qu'on les dirait choisies
Par un artiste peintre

L'automne à petits pas
Vient danser dans la rue
Sautillant
Comme un elfe à bonnet vert
Et à tunique rousse
Qui clignerait de l'oeil



Toutous
Courez après les corbeaux
L'été s'en est allé
par Martine Maillard publié dans : Nostalgie
Dimanche 23 septembre 2007


Un chemin qui ne va nulle part
Ou plutôt
Un chemin qui conduit vers ailleurs
Une autre dimension

L'automne est là qui tend les bras
Au bout
Le cocon s'entrouvre et tu marches dans l'air
L'arbre est le seuil

Une fumée une vapeur
Sous tes pas le gazon mouillé
Et puis
Plus rien


NB : j'ai essayé de changer de design, parce que je vois des bloggeurs qui changent et que je m'interroge. Mais je me suis donné tant de peine à construire celui-ci que cela me semble dommage de l'abandonner. Les autres sont étriqués et me conviennent moins bien. D'ailleurs les plus beaux designs ne changent jamais, comme celui-ci, ou celui-là.
par Martine Maillard publié dans : Nostalgie
 

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NB : Vous pouvez consulter les archives de ce blog, créé en mai 2005, en cliquant en haut à gauche de cette page sur "Poésie éternelle".

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