L'espace d'un instant.
(Dessin de Martine Maillard)
Vois ce grand cheval bleu qui d'un sabot rageur
A frappé la boue du chemin :
D'un coup d'aile puissant il fuit vers la lumière
Et va se confondre à l'azur.
O toi que j'adore, avec toi je veux franchir les nues !
Emporte-moi vers ton soleil !
Je me ferai toute petite, mais tu auras besoin de moi.
Je serai le tremplin d'où tu t'envoleras,
Je serai le songe qui glissera la nuit sur tes paupières,
Je serai le sable que tu fouleras,
Je serai le vent qui fera voler ta chevelure dorée,
Je serai la mélodie qui brillera sur ton front,
Je serai la plume avec laquelle tu écriras,
Je serai le baiser que tu répandras sur le monde,
Je serai l'arbre où scintilleront tes étoiles,
Je serai la rose dont tu éparpilleras les pétales,
Je serai le voile que tu déchireras,
Je serai le parfum de ton souffle vainqueur,
Je serai les larmes que tu pleureras,
Je serai la couronne de ton astre radieux,
Je serai l'ombre fraîche où tu reposeras,
Je serai l'étincelle dans la nuit de tes yeux
Et le frémissement de ton limpide azur.
Emporte-moi vers ton soleil !
Poème de jeunesse, écrit à Fontainebleau en juin 1967
Sam 14 avr 2007
5 commentaires
Quelle belle invocation à l'amour, la prière d'un coeur passionné !
aïmalun/Jean-Baptiste - le 14/04/2007 à 17h36
c'est très beau, il y a quelque chose de très oriental dans ton écriture de cette époque là, ( sans doute est ce que je ressens comme très puissant et presque mystique cette déclaration d'amour) cela me rappelle certains poèmes de langue arabe
je t'en offre un de Tayyata-el-Kubra
....
Si la mort odieuse m'avait cherché, elle n'aurait pas su me trouver
Car j'étais caché par la dissimulation de Ton amour.
Entre l'ardeur et le désir, mon être s'évanouissait,
Selon que Tu Te détournais ou manifestais Ta présence.
Si mon coeur devait être chassé de Ton royaume
Pour payer cette extase, il ne pourrait plus vivre dans la demeure de l'exil.
...
Et après cela mon amour pour Toi fut vraiment libéré de mon être charnel ;
J'en ai pour preuve l'existence de mon âme avant son enveloppe mortelle.
J'ai dit ce que je ressentais dans mon amour pour Toi,
Non point parce que je suis lassé de souffrir, mais simplement pour adoucir
la peine.
....
Toute souffrance est pour moi une faveur,
Tant que je résiste à la tentation de rompre mes serments.
Aussi, pour toute peine d'amour, si elle vient de Toi,
Je réponds par l'action de grâce et non par la plainte,
Car si les agonies de la passion me torturent,
Pourtant, dans l'ordre de l'amour, elles me sont une grâce.
je t'en offre un de Tayyata-el-Kubra
....
Si la mort odieuse m'avait cherché, elle n'aurait pas su me trouver
Car j'étais caché par la dissimulation de Ton amour.
Entre l'ardeur et le désir, mon être s'évanouissait,
Selon que Tu Te détournais ou manifestais Ta présence.
Si mon coeur devait être chassé de Ton royaume
Pour payer cette extase, il ne pourrait plus vivre dans la demeure de l'exil.
...
Et après cela mon amour pour Toi fut vraiment libéré de mon être charnel ;
J'en ai pour preuve l'existence de mon âme avant son enveloppe mortelle.
J'ai dit ce que je ressentais dans mon amour pour Toi,
Non point parce que je suis lassé de souffrir, mais simplement pour adoucir
la peine.
....
Toute souffrance est pour moi une faveur,
Tant que je résiste à la tentation de rompre mes serments.
Aussi, pour toute peine d'amour, si elle vient de Toi,
Je réponds par l'action de grâce et non par la plainte,
Car si les agonies de la passion me torturent,
Pourtant, dans l'ordre de l'amour, elles me sont une grâce.
Russalka - le 15/04/2007 à 17h43
Le mysticisme a toujours été très fort chez moi, et particulièrement en cette époque (c'est pourquoi j'ai classé ainsi ce poème). Je lisais alors "ma Vie" de Thérèse d'Avila, mais l'influence la plus nette est celle de poètes antiques et d'une certaine préciosité française qui s'en est inspirée (ma nourriture était Virgile, Catulle, puis Ronsard, Racine, Lamartine, Hugo, Leconte de Lisle... et tous ces poètes que Gabriel Fauré a mis en musique - Sully Prudhomme... Mais il est vrai que tout ce que je me remémore ici n'est tout de même pas identique). L'Orient a été apporté à l'occident initialement par les grecs. Ah ! oui, tu parles de poésie arabe : à travers la poésie médiévale, j'ai pu la rencontrer ; et puis il y a le Cantique des Cantiques, c'est vrai, je lisais cela à l'époque.
Valentine
Te voici sur Pégase. Mais qui n'a pas rêvé de conduire cet animal fabuleux ?
Bravo également pour ton dessin.
Bravo également pour ton dessin.
Patrick - le 16/04/2007 à 13h23
Depuis ce matin, je me nourris de merveilleux poèmes...Un poème de jeunesse est toujours particulier. Très lyrique, celui-ci se lit avec passion...
Amicalement,
Jonavin.
Amicalement,
Jonavin.
Jonavin - le 18/04/2007 à 09h50
Merci de ta visite, Jonavin...
Valentine
que j'aime ce poème! et ce dessin aussi d'ailleur! il me semble l'avoir déjà lu... il ne serait pas extrait du "rossignol d'argent"?
honeyblade - le 24/04/2007 à 16h37
Non, il n'est pas dans "Le Rossignol d'Argent", il est un peu antérieur. Mais tu l'as peut-être déjà lu ; et c'est là qu'on se ressemble le plus, n'est-ce pas ? Comme quoi les chiens ne font pas des chats...
Valentine