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L'âme du poète



"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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Descriptif

 

  
L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)        

 

 

Vendredi 11 juillet 2008
    Voici une ode à cette Lumière que l'on finit toujours par retrouver après la nuit, après l'hiver, au bout du tunnel, au bout de l'angoisse, et qui nous ressource, qui nous guérit, qui est notre pôle positif et ce vers quoi en définitive, en êtres verticaux que nous sommes, nous aspirons.
    Editée en clôture de mon recueil "
La remontée du fleuve", elle est finalement qualifiée de "Source", car, tombée sur nous comme une cascade, elle est peut-être bien la Source de ce fleuve sur lequel nous naviguons.


(Photo trouvée sur ce site)



O lumineuse,
O radieuse,
O merveilleuse lumière,
Jaillissant en cascade d'arc-en-ciel
Et m'inondant tout entière comme une immense nuée de gouttelettes,
Source qui fonds sur moi, depuis mon front jusqu'à mes pieds,
Et me traverses tout entière,
C'est toi que j'ai cherchée par les déserts arides,
C'est toi que j'espérais au profond de mes nuits,
C'est toi que j'ai rêvée du profond de la mort...
O ma Source d'écailles et de paillettes et d'or,
Tumultueuse au grondement de tonnerre,
Plus puissante que tout t'épandant sur la terre,
C'est toi que j'ai trouvée au terme de ma course,
Nageuse épuisée par la remontée du fleuve implacable !...
Et maintenant, il ne me reste plus qu'à m'abreuver de toi,
De ton rire d'étincelles, de ta vie inépuisable,
Qu'à me laisser tremper de ta pluie bienfaisante,
Qu'à me laisser bercer de ton bruit continu...
O lumière jaillie des cimes fulgurantes
Et tombée en bénédiction sur la terre,
O flammes rafraîchissantes
Qui m'habillent de bonheur,
Irradiante Source
Issue de l'infini,
Aux confins de ce monde,
Au terme de l'angoisse,
Au terme du malheur maquillé de clinquants,
Fraîche aveuglante lumière,
Ma Source inespérée,
Te voici donc enfin !

par Martine Maillard publié dans : La remontée du fleuve
Mercredi 5 mars 2008
    Pour faire suite à l'article "Mélancolie d'école", voici un poème issu de ma propre cancrerie... Ecrit en 1977. Si le "Cancre" de Prévert était un cancre joyeux (parce que encore jeune et non condamné par la société comme c'est le cas aujourd'hui), ce poème traduit le malaise bien réel né d'une situation d'échec, tel que le dénonce Pennac.

Tourne la ronde
Passe le temps
Je fais des entrechats
(Pas très gracieux)
Le ciel me tombe sur la tête

Que voulez-vous
J’étais trop bête

*

Tourne la ronde
Passe le temps
Je m’applique à marcher
(Très gauchement)
Le ciel me fait un croc-en-jambe

Que voulez-vous
C’était tentant

 

*

Tourne la ronde
Passe le temps
J’essaie de m’immiscer
(Timidement)
Le ciel me chasse avec mépris

Que voulez-vous
Question de place

*

Tourne la ronde
Passe le temps
Je m’assieds sous un arbre
(Dissimulée)
Et regarde danser les autres

Que voulez-vous
C’est plus facile



par Martine Maillard publié dans : La remontée du fleuve
Jeudi 21 décembre 2006
Vous pouvez désormais lire et même télécharger en PDF mon recueil
"La remontée du fleuve"



Cliquez ici
par Martine Maillard publié dans : La remontée du fleuve
Jeudi 21 décembre 2006


Les étapes de ma course sont jalonnées d’éclairs
C’est que je les brûle
Et je suis avaleur de feu
Car je les dévore

Mes cheveux forment un disque scintillant
Qui tourne inlassablement autour de mon front
Et je les prends à pleines mains
Pour les offrir à l’arrivée
A Celle qui m’attend

Mais là-bas est un gouffre
Et nul ne le sait
Et moi je bondirai
Par l’espace enflammé
Pour le franchir et repartir plus loin
Vers de nouveaux espaces

Vers le grand vers le clair vers l’immense
Tandis que derrière moi grondera la fournaise
En décomposition
par Martine Maillard publié dans : La remontée du fleuve
Vendredi 15 décembre 2006
    Je m'attaque maintenant à la publication (toujours sur le même site) du recueil qui a suivi "Mourir une seconde fois" :
La Remontée du Fleuve
    Ecrit entre 1976 et 1977, il est un peu moins long que le précédent, et fait le lien avec "Labyrinthes et flammes", déjà publié sur ILV.
     Quand je parle de "publication", il s'agit là de mise en ligne virtuelle : peut-être pourrez-vous ensuite les imprimer, ou pourrai-je en commander une édition "papier", mais ce n'est pas encore décidé.
    Le titre est cette fois encore tiré d'un des poèmes du recueil, et veut indiquer un cheminement : il montre comment depuis une situation banale l'inconscient ramène peu à peu ce que l'on croyait écarté, de sorte que l'on retourne toujours d'où l'on était venu.
    Je vous livre ici le premier poème, d'une série de quatre écrits dans l'enchantement d'une première maternité. 




Auprès de ton silence
Je suis comme embaumée

Vêtue de ton sourire
Je suis comme lavée
Et blanchie de tout mal

Et c’est un souffle si secret
Qui me mène jusqu’au printemps

Comme si l’espace avait pleuré
Pour former ces milliards d’étoiles

Que je pleurerai à mon tour
Pour créer ces milliards de rires
Et de petits soleils brisés

Il n’y a plus que le silence
L’espace est habité

Il n’y a plus que le sourire
La nuit ne fut qu’un rêve
Un peu de brume sur les astres
par Martine Maillard publié dans : La remontée du fleuve
 

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In Libro Veritas

NB : Vous pouvez consulter les archives de ce blog, créé en mai 2005, en cliquant en haut à gauche de cette page sur "Poésie éternelle".

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