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L'âme du poète



"Eurydicen !" toto referebant flumine ripae.

"Eurydice !" répercutaient les rives à travers tout le fleuve.

VIRGILE, Géorgiques

(Mort d'Orphée)

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L'Esprit souffle où Il veut ; et tu entends sa voix, 

Mais tu ne sais d'où Il vient, ni où Il va.

Jean  III, 8    

 

   


(Iegor Reznikoff à l'abbaye du Thoronet)        

 

 

Mardi 29 avril 2008
    Les patois font en général l'objet de studieuses réappropriations de la part de quelques passionnés ou de groupes folkloriques, mais ne sont plus utilisés, l'école ayant mené sa guerre avec application depuis près d'un siècle. Même les langues régionales sont menacées de disparition. Et cependant il semble qu'il subsiste, à titre occasionnel, des formules idiomatiques couramment employées dans nos régions, qui restent avec l'accent local la signature du lieu.
    Lorsque je suis arrivée dans le Berry, il y a 25 ans, j'ai découvert deux mots qui sont encore ici couramment employés, alors que je ne les avais jamais rencontrés en région parisienne
.

"Patin" : pour entrer dans la maison, vous mettez vos patins ; il s'agit de vos chaussons.
"Pochon" : pour vous rendre au supermarché, vos emportez des pochons ; il s'agit de sacs plastiques.

    Certains vieux cultivateurs ont gardé leur accent rocailleux, mais alors il est si rocailleux et si elliptique qu'on ne réussit pas à les comprendre... Parlent-ils le même patois que celui évoqué par Pascal Pauvrehomme ? Il faudra que je m'applique à les écouter, si j'en rencontre encore.

    Mais les jeunes, au collège, déclarent encore parfois à la fin d'une heure de cours :
"Ça l'a sonné !"

    Et voici que, au lieu de les corriger avec une grosse voix, je vais désormais avoir envie de leur demander : "Vous m'en apprenez d'autres, s'il vous plaît ?..."
    (En espérant ne pas tomber sur le garçon grossier qui injurie sa copine : "
  S'pèce de grosse treue ! " )
par Martine Maillard publié dans : Issoudun
Samedi 31 mars 2007
    Je suis bien occupée en ce moment, et ce vendredi notamment par la visite dans l'établissement où je travaille d'un auteur pour la jeunesse que j'apprécie beaucoup, et qui arrivait de Chartres ! Je veux parler de Roger Judenne, que vous voyez ci-dessous en pleine action, montrant à  ses jeunes admirateurs deux de ses livres traduits respectivement en chinois ("Carton rouge et Mort subite", co-produit avec Philippe Barbeau) et en espagnol ("Le propriétaire de Cathédrale", dont l'action se situe précisément à Chartres).


   
    Et pourtant, ce matin-là, j'ai bien cru qu'il ne viendrait pas... En effet, voici la vue que j'avais de ma fenêtre à mon réveil !



... Et voici la physionomie du collège à 8h30 du matin
(ah ! cette heure d'été...)



    Eh bien ça ne fait rien, il est quand même venu. Et vous pourrez apprécier sur le journal télévisé de notre chaîne issoldunoise "Bip-Tv"(celui du 30 mars bien sûr) comme il a su charmer son auditoire.

par Martine Maillard publié dans : Issoudun
Mardi 23 janvier 2007
    Je devais aller à Châteauroux aujourd'hui. Etant dans le premier département en alerte à partir du Nord comme de l'Ouest (l'Indre), je n'avais pas cru la menace de neige bien sérieuse, et surtout, je pensais que les choses seraient stabilisées dans la journée, et que dès midi les routes seraient largement dégagées - du moins les principales.



    C'est exactement le contraire qui s'est passé ! Pour un trajet de 30 km en plaine qui habituellement me prend 1/2 heure, j'ai mis une heure : la route était encombrée de camions roulant au ralenti, et dès l'entrée de Châteauroux, c'était une valse effarante de glissades sur le verglas, à cause des carrefours et changements de directions : aucune intervention apparente des services publics ! Chaque fois qu'il fallait s'arrêter ou virer, on partait en tête à queue ou on dégringolait sur le trottoir...
    Par contre j'ai regretté de n'avoir pas pris mon appareil photo, tant le paysage, pris sous un fin grésil immuable durant des heures et qui gelait dès l'arrivée au sol, était devenu ravissant, blanc et embrumé. Je me garai sur le trottoir du boulevard où avait lieu ma réunion, ce qui ressemblait un peu à ceci :



