L'âme du poète

"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

  "Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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Inspiration

  
L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Saint-Jean  III, 8    

 

   

(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet) 

        

 

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Sonnets

Mardi 14 novembre 2006 2 14 /11 /2006 21:22


Les arbres de la rue ont revêtu ce soir
Une parure fauve et folle exfoliée
Une parure d’or aux anges dédiée
Colonnes chapiteaux et voûtes en sautoir

La lumière en émane ainsi que d’un miroir
Et la branche en extase à l’autre reliée
Lève comme en dansant ses feuilles déliées
Pour former devant moi un étrange couloir

Arcs brisés flamboyants de vive cathédrale
Vous évoquez le feu miroitant du dédale
Où je me promenai enfant l’œil ébloui

Au milieu des splendeurs du Palais des Mirages
Aujourd’hui vous priez arbres sur mon passage
Et à vous écouter le Ciel s’épanouit





Karol Szymanowski (1882-1937) :
Concerto pour violon op. 35 n°1 (extrait)
avec Thomas Zehetmair, violon et le
City of Birmingham Symphony Orchestra
sous la direction de Simon Rattle
Publié dans : Sonnets - Communauté : L'art et la manière - Par Martine Maillard
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Lundi 10 avril 2006 1 10 /04 /2006 20:55
Photo Julie Gauthier (cliquer sur l'image pour voir le site)

Couronnes esquissées
Toutes de blanc et d’or
(Sur les fleurs effacées
Sur la pierre qui dort)

Elles glissent lassées
Sur les rives sans bords
Des étoiles glacées
Et prennent leur essor

- J’ai pu toucher une aile !
Mes doigts en sont brûlés –
Un fouillis d’étincelles

Et les cieux aveuglés
Leur rendent l’éternelle
Image des reflets


Le Rossignol d’Argent
© Editions Saint-Germain-des-Prés - 1974
 
Publié dans : Sonnets - Par Martine Maillard
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Dimanche 2 avril 2006 7 02 /04 /2006 18:22
    Voici un sonnet de facture un peu spéciale (le mot "jardins" est ajouté au début du premier vers de chaque quatrain, et de celui des tercets), que j'ai écrit je crois en avril 1975, alors que je vivais à Paris.



Jardins ! Confiez votre secret au messager des fleurs !
Un habile ouvrier de nouveau vous façonne,
Et je vois éclater le bourgeon qui frissonne,
Livrant au frais soleil sa chétive pâleur.

Jardins ! Quel souffle merveilleux vous a gorgés d’odeurs ?
Un à un entrouverts, les pétales s’étonnent,
Et le muguet paraît, dont les clochettes sonnent,
Avec la primevère aux ardentes couleurs.

Jardins ! Jardins si doux ce soir, ô jardins de mes rêves,
Recevez ma prière, et ma plainte, et mes pleurs…
Oh ! Rendez-moi la vie et la force et la sève,

Que je rie avec vous de ce rire enjôleur,
Que je vive à jamais votre métamorphose !
Jardins transfigurés du miracle des roses…


Publié dans : Sonnets - Par Martine Maillard
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