L'espace d'un instant.

 

Et puis je suis partie sans être condamnée ;
J'ai regardé le fleuve à jamais arrêté,
Sourire de métal obscur, et j'ai rêvé
La pente descendant vers l'enfer inhumain,
La mort du devenir dans l'envol éclaté,
La cigale cassée comme un jouet d'enfant...
Morte à demi, et presque effacée de la vague
Traînant encor sur soi l'écume du grand large,
Je m'en fus au pays où tout se décompose,
Etrangère au soleil opaque de la nuit…



Lun 22 sep 2008 7 commentaires
J'aime le fatalisme évoqué par ces mots qui s'accordent si bien; bravo.
Sylvie - le 11/07/2005 à 10h34
Triste mais vraiment splendide. Un univers d'une rare poésie.
enriqueta - le 22/09/2008 à 18h43
Ton poème me bouleverse et je ne saurais dire si
en premier lieu, ce sont ces alexandrins cassés ici et là
hors hémistiche
ou les images de ce fleuve au sourire violent
dans lequel toute chose se noie
pour
je veux y croire
renaître sous une forme ou une autre
Viviane - le 22/09/2008 à 19h08
Dans l'instant où il fut écrit il n'y avait que l'idée d'une disparition totale... Heureusement cela n'a pas duré.
Valentine
J'aime beaucoup tes poèmes récents. magnifiques !
florence - le 23/09/2008 à 18h11
Un instant de douleur, de souffrance, d'abandon, la souffrance inspire dit-on et ton poème en est la preuve vivante
Crépusculine - le 24/09/2008 à 00h06
Bonjour,
visiblement tu es comme moi, avec le moral dans les "gaudasses". En espérant que demain soit meilleur.
Bises, Isabelle
isabelle corradini - le 24/09/2008 à 11h44
"Etrangere au soleil opaque de la nuit", voilà des mots qui font frissonner...Amicalement
florence - le 25/09/2008 à 17h36