L'espace d'un instant.
Les patois font en général l'objet de studieuses
réappropriations de la part de quelques passionnés ou de groupes folkloriques, mais ne sont plus utilisés, l'école ayant mené sa guerre avec application depuis près d'un siècle. Même les langues
régionales sont menacées de disparition. Et cependant il semble qu'il subsiste, à titre occasionnel, des formules idiomatiques couramment employées dans nos régions, qui restent avec l'accent
local la signature du lieu.
Lorsque je suis arrivée dans le Berry, il y a 25 ans, j'ai découvert deux mots qui sont encore ici couramment employés, alors que je ne les avais jamais rencontrés en région parisienne.
"Patin" : pour entrer dans la maison, vous mettez vos patins ; il s'agit de vos chaussons.
"Pochon" : pour vous rendre au supermarché, vos emportez des pochons ; il s'agit de sacs plastiques.
Certains vieux cultivateurs ont gardé leur accent rocailleux, mais alors il est si rocailleux et si elliptique qu'on ne réussit pas à les comprendre... Parlent-ils le même patois que celui évoqué par Pascal Pauvrehomme ? Il faudra que je m'applique à les écouter, si j'en rencontre encore.
Mais les jeunes, au collège, déclarent encore parfois à la fin d'une heure de cours :
"Ça l'a sonné !"
Et voici que, au lieu de les corriger avec une grosse voix, je vais désormais avoir envie de leur demander : "Vous m'en apprenez d'autres, s'il vous plaît ?..."
(En espérant ne pas tomber sur le garçon grossier qui injurie sa copine : " S'pèce de grosse treue ! " )
Lorsque je suis arrivée dans le Berry, il y a 25 ans, j'ai découvert deux mots qui sont encore ici couramment employés, alors que je ne les avais jamais rencontrés en région parisienne.
"Patin" : pour entrer dans la maison, vous mettez vos patins ; il s'agit de vos chaussons.
"Pochon" : pour vous rendre au supermarché, vos emportez des pochons ; il s'agit de sacs plastiques.
Certains vieux cultivateurs ont gardé leur accent rocailleux, mais alors il est si rocailleux et si elliptique qu'on ne réussit pas à les comprendre... Parlent-ils le même patois que celui évoqué par Pascal Pauvrehomme ? Il faudra que je m'applique à les écouter, si j'en rencontre encore.
Mais les jeunes, au collège, déclarent encore parfois à la fin d'une heure de cours :
"Ça l'a sonné !"
Et voici que, au lieu de les corriger avec une grosse voix, je vais désormais avoir envie de leur demander : "Vous m'en apprenez d'autres, s'il vous plaît ?..."
(En espérant ne pas tomber sur le garçon grossier qui injurie sa copine : " S'pèce de grosse treue ! " )
Mar 29 avr 2008
6 commentaires
Ce texte me réjouit me donne envie de rire, Merci Martine
marlene - le 29/04/2008 à 14h01
Oui, c'est plein de bonne humeur. Ce que le centralisme révolutionnaire a désigné sous le terme de "patois" contitue des réserves de malice, d'humour mais aussi de précision linguistique pour désigner des concepts qui n'existent pas en français et pas davantage en anglais.
Je reviendrai abondamment sur le substantif "patois" car à bien des égards c'est pour moi un mot qui blesse encore la mémoire de tous nos ancêtres et prédécesseurs qui s'en sont servis pendant près d'un millénaire avec bonheur pour communiquer avec finesse et efficacité.
Je crois me souvenir que "patins" est utilisé encore au Québec dans ce sens. Quant à pochon, nous l'utilisons nous aussi sans vergogne à côté de pouque* ou poutchette** qui a donné en anglais "pocket".
Tu as raison Martine, ce sont les hussards noirs de la République qui ont détruit les loceis régionaux en instillant dans l'esprit des gens cette honte qui les a fait croire que leur façon de parler était inférieure, grossière et pour tout dire juste bonne à faire disparaître.
