L'Âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais  d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

 En l'écoutant, toi aussi tu peux créer...


   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)      

  

La remontée du fleuve

Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 16:50

 

NAMA_Sphinx_archaique.jpg

Sphinx archaïque grec (image tirée du site)

 

 

Fille au yeux brillants
Au cœur d’oiseau
Aux cheveux brûlés de soleil
Qui fuis comme l’éclair chaud à travers les feuillages
Prends garde à mes bonds souples de chat sauvage
Car je te piège interminablement

Quand je te tiens captive au filet du regard
Craintive tu te détournes
Et te métamorphoses en forteresse d’épines
Grand Sphinx aux yeux aveugles et remuant ses ailes
Mais je t’attends
Tapie au pied d’une arbre
J’épie l’écroulement de tes mirages sans corps

Aussi patiente que la racine de l’arbre
J’attends que tu m’oublies
Et que tu redeviennes
Ce flexible roseau mollement agité par la brise
Dont je tirerai la plus belle musique
Qu’ait pu rêver mon âme

 

 Publié dans "Renaître", ed. Stellamaris (2011)

« Syrinx » pour flûte seule de Claude Debussy,
joué par Wellington Cardoso.


Fee-flute.jpg

(Image tirée du site Teemix-Mangas)

Par Valentine - Publié dans : La remontée du fleuve - Communauté : L'âme du poète
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Jeudi 26 mai 2011 4 26 /05 /Mai /2011 23:41

     

O toi qui sanglotais dans la nuit
A la clarté pâle de la lune
Près du bosquet désert
Ne pleure plus je t’en prie
Puisque je t’aime

La nuit nous prêtera ses filets immenses d’étoiles
Pour que nous pêchions des bonheurs aux chemins rafraîchis
Et l’éveil nous éblouira de rayons
La lune n’est qu’un miroir glauque et trompeur
Ce n’est pas elle qui te regarde
Mais toi seule qui mires en elle ton visage en larmes
Ne pleure plus je t’en prie
Puisque je t’aime

Les arbres qui frémissent
Au vent tiède de la nuit
Ne sont que les épaves d’un naufrage ancien
Ils sont peuplés d’épines
Et ne berceront jamais ton sommeil
De leurs branches protectrices
Car que tu marches
Ou que tu t’allonges dans la poussière
Toujours la nuit sera froide et hostile

Mais si je t’aime
Alors elle sera douce
Alors elle s’ouvrira comme un bouquet d’odeurs
Et nous marcherons à la limite de l’aurore
A la limite du jour naissant
Vers d’autres horizons
Vers d’autres fenêtres

O donne-moi ta main
Puisque je t’ai tendu la mienne

Pour t’emmener très loin

 

main-tendue.jpg

    

     Poème tiré du recueil que je viens de publier, dans sa troisième partie, « La Remontée du Fleuve ».

 

Par Valentine - Publié dans : La remontée du fleuve - Communauté : L'âme du poète
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Mercredi 11 mai 2011 3 11 /05 /Mai /2011 00:00
       Voici un nouveau poème extrait de la plaquette récemment publiée aux éditions Stellamaris (voir ci-contre).  
        Il débute la partie intitulée La Remontée du Fleuve, dans laquelle au sortir des épreuves décrites dans Labyrinthes et Flammes la lumière réapparaît sous la forme de la Source fabuleuse qu'est le soleil.   
    Premier d'une série de quatre, il évoque l'enchantement d'une première maternité. 



Auprès de ton silence
Je suis comme embaumée

Vêtue de ton sourire
Je suis comme lavée
Et blanchie de tout mal

Et c’est un souffle si secret
Qui me mène jusqu’au printemps

Comme si l’espace avait pleuré
Pour former ces milliards d’étoiles

Que je pleurerai à mon tour
Pour créer ces milliards de rires
Et de petits soleils brisés

Il n’y a plus que le silence
L’espace est habité

Il n’y a plus que le sourire
La nuit ne fut qu’un rêve
Un peu de brume sur les astres

NB : comme l'indiquent les premiers commentaires, ce poème a déjà été publié sur ce blog en décembre 2006.
Par Martine Maillard - Publié dans : La remontée du fleuve - Communauté : L'âme du poète
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