L'espace d'un instant.
(le poème a déjà été publié l'an passé, mais date de beaucoup plus longtemps)
Cette piste, située à Bussang dans les
Hautes-Vosges,ressemble à la piste centrale de Super-Besse sur laquelle j'ai pris mes deux
uniques leçons de ski, et éprouvé ce qui est exprimé ci-dessous.
Immuablement froide et ferme à l'horizon
Elle te fortifie tel l'œuf originel
Et voici ton chemin, ton paysage neuf :
A travers ces talus, ces buissons, ces rochers
Tu la vois qui t'aspire,
Et c'est la voix des cimes,
Et c'est ta voix nouvelle,
Et c'est ta voie majeure,
Sainte Marie Majeure,
Sainte Epée de Folie !
O Neige tout éclat,
Tu brilles à l'infini ;
Tu fumes d'or tissé
Et je glisse...
Et voilà, j'ai glissé, et le gouffre a parlé,
Le gouffre m'a saisie, et je file, emportée
Vers où, je ne sais pas,
Vers le bord où je meurs,
Vers le bord où je veux, vers le bord d'où je sors
Des feux du désespoir,
Où dans l'effort conscient je change
Et modifie ma trajectoire,
Où triomphalement je décide de vivre,
Et encore, et encore,
Où je dis : me voici,
Et me voici encore !
O Neige, resplendis :
Ton ciel est bleu profond...
La voix me dit : respire !
Et bientôt tu m'accueilles,
Et bientôt je suis lasse,
Et bientôt je suis là,
Blottie
Dans toi,
Au creux de ta froide blessure,
Dans l'absence même de la Terre,
Dans la molle pression d'une eau décente
Et dans la joie sans fond de la descente,
Dans le cri de terreur d'une chute insensée :
Jaillis !!!
Jaillie de toi depuis toujours,
Je gis au creux de ton sourire écumant de velours :
Je suis l'oiseau oublié de tes doigts
Qui a volé, qui est tombé,
Qui a trouvé
Et son ciel, et sa lune,
Et ses étoiles...
Comme j'apprenais, j'étais obligée de skier en zigzag, mais je ne réussissais pas toujours à virer, ce qui entraînait des chutes d'autant plus ennuyeuses que je ne pouvais pas me relever sans déchausser mes skis grâce à l'aide des piquets. C'est cet effort désespéré pour arriver à tourner que j'essaie d'exprimer là.
Poétobisous
Bises,
Sandra
tu as bien fait de republier
et cette piste :)
me rappelle quelques souvenirs... :o))
toute belle soirée à toi
bisous
comme je comprends
glisser
puis se relever, c'est à l'image de la vie
et quand on est accueilli par Elle
si blanche si non froide finalement
....
j'adore ce passage
on croirait voir plusieurs skieurs à la fois
comme dans un kaléidoscope
Et je glisse...
Et voilà, j'ai glissé, et le gouffre a parlé,
Le gouffre m'a saisie, et je file, emportée
Vers où, je ne sais pas,
Vers le bord où je meurs,
Vers le bord où je veux, vers le bord d'où je sors
Des feux du désespoir,
Où dans l'effort conscient je change
Et modifie ma trajectoire,
Où triomphalement je décide de vivre,
Et encore, et encore,
Où je dis : me voici,
Et me voici encore !