    J'étais déçue de n'avoir pas trouvé de place dans la cour du bâtiment, mais vers midi je ne pus que m'en féliciter ! Mes camarades, patinant désespérément sur le macadam, ne purent plus ressortir !! Je n'en croyais pas mes yeux : c'était un jour à garnir ses pneus de chaînes.  Je n'avais jamais vu ce temps-là qu'en montagne.
Comme bien d'autres, je me  hâtai de repartir.
    Hélas, ce fut bien pire encore que pour venir. J'ai rarement eu aussi peur.
    Les rues de  Châteauroux, enneigées sur plusieurs centimètres, étaient à peine praticables, et il y roulait pourtant du monde : comme moi sans doute, c'étaient des gens qui cherchaient à regagner leur domicile, et qui pestaient que rien ne fût dégagé. Le pire : les feux rouges n'étaient plus visibles, la neige s'étant déposée dans le rond, avant de geler purement et simplement, les obturant complètement.
    J'ai suivi les conseils, et pris la direction des grands axes : rocades, bretelles d'autoroutes... Qu'avais-je fait là !!! Pour remonter de ma bretelle vers ma nationale 151 (c'est la partie que vous voyez en bleu et blanc à droite de Déols, sur la carte ci-dessus), il y avait une jolie petite côte, qui virait vers un rond-point : pas déneigée du tout !!! Entièrement blanche et verglacée !! Et derrière moi, une voiture (ça m'a rassurée : je n'étais pas la seule "folle à lier") ; sur le rond-point, une voiture (heureusement, très, très prudente)... Dieu entendit ma prière sans aucun doute, car avec un léger élan, une accélération constante, et la chance que personne ne soit sur le rond-point quand j'ai débouché (j'avais bien observé d'en bas avant de me lancer), j'ai réussi à prendre position sur la route.
    Le retour a été extrêmement éprouvant : 1h1/2 pour parcourir ces 30 kms cette fois, à cause de la traversée de la zone habitée qui était encore très chargée en véhicules, alors que la route, à force de neige et de vent glacé, était devenue, totalement blanche, blanche comme une patinoire ; et que le grésil tombant toujours, ou encore les paquets de neige glissés de mon toit, avaient gelé et raidi mes essuie-glace au point que parfois ils ne balayaient plus du tout.
    Ma grosse terreur, c'étaient les côtes : rester bloquée dans une montée ! Risquer de redescendre en arrière ! Heureusement, il y en eut peu ; et le reste de sablage du matin avait un peu assuré le socle de la chaussée.
    Dernière épreuve : à l'entrée d'Issoudun. Un camion bloquait la chaussée en sens inverse au bas de la descente ; et voici que me voyant arriver doucement et prudemment, un poids lourd décida de s'engager face à moi pour doubler son congénère !! Bien que roulant à 20 à l'heure, j'ai voulu stopper, pour la première fois depuis Châteauroux... et paf ! Je suis partie m'encastrer dans la congère à droite de la chaussée ! Comme je l'ai maudit !! Lui, un poids lourd, vouloir s'engager sur cette route complètement impraticable, et en plus, en coupant la route aux véhicules arrivant en sens inverse !
    Heureusement j'ai réussi à reculer pour me dégager ; et alors, j'ai découvert une file incroyable de voitures bloquées derrière ces poids lourds qui se sont mises toutes à filer vers Châteauroux, profitant de mon arrêt providentiel... quelle folie ! Mais peut-être ces gens rentraient-ils chez eux, eux aussi ...?

    Avec quel bonheur ai-je trouvé à me garer devant chez moi ! (Malgré la hauteur de neige qui jusque là m'avait totalement dissuadée du moindre arrêt).
    Voici l'aspect qu'avaient pris ma rue et ma maison à mon arrivée :





    Le journal télévisé avait parlé de l'A20 près de Limoges (mais aussi  près de Châteauroux il me semble), et il avait montré des images de la Haute-Vienne et de l'Auvergne : mais c'était strictement pareil à Issoudun !!
    D'ailleurs ma Vierge de Paris, qui m'a si bien protégée, est comme ensevelie dans un igloo ce soir... c'est hallucinant.


Combien cela fait-il de centimètres ?
Eh oui, l'hiver est bien là...

par Martine Maillard publié dans : Issoudun
Vendredi 29 décembre 2006
    Issoudun est le siège d'une congrégation appelée "les Missionnaires du Sacré-Coeur".
    Fondée en 1854 par le Père Chevalier, cette Congrégation initialement masculine oeuvre dans les Pays du Tiers Monde, particulièrement en Indonésie (en Papouasie-Nouvelle-Guinée) et est devenue internationale, avec près de 2.300 membres et d'autres points d'ancrages notamment en Amérique.
     Elle s'est élargie d'une "Fraternité" vouée par le Père Chevalier à Notre-Dame, pour laquelle il édifia
à Issoudun une basilique qui est aujourd'hui un important centre de pèlerinages.



    Je suis allée visiter sa crèche, qui a le mérite de reproduire, contrairement aux crèches habituelles, une sorte de case munie de vitraux avec une petite lanterne rouge...



    Au fond de la basilique, on ne peut manquer d'être ému par la chapelle ardente vouée à la vierge.



    Mais l'endroit le plus merveilleux pour prier se trouve au fond du parc, à la brûlerie des cierges. La vierge à l'enfant s'y trouve entourée de troncs et de feuillages et, étonnamment, chaque fois que je lui rends visite, le soleil brille derrière sa tête et la fait étinceler, comme d'un sourire complice et apaisant... En plus comme Issoudun est un trou perdu dans un monde matérialiste, il n'y a jamais personne.



Pour accompagner notre appel  pressant dans ce monde déchiré,
je vous invite à écouter ici le final de la Suite Gothique pour orgue
de Léon Boëllmann (1862-1897) : sa Toccata,
exécutée par Jean Costa en l'Eglise Saint-Vincent-de-Paul de Paris (début)

 
par Martine Maillard publié dans : Issoudun
Samedi 18 novembre 2006


 
Y a des indiens à Issoudun !!!



D'ailleurs c'est bien simple :
Il n'y a pas si longtemps,
On y frappait monnaie, on y fondait canon :
Voici ce qu'il en reste...





... au pied de la Tour Blanche !




Mais moi je préfère...



          manger ma soupe au potiron !  
 
par Martine Maillard publié dans : Issoudun
 

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NB : Vous pouvez consulter les archives de ce blog, créé en mai 2005, en cliquant en haut à gauche de cette page sur "Poésie éternelle".

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