L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix,
Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.
Jean III, 8
(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)
Les arbres de la rue ont revêtu ce soir
Une parure fauve et folle exfoliée
Une parure d’or aux anges dédiée
Colonnes chapiteaux et voûtes en sautoir
La lumière en émane ainsi que d’un miroir
Et la branche en extase à l’autre reliée
Lève comme en dansant ses feuilles déliées
Pour former devant moi un étrange couloir
Arcs brisés flamboyants de vive cathédrale
Vous évoquez le feu miroitant du dédale
Où je me promenai enfant l’œil ébloui
Au milieu des splendeurs du Palais des Mirages
Aujourd’hui vous priez arbres sur mon passage
Et à vous écouter le Ciel s’épanouit
Une parure fauve et folle exfoliée
Une parure d’or aux anges dédiée
Colonnes chapiteaux et voûtes en sautoir
La lumière en émane ainsi que d’un miroir
Et la branche en extase à l’autre reliée
Lève comme en dansant ses feuilles déliées
Pour former devant moi un étrange couloir
Arcs brisés flamboyants de vive cathédrale
Vous évoquez le feu miroitant du dédale
Où je me promenai enfant l’œil ébloui
Au milieu des splendeurs du Palais des Mirages
Aujourd’hui vous priez arbres sur mon passage
Et à vous écouter le Ciel s’épanouit
Karol Szymanowski (1882-1937) :
Concerto pour violon op. 35 n°1 (extrait)
avec Thomas Zehetmair, violon et le
City of Birmingham Symphony Orchestra
sous la direction de Simon Rattle
par Martine Maillard
publié dans :
Sonnets
Photo Julie Gauthier (cliquer sur l'image pour voir le site)Couronnes esquissées
Toutes de blanc et d’or
(Sur les fleurs effacées
Sur la pierre qui dort)
Elles glissent lassées
Sur les rives sans bords
Des étoiles glacées
Et prennent leur essor
- J’ai pu toucher une aile !
Mes doigts en sont brûlés –
Un fouillis d’étincelles
Et les cieux aveuglés
Leur rendent l’éternelle
Image des reflets
Toutes de blanc et d’or
(Sur les fleurs effacées
Sur la pierre qui dort)
Elles glissent lassées
Sur les rives sans bords
Des étoiles glacées
Et prennent leur essor
- J’ai pu toucher une aile !
Mes doigts en sont brûlés –
Un fouillis d’étincelles
Et les cieux aveuglés
Leur rendent l’éternelle
Image des reflets
Le Rossignol d’Argent
© Editions Saint-Germain-des-Prés - 1974
par Martine Maillard
publié dans :
Sonnets
Voici un sonnet de facture un peu spéciale (le mot "jardins" est ajouté au début du premier vers de chaque quatrain, et de celui des tercets), que j'ai écrit je crois en avril 1975, alors que je vivais à Paris.

Jardins ! Quel souffle merveilleux vous a gorgés d’odeurs ?
Jardins ! Jardins si doux ce soir, ô jardins de mes rêves,

Jardins ! Confiez votre secret au messager des fleurs !
Un habile ouvrier de nouveau vous façonne,
Et je vois éclater le bourgeon qui frissonne,
Livrant au frais soleil sa chétive pâleur.
Et je vois éclater le bourgeon qui frissonne,
Livrant au frais soleil sa chétive pâleur.
Jardins ! Quel souffle merveilleux vous a gorgés d’odeurs ?
Un à un entrouverts, les pétales s’étonnent,
Et le muguet paraît, dont les clochettes sonnent,
Avec la primevère aux ardentes couleurs.
Et le muguet paraît, dont les clochettes sonnent,
Avec la primevère aux ardentes couleurs.
Jardins ! Jardins si doux ce soir, ô jardins de mes rêves,
Recevez ma prière, et ma plainte, et mes pleurs…
Oh ! Rendez-moi la vie et la force et la sève,
Que je rie avec vous de ce rire enjôleur,
Que je vive à jamais votre métamorphose !
Jardins transfigurés du miracle des roses…
Oh ! Rendez-moi la vie et la force et la sève,
Que je rie avec vous de ce rire enjôleur,
Que je vive à jamais votre métamorphose !
Jardins transfigurés du miracle des roses…
par Martine Maillard
publié dans :
Sonnets

Sous l’éclatant soleil de la divine Hellade,
Dans le vert paysage ébloui de chaleur,
Il est un clair ruisseau frais au milieu des fleurs
Qui chante de l’argent et coule des roulades.
Endroit chéri des dieux, où flottent les senteurs
Des bois silencieux où dorment les dryades !
Par-delà les parfums surgis de la cascade,
Une haleine divine exhale sa douceur.
Entre les oliviers passe une tiède brise ;
Au creux du ruisselet que le soleil irise
Scintille le gravier : tout est félicité.
C’est ici, sous ce pâle arbuste qui palpite,
Que vient se délasser la rêveuse Aphrodite
Tandis qu’Eros brandit son arc avec fierté.
Dans le vert paysage ébloui de chaleur,
Il est un clair ruisseau frais au milieu des fleurs
Qui chante de l’argent et coule des roulades.
Endroit chéri des dieux, où flottent les senteurs
Des bois silencieux où dorment les dryades !
Par-delà les parfums surgis de la cascade,
Une haleine divine exhale sa douceur.
Entre les oliviers passe une tiède brise ;
Au creux du ruisselet que le soleil irise
Scintille le gravier : tout est félicité.
C’est ici, sous ce pâle arbuste qui palpite,
Que vient se délasser la rêveuse Aphrodite
Tandis qu’Eros brandit son arc avec fierté.
Ecrit en 1967, époque où
je baignais dans Ronsard, Hugo,
Gautier et Leconte de Lisle
(aujourd'hui je ne saurais plus !)
je baignais dans Ronsard, Hugo,
Gautier et Leconte de Lisle
(aujourd'hui je ne saurais plus !)
par Martine Maillard
publié dans :
Sonnets
Comme je regardais dans le miroir des ondes,
Je vis se dérouler des pays azurés,
Des îlots lumineux tout couverts de forêts,
Flottant nonchalamment parmi les mers profondes.
De blancs voiliers ancrés auprès des rives blondes
Semblaient dans leur sommeil aux grands oiseaux sacrés
Des cultes d’Orient, et les cieux adorés
Miraient à l’infini les splendeurs de ces mondes.
Et moi, je désirais la candeur des oiseaux,
La sereine harmonie ample et grave des eaux,
Le radieux éclat des Iles Délicieuses,
Et j’aspirais à fuir là-bas si ardemment
Que, glissant vers mon rêve imperceptiblement,
Je rejoignis dans l’eau l’image fallacieuse…
"Pour Survivre", 1969
par Martine Maillard
publié dans :
Sonnets