* pouque : grand sac en toile de jute
** poutchette : la poche (d'un pantalon par exemple)
Les mots indélicats pour désigner les criyatures ou les fumelles sont légion en normand itou. J'en avais fait un article il y a quelques années que je vais essayer de retrouver. Treule et trie sont usités en normand pour désigner les mêmes catins, dônes, gerques, grélues, gribiches, guédoles, hases, holloques (prononcer "rolloques", lourpidouns, mitrouoles, pissouoses, pras, tiques, toques, vésons ou viagettes qui dit si bien ce qu'il veut dire...
Si ce n'est pas un hommage à la femme ça ?...
Bravo pour "La déffence et illustration des prêchis locaux" Valentine !
Je reviendrai abondamment sur le substantif "patois" car à bien des égards c'est pour moi un mot qui blesse encore la mémoire de tous nos ancêtres et prédécesseurs qui s'en sont servis pendant près d'un millénaire avec bonheur pour communiquer avec finesse et efficacité.
Je crois me souvenir que "patins" est utilisé encore au Québec dans ce sens. Quant à pochon, nous l'utilisons nous aussi sans vergogne à côté de pouque* ou poutchette** qui a donné en anglais "pocket".
Tu as raison Martine, ce sont les hussards noirs de la République qui ont détruit les loceis régionaux en instillant dans l'esprit des gens cette honte qui les a fait croire que leur façon de parler était inférieure, grossière et pour tout dire juste bonne à faire disparaître.
* pouque : grand sac en toile de jute
** poutchette : la poche (d'un pantalon par exemple)
Les mots indélicats pour désigner les criyatures ou les fumelles sont légion en normand itou. J'en avais fait un article il y a quelques années que je vais essayer de retrouver. Treule et trie sont usités en normand pour désigner les mêmes catins, dônes, gerques, grélues, gribiches, guédoles, hases, holloques (prononcer "rolloques", lourpidouns, mitrouoles, pissouoses, pras, tiques, toques, vésons ou viagettes qui dit si bien ce qu'il veut dire...
Si ce n'est pas un hommage à la femme ça ?...
Bravo pour "La déffence et illustration des prêchis locaux" Valentine !
Merlin le zeteticien - le 29/04/2008 à 18h42
Merci, Merlin. Toutes ces recherches sont passionnantes et pleines de vie, de tendresse.
Valentine
C'est vrai que chaque région à ses petits mots "fatche de" !... On en comprends certains plus facilement que d'autres mais c'est bien de citer ces mots là pour qu'ils restent... bisous à toi encore.
Pauley - le 29/04/2008 à 21h44
Merveilleux patois que j'ai un peu étudié. Il existe d'ailleurs des formes particulières... car familiales. Connais-tu le mot: volvillon? Et si non, il t'inspire quoi?
Merci de tes messages et je profite pour te dire que j'expose sur la littérature jeunesse à Anjouin en octobre... si tu es intéressé, je pourrais t'envoyer des infos par mail par exemple.
Bonne journée. Thierry
Merci de tes messages et je profite pour te dire que j'expose sur la littérature jeunesse à Anjouin en octobre... si tu es intéressé, je pourrais t'envoyer des infos par mail par exemple.
Bonne journée. Thierry
L'Enchanteur - le 07/09/2008 à 11h37
Non, je ne connais pas. On pense à une sorte de papillon ? Sinon, à quel titre exposes-tu : tu es éditeur ? Libraire ?...
Valentine
Merveilleux patois que j'ai un peu étudié. Il existe d'ailleurs des formes particulières... car familiales. Connais-tu le mot: volvillon? Et si non, il t'inspire quoi?
Merci de tes messages et je profite pour te dire que j'expose sur la littérature jeunesse à Anjouin en octobre... si tu es intéressé, je pourrais t'envoyer des infos par mail par exemple.
Bonne journée. Thierry
Merci de tes messages et je profite pour te dire que j'expose sur la littérature jeunesse à Anjouin en octobre... si tu es intéressé, je pourrais t'envoyer des infos par mail par exemple.
Bonne journée. Thierry
L'Enchanteur - le 07/09/2008 à 11h37
mille merci de cette tranche de vie