Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)
Editée en clôture de mon recueil "La remontée du fleuve", elle est finalement qualifiée de "Source", car, tombée sur nous comme une cascade, elle est peut-être bien la Source de ce fleuve sur lequel nous naviguons.
O radieuse,
O merveilleuse lumière,
Jaillissant en cascade d'arc-en-ciel
Et m'inondant tout entière comme une immense nuée de gouttelettes,
Source qui fonds sur moi, depuis mon front jusqu'à mes pieds,
Et me traverses tout entière,
C'est toi que j'ai cherchée par les déserts arides,
C'est toi que j'espérais au profond de mes nuits,
C'est toi que j'ai rêvée du profond de la mort...
O ma Source d'écailles et de paillettes et d'or,
Tumultueuse au grondement de tonnerre,
Plus puissante que tout t'épandant sur la terre,
C'est toi que j'ai trouvée au terme de ma course,
Nageuse épuisée par la remontée du fleuve implacable !...
Et maintenant, il ne me reste plus qu'à m'abreuver de toi,
De ton rire d'étincelles, de ta vie inépuisable,
Qu'à me laisser tremper de ta pluie bienfaisante,
Qu'à me laisser bercer de ton bruit continu...
O lumière jaillie des cimes fulgurantes
Et tombée en bénédiction sur la terre,
O flammes rafraîchissantes
Qui m'habillent de bonheur,
Irradiante Source
Issue de l'infini,
Aux confins de ce monde,
Au terme de l'angoisse,
Au terme du malheur maquillé de clinquants,
Fraîche aveuglante lumière,
Ma Source inespérée,
Te voici donc enfin !
Tourne la ronde
Passe le temps
Je fais des entrechats
(Pas très gracieux)
Le ciel me tombe sur la tête
Que voulez-vous
J’étais trop bête
*
Tourne la ronde
Passe le temps
Je m’applique à marcher
(Très gauchement)
Le ciel me fait un croc-en-jambe
Que voulez-vous
C’était tentant
*
Tourne la ronde
Passe le temps
J’essaie de m’immiscer
(Timidement)
Le ciel me chasse avec mépris
Que voulez-vous
Question de place
*
Tourne la ronde
Passe le temps
Je m’assieds sous un arbre
(Dissimulée)
Et regarde danser les autres
Que voulez-vous
C’est plus facile

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Les étapes de ma course sont jalonnées d’éclairs
C’est que je les brûle
Et je suis avaleur de feu
Car je les dévore
Mes cheveux forment un disque scintillant
Qui tourne inlassablement autour de mon front
Et je les prends à pleines mains
Pour les offrir à l’arrivée
A Celle qui m’attend
Mais là-bas est un gouffre
Et nul ne le sait
Et moi je bondirai
Par l’espace enflammé
Pour le franchir et repartir plus loin
Vers de nouveaux espaces
Vers le grand vers le clair vers l’immense
Tandis que derrière moi grondera la fournaise
En décomposition
Quand je parle de "publication", il s'agit là de mise en ligne virtuelle : peut-être pourrez-vous ensuite les imprimer, ou pourrai-je en commander une édition "papier", mais ce n'est pas encore décidé.
Le titre est cette fois encore tiré d'un des poèmes du recueil, et veut indiquer un cheminement : il montre comment depuis une situation banale l'inconscient ramène peu à peu ce que l'on croyait écarté, de sorte que l'on retourne toujours d'où l'on était venu.
Je vous livre ici le premier poème, d'une série de quatre écrits dans l'enchantement d'une première maternité.

Je suis comme embaumée
Vêtue de ton sourire
Je suis comme lavée
Et blanchie de tout mal
Et c’est un souffle si secret
Qui me mène jusqu’au printemps
Comme si l’espace avait pleuré
Pour former ces milliards d’étoiles
Que je pleurerai à mon tour
Pour créer ces milliards de rires
Et de petits soleils brisés
Il n’y a plus que le silence
L’espace est habité
Il n’y a plus que le sourire
La nuit ne fut qu’un rêve
Un peu de brume sur les astres